Maroc

«Le programme Élite sera lancé bientôt»

Karim Hajji : Directeur général de la Société de Bourse des valeurs de Casablanca (SBVC)

Les ÉCO :  Quelles sont les principales actions de la Bourse en 2015 ?  
Karim Hajji : 2015 marque surtout la poursuite de notre ambitieux plan d’actions, qui s’est articulé autour des projets structurants lancés avec notre partenaire London Stock Exchange Group (LSEG). Outre la mise en place d’une nouvelle plateforme de cotation, qui sera lancée au cours du premier semestre et nous permettra de mieux accompagner le développement du marché boursier, la collaboration entre la Bourse de Casablanca et LSEG a porté sur le programme Élite, destiné à accompagner les PME qui souhaitent faire appel au financement via les marchés de capitaux. L’an passé a aussi été l’occasion de poursuivre notre travail de promotion du marché boursier à travers les rencontres de plus de 200 entreprises, des formations à destination de plus de 7.000 personnes et la diversification de nos canaux de communication via, entre autres, les réseaux sociaux et notre application mobile, qui compte aujourd’hui environ 11.000 utilisateurs. L’année 2015 marque par ailleurs une étape importante avec la signature d’un mémorandum d’entente qui fixe le schéma d’ouverture du capital de la Bourse de Casablanca à d’autres acteurs afin de consolider notre développement.

Qu’implique l’ouverture du capital de la Bourse de Casablanca ?
L’accord sur le schéma de démutualisation du capital de la Bourse de Casablanca permet d’ouvrir ce dernier à de nouveaux actionnaires – des banques, des sociétés d’assurance, la CDG et CFC Authority – avec pour objectif l’instauration d’une place boursière érigée en hub financier intégré au sein de son espace régional facilitant l’accès au capital et répondant aux besoins des émetteurs et investisseurs africains. La démutualisation vise notamment à rationaliser l’actionnariat de la Bourse et à impliquer les principaux intervenants du marché des capitaux dans la définition de sa stratégie de développement, tout en améliorant la structure de gouvernance, le processus de prise de décision et l’efficacité opérationnelle de l’institution. Cette ouverture est surtout une étape cruciale dans la construction de la nouvelle architecture de marché qui regroupera au sein d’un même groupe et pour plus d’efficience les acteurs actuels et futurs, notamment la future Chambre de compensation ainsi que le gestionnaire du marché à terme.


Quelles sont les autres initiatives prises par la Bourse pour soutenir le développement des entreprises au Maroc ?  
Deux initiatives sont aujourd’hui en cours: Nous lancerons dans quelques semaines, avec notre partenaire LSEG, le programme Élite. Destinée aux entreprises à fort potentiel de développement, cette initiative connaît un grand succès au Royaume-Uni et en Italie. Elle offre un accompagnement, des formations et une mise en relation pour les entreprises désireuses de faire appel au financement via les marchés de capitaux. Une fois intégrées au programme Élite, ces dernières peuvent obtenir un label et profitent d’une plateforme communautaire qui regroupe plus de 300 entreprises, 150 partenaires et 90 investisseurs dans 17 pays. Au Maroc, ce projet ne peut se faire sans une étroite collaboration avec Maroc PME afin d’identifier et soutenir des PME susceptibles de bénéficier de ce programme. La seconde initiative a trait au travail conjoint réalisé avec Maroc PME et l’APSB, qui a permis d’identifier les freins et réticences des entreprises quant à l’ouverture du capital et au recours au marché des capitaux pour financer leur croissance. Consécutivement et dans l’optique de la création prochaine d’un marché alternatif à la Bourse de Casablanca, nous avons créé un Comité consultatif du marché alternatif regroupant les principales parties prenantes dans le financement et l’accompagnement des ETI (autorités de tutelle, régulateurs, banques, associations professionnelles, etc.).  

Cependant, le problème de liquidité continue de se poser…
La liquidité est plus qu’une priorité : c’est un facteur clé dans le développement du marché et de la place financière dans son ensemble. Sa dégradation a causé notre déclassement de marché Emerging à Frontier et plusieurs investisseurs internationaux que nous rencontrons considèrent cela comme une raison majeure pour ne pas investir sur notre place. Plus que des moyens à mettre en place, il faut un véritable électrochoc à travers l’introduction d’entreprises de qualité. Comme avec l’introduction de Maroc Telecom en 2004, il est indispensable de créer une impulsion d’une amplitude équivalente. Il s’agit également de poursuivre le travail de sensibilisation et d’accompagnement des 200 entreprises que nous rencontrons chaque année, mais également des 7.000 investisseurs particuliers potentiels que nous formons et informons.

Quels seront vos chantiers prioritaires en 2016 ?
Cette année sera consacrée à la concrétisation de nos trois chantiers majeurs évoqués précédemment : le basculement vers la nouvelle plateforme de cotation et de négociation, la démutualisation de la Bourse et le lancement du programme Élite. L’ensemble de ces mesures fait partie des actions définies dans notre «Vision 2020», dont l’objectif est de positionner Casablanca en tant que place attractive tournée vers le financement de l’économie marocaine, et plus largement africaine.   

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer