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«Le tourisme occupe une place modeste dans l’économie de la région de Rabat»

«Le tourisme occupe une place modeste dans l’économie de la région de Rabat»

Nadia Benslimane, directrice générale du CRT Rabat et région

La promotion du tourisme à Rabat passe par la mise en œuvre d’une stratégie régionale avec un positionnement lui permettant de se différencier des autres destinations concurrentes. Le secteur est prometteur dans la région. Seulement, peu de moyens financiers sont alloués à sa promotion. Le point avec la directrice générale du CRT de Rabat et sa région : Nadia Benslimane.

Les Inspirations ÉCO : Quels sont les atouts de la nouvelle configuration régionale pour la promotion du tourisme dans la région ?
Nadia Benslimane : La nouvelle configuration régionale Rabat-Salé-Kénitra est un atout exceptionnel pour la diversification du tourisme de cette grande région. La fusion des deux anciennes régions Rabat-Salé-Zemmours-Zaër et Gharb-Chrarda-Bni Hssen permet à cette nouvelle région de se compléter. Faisant partie de la région Centre Atlantique, «la côte des affaires et des loisirs» : Rabat-Salé-Kénitra a dans son ADN un positionnement culturel fort au vu de l’occupation humaine qui remonte aux Phéniciens, Romains, etc…et dont les vestiges se retrouvent aussi bien à Rabat-Salé que sur les sites archéologiques de Thamusida, Banassa Harhoura, Oued Beht, par ailleurs plus de 80% du territoire est en zone rurale avec des espaces naturels de grande valeur tels que la Forêt de la Maâmora, les hauts plateaux des pays Zemmour et Zaër, la grande plaine du Gharb, Zeggouta, les lacs, etc…Sans oublier les 200 kms de littoral avec de grands spots de surf, des lagunes, des plages encore à l’état sauvage, des zones humides d’exception classées zones RAMSAR : Sidi-Boughaba et Marja Zerga, etc.

Pourquoi la région n’est-elle pas bien positionnée à l’échelle nationale ?
Malgré ses atouts touristiques (patrimoine, culture, littoral, sites naturels…), le secteur du tourisme occupe jusqu’à présent une place modeste dans l’économie de la région. En termes de nuitées, la durée de séjour n’est que de 2,1 jours (août-octobre 2016). La capacité litière est en nette croissance avec 64 unités offrant une capacité de 6.186 lits, classées contre 5.600 lits en 2013. Plus de 3.500 lits sont en cours de réalisation, dont les premières ouvertures se feront en 2017. En l’absence d’activité d’animation, la région ne parvient pas à accroître sa création de valeur. À cet effet, la destination Rabat-Salé-Kénitra étant une destination en devenir, il convient de la consolider par une vraie stratégie régionale avec un positionnement fort lui permettant de se différencier des autres destinations concurrentes.

Quelles sont vos ambitions pour améliorer ce positionnement ?
Nos ambitions pour améliorer le positionnement de Rabat à l’échelle nationale et conformément à la vision 2020 portent sur plusieurs axes. Il s’agit en premier lieu de capitaliser sur les synergies importantes qui existent avec les sites de Casablanca et El Jadida afin de s’établir comme la «Côte des affaires et des loisirs» du Maroc. Au sein de cette côte, la région, ancrée dans le site de Rabat pourrait être positionnée comme la capitale sereine dans laquelle le touriste peut se ressourcer lors d’un voyage d’affaires et potentiellement le prolonger. La région pourrait aussi structurer la croissance de son tourisme autour de deux axes majeurs. Le premier concerne la poursuite du développement des grands projets en cours (Vallée de Bouregreg, Plage des nations, Corniche de Rabat, station de Mehdia, le port Kénitra Atlantique…) tout en consolidant le développement de l’offre pour le tourisme d’affaires. Il est également nécessaire de développer des équipements adéquats (palais des congrès), d’enrichir le produit avec une offre culturelle dans le cadre du programme Mdinti et de développer une offre en animation et loisirs (parc d’attraction, circuit/resort golf, manifestations culturelles et sportives, etc.). Le deuxième axe porte sur le développement du tourisme rural dans le cadre du programme Qariati et de niche. Il est impératif de préparer à plus long terme (au-delà de 2020) l’émergence de Rabat comme destination de city-break à part entière. Sur le plan promotion et communication, il faut actualiser et faire avancer l’étude d’une marque régionale dans le cadre de l’étude sur le City Branding de Rabat et construire des outils de promotion (logos, chartes graphiques, photothèque, vidéothèque, slogan, etc ). Il est également primordial d’investir le digital  et de se positionner rapidement sur internet.
 

Avez-vous pu obtenir le budget demandé pour la concrétisation des actions de promotion ?
Le Conseil de la région de Rabat-Salé-Kénitra a positionné le tourisme comme secteur prioritaire et a de ce fait alloué un budget à notre CRT qui tourne autour d’un million de DH. C’est une rupture avec le passé même si ce budget reste encore timide par rapport aux ambitions de promotion du secteur dans la région.  Avec le Conseil de la région, nous avons une convention de partenariat qui nous permet de mener des actions communes. Les autres acteurs comme les communes et le Conseil préfectoral sont appelés aussi à contribuer à cet effort comme ce qui se passe dans d’autres régions.

Quelles sont les priorités pour cette année 2017 ?
La mise en place d’une stratégie touristique régionale permettant de faire de la région Rabat-Salé-Kénitra une vraie destination touristique est érigée en priorité en cette année 2017. Sur le plan promotionnel, nous entendons investir le digital dans le cadre du partenariat avec l’Office national marocain du tourisme (ONMT).

Quid de la restructuration du CRT pour se conformer au découpage régional ?
Les associations régionales des agences de voyages et de l’industrie hôtelière ont tenu leurs assemblées générales. Il reste encore l’association des restaurateurs. Notre CRT au vu de la mise en conformité des deux grandes associations professionnelles régionales tiendra son assemblée générale début février.

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Le programme «Rabat ville lumière» a-t-il permis à la capitale d’améliorer son positionnement touristique ?
Le programme «Rabat ville lumière, capitale de la culture du royaume» est un programme qui positionne Rabat en tant que destination culturelle par excellence. L’agence de développement de Rabat et la wilaya de Rabat font un travail exceptionnel pour la mise à niveau urbaine. Les chantiers en cours tels que le Grand théâtre dont l’œuvre est de la grande signature de la défunte Zaha Hadid, la Maison de la culture, les équipements sportifs, l’amélioration du plan de circulation, la mise à niveau des monuments historiques (Tour Hassan, Chellah, la Kasbah des Oudaïa, le plan de sauvegarde de la médina, les jardins historiques, etc.) permettront d’améliorer le positionnement de Rabat d’ici fin 2018 et de hisser la ville au rang des grandes destinations touristiques.


Bilan 2016

Durant l’année 2016, le Conseil régional du tourisme de Rabat était appelé à ses efforts dans le cadre de la nouvelle configuration régionale et à positionner le tourisme comme vecteur de développement, notamment en termes de croissance, de préservation, de valorisation et de rayonnement du patrimoine naturel et culturel auprès de ses partenaires régionaux. Sur le plan promotionnel et dans le cadre du partenariat du CRT avec l’Office national marocain du tourisme (ONMT), il a été procédé au renouvellement du matériel promotionnel (brochures, guides, cartes, CD etc). Des programmes de formation touristique ont été menés auprès des opérateurs dans l’éco-tourisme en partenariat avec l’Agence nationale de la promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC). Le CRT a également participé à l’élaboration du programme Qariati et d’autres actions concernant des projets de mise en valeur du tourisme et d’animation sur la région. À titre d’exemple, le CRT est co-porteur du projet vélo-balade écologique de Rabat.

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