Culture

Le continent des Arts s’expose à Marrakech

Le Comptoir des Mines Galerie s’associe à la seconde édition de la Foire d’art contemporain africain 1-54 pour proposer, dans ses différents espaces, un ensemble d’expositions et de projets artistiques. Baptisée «Poésies africaines», la manifestation se tiendra du 21 février au 22 avril.


Que demander de plus que des «Poésies africaines» aux portes du royaume? C’est ce que propose le Comptoir des Mines du 21 février au 22 avril, à l’occasion de la Foire d’art contemporain africain 1-54, avec une exposition habitée par l’esprit de Mohamed Kacimi et de toute une génération qui s’est inspirée de lui, à savoir Larbi Cherkaoui, Mustapha Akrim, Youness Atbane, Hassan Bourkia, Mohamed Arejdal, Khalil Nemmaoui et Simohamed Fettaka. «Pour nous, il existe des passerelles évidentes entre eux et Mohammed Kacimi. Tous abordent sous différents angles une certaine vérité qui habite nos contrées et qui, au-delà de leurs pratiques artistiques individuelles, témoignent de nos réalités sociales et de nos préoccupations», explique Hicham Daoudi, fondateur du Comptoir des Mines, de la CMOOA, du magazine Diptyk et président de l’Art Holding Morocco, qui profite de la grande exposition de Mohamed Kacimi au MuCEM de Marseille afin de solliciter les ayants droit et de présenter certaines des œuvres de Kacimi réalisées au Sénégal et au Mali. Des œuvres qui rappelleront les liens historiques entre des artistes des précédentes générations et la scène actuelle. «L’Afrique n’est pas seulement un lieu producteur de signes, de rites et de safaris comme elle l’est dans l’imaginaire occidental, mais aussi celle de la mort, du déboisement culturel, de la désertification et des manipulations de toute sorte», affirmait Mohamed Kacimi.

L’Afrique a ses talents…
L’exposition souhaite puiser dans la mélancolie et le spleen de l’Artiste africain depuis le Maroc. «Refuser la fatalité, combattre le temps, vivre sous l’influence des traditions et des pouvoirs, aborder les luttes invisibles sont les éléments du parcours artistique qui sera proposé au public». Kacimi a d’ailleurs écrit en 1997: «L’artiste contemporain africain n’a d’autre destin que de conter ce qui est arrivé, ce qui arrive, et ce qui est à l’état d’arriver, et il n’a d’autre destin que de créer des événements, d’abord dans le creux de son corps, puis dans son environnement au sens ouvert… Face à la tyrannie de toutes formes y compris de sa tradition, il est l’archéologue de la succession du temps, des strates des signes et des matières, un état d’être en prise direct avec les événements».

Pour ce faire, Mustapha Akrim se propose d’explorer, à sa manière, un genre emblématique des très riches heures de l’histoire de l’art occidentale: celui de la nature morte. Ou, pour mieux dire, le genre du trophée de chasse qui évoque autant les plaisirs aristocratiques du grand siècle français ou de la gentry anglaise chère à Reynolds et Gainsborough que les retours de chasse des bourgeois flamands ou hollandais du 17e siècle. Depuis, Mohamed Arejdal n’a eu de cesse, par ses voyages et son travail, de faire face à différentes situations qui abordaient sa terre d’origine, la géographie humaine, les liens entre groupes sociaux, l’intimité d’un territoire et l’universalité du monde. En 2018, il présentait au Comptoir des Mines son premier projet, intitulé «Trajectoires nomades», parcours entre œuvres d’art et concepts liés à la mobilité et aux frontières invisibles. Younès Abtane propose un projet qui s’inscrit dans une recherche autour des sculptures en céramique, sortes de figurines, entamée en 2017 qui puise ses sources dans une enfance passionnée et rêveuse. Khalil Nemmaoui, explorateur de l’ordinaire, arpente, à l’instar d’un navigateur en quête de territoires vierges, les routes de son pays muni de son appareil photo à la recherche d’un objectif bien plus subtil et délicat: saisir l’extraordinaire et l’émotion dans des paysages «connus». Hassan Bourkia, Larbi Cherkaoui, Simohamed Fettaka se proposent tous de faire le lien entre l’Afrique et sa belle poésie. «Aujourd’hui, nous sommes très heureux d’ouvrir nos portes au public de la Foire d’art contemporain africain 1:54 dans cette capitale du Sud, où les conteurs de la place Jamaâ El Fna ont, il y a déjà bien longtemps, tissé des liens avec les poètes d’autres contrées», conclut Hicham Daoudi. 

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