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Les filières végétales gourmandes en main d’oeuvre

Les filières végétales contribuent à près de 69% de l’emploi additionnel créé par le secteur agricole entre 2008 et 2018. Il s’agit plus particulièrement des cultures maraîchères, des plantations d’oliviers, d’agrumes et de l’arboriculture fruitière.


Quelles sont les filières agricoles qui emploient le plus au Maroc? Les filières végétales y contribuent résolument aujourd’hui, avec à près de 69% de l’emploi additionnel créé par le secteur agricole entre 2008 et 2018 au Maroc. Le reste des emplois est généré par les filières animales, notamment le secteur de l’élevage avec près de 31% des emplois agricoles nationaux. Ainsi, les filières de production végétales, qui offrent une diversité de métiers, nécessitent plus de main-d’oeuvre que le secteur de l’élevage vu que leur processus de production passe par plusieurs étapes. Il s’agit notamment des opérations de semis, de plantation, de travail du sol, d’épandage d’engrais, de désherbage, outre le traitement phytosanitaire et la récolte. C’est le cas des cultures maraîchères, des plantations d’oliviers, d’agrumes, mais aussi de l’arboriculture fruitière.

20 contrats-programmes signés
L’investissement global pour la mise en oeuvre des dispositions des différents contrats-programmes est aujourd’hui évalué, selon le ministère de tutelle, à près de 166,3 MMDH dont 45,5 MMDH pris en charge par l’État, soit près de 27%. L’approche «fi- lière» est une mesure fondamentale du Plan Maroc vert à travers la loi 03-12 sur les interprofessions, publiée au bulletin officiel du 23 juillet 2012, et ses textes d’application. Jusqu’à présent, 20 contrats-programmes ont été conclus entre l’État et les interprofessions agricoles représentant les principales filières de production. Dans le détail, 14 filières végétales et 5 filières animales ont signé ces contrats-programmes qui fixent les objectifs à atteindre en matière de superficies de plantations, d’effectif du cheptel, d’économie d’eau, d’augmentation de la production, de mise à niveau de l’outil de valorisation et d’amélioration des conditions de commercialisation. Le dernier contrat-programme signé avec l’État est celui de l’industrie agroalimentaire (IAA) en 2017. À ce jour, les interprofessions reconnues sont les filières sucrière, agrumicole, oléicole, rizicole, semencière, des oléagineuses, biologique, arboricole, du safran, de l’argan, apicole, des viandes rouges, du lait et avicole. Une amélioration significative a été également enregistrée sur le plan qualitatif, avec notamment la labellisation de 62 produits dont 50 Indications géographiques (IG), 6 Appellations d’origine protégées (AOP), 6 labels agricoles, notamment les dattes, les huiles d’olive, le safran, la clémentine, la rose à parfum, le lait de chamelle, le fromage et le miel. Aussi, 227 produits sont certifiés «Terroir du Maroc». Parmi les filières végétales qui emploient le plus figurent celle maraîchère et celle agrumicole.

Maraîchage, la filière résiste malgré tout
La production maraîchère moyenne est passée à 7,3 millions de tonnes durant la période 2015-2017 contre 6,7 millions de tonnes en année de référence (2016 et 2018), dont 2 millions de tonnes de maraîchage de primeurs (2015-2017) contre 1,7 tonnes en année de référence avec une production record de primeurs de 2,3 millions de tonnes au cours de 2018/2019. Pour leur part, les exportations des primeurs ont dépassé la barre des 1.181.000 tonnes en 2017/2018 contre 750.000 tonnes en 2008/2009, année de signature du contrat-programme (CP), soit une hausse de 57%, grâce à la production de tomate, poivron, piment, courgettes, haricots verts et une diversification des types de produits à l’export pour la tomate de segmentation (tomate ronde, cerise, olivette, grappe, cocktail…).

Agrumiculture, bonne tenue à l’export
La superficie du verger agrumicole a aujourd’hui dépassé les 128.000 ha, soit un dépassement de 22% par rapport à l’objectif 2018, qui était de 105.000 ha. Quant à la production, le tonnage moyen est de 2,44 millions de tonnes actuellement, soit une hausse de 88% par rapport à l’année de signature du CP 2008, soit 1,3 million de tonnes avec une production record de 2,6 millions de tonnes en 2018/2019. D’autres filières contribuent à la création d’emplois, notamment la filière sucrière, qui a atteint 555.000 tonnes de sucre en 2018 contre 360.000 tonnes en 2013, année de signature du contrat-programme, soit une hausse de 54%. Le taux de couverture des besoins nationaux en sucre ont atteint 47% en 2018 contre 29% en 2013. Pour sa part, la filière des fruits rouges réalise un chiffre d’affaires national estimé à 3,76 MMDH par an dont 3,3 MMDH par l’export, soit 88%. Cette activité génère aussi près de 10,4 millions de journées de travail, dont environ 51% au niveau de la région Rabat-Salé- Kénitra. Sur le plan économique, les exportations de fruits rouges en frais représentent une source de devises avec une moyenne annuelle dépassant les 3,4 MMDH.

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