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L’Andalousie et le Maroc convoitent un fonds à 200 millions d’euros

Le gouvernement andalou et les communes marocaines aspirent à décrocher le Mid-Atlantic Programme, fonds européen doté de 200 millions d’euros.

Le gouvernement andalou s’impatiente au sujet des fonds de coopération transfrontaliers et le fait savoir. Lundi dernier, Rogelio Velasco, conseiller régional en charge de l’Économie dans le gouvernement régional d’Andalousie, demande à l’Union européenne d’accorder à cette région une attention particulière au moment d’élaborer le budget communautaire 2021-2027. Le responsable andalou a appelé Bruxelles à approuver le programme de coopération entre le Maroc et l’Andalousie.


Selon Noureddine Mouati, expert marocain en matière de coopération transfrontalière et coordinateur du programme de coopération entre le Maroc et la province de Malaga, l’Andalousie n’est plus prioritaire lorsqu’il s’agit de se voir décerner les fonds dits de cohésion. D’où son empressement de se voir attribuer les fonds de coopération transfrontalière. Tout cela trouve son explication dans l’échec de cette région à convaincre Bruxelles d’approuver un important programme de coopération transfrontalière.

En 2015, un nouveau cadre de coopération transfrontalière devait être lancé pour remplacer le défunt Poctefex, arrivé à terme en 2014. Baptisé Mid-Atlantic Programme, ce nouveau projet devrait réunir, pour la première fois, trois pays (le Maroc, l’Espagne et le Portugal) autour de la question de la coopération. Le protocole en question devait s’étaler sur la période 2014-2020. Or, les pays concernés n’ont pas tenu les réunions préparatives, ni celles des commissions techniques.

«Les discussions ont eu lieu durant la période des négociations sur l’accord agricole entre le Maroc d’une part et l’Espagne et l’Union européenne de l’autre, ce qui a compliqué les négociations entre la partie marocaine et espagnole», se souvient Mouati.

Le programme a fini par tomber à l’eau, au grand regret de l’Andalousie. À présent, cette région espagnole veut tirer profit de la dynamique que connaissent les relations entre les deux régions en relançant cet important chantier. «L’Andalousie veut à présent reprendre ce programme en y intégrant seulement le Maroc. La nouvelle version est inédite et comprend des avantages pour notre pays. Pour la première fois, 50% du budget total du programme doit être investi au Maroc», souligne Mouati. En effet, le fonds sera doté d’une enveloppe budgétaire de 200 millions d’euros, répartie équitablement entre le Maroc et l’Andalousie. Une première!

«Auparavant, les investissements ne dépassaient guère 10% et le reste était accaparé par l’Espagne. Maintenant, la somme sera équitablement répartie entre les deux régions», souligne l’expert marocain qui insiste sur l’importance de cet acquis pour le Maroc.

«De plus, ce programme impactera positivement la totalité du territoire marocain, contrairement au précédent fonds de coopération axé sur les régions du Nord et l’Oriental seulement», ajoute-t-il.

Les deux partenaires ont ressuscité ce programme le 30 septembre dernier à Malaga où plus de 20 maires et présidents de commune marocaine se sont donné rendez-vous pour relancer ce projet. Ce n’est pas tout: une réunion se tiendra en avril à Bruxelles, avec la Direction générale de la politique régionale et urbaine, plus connue sous le nom DG REGIO.

La rencontre verra la participation des communes marocaines, représentées par Dakhla, Al Hoceima, Agadir et Rabat, ainsi que la province de Malaga, représentante de la partie andalouse. Une commission technique sera ensuite mise en place pour le suivi des programmes choisis après un appel à projet auquel seront conviées toutes les communes marocaines. Les projets devraient être placés sous les thèmes de l’environnement, du changement climatique, de la mise en valeur du patrimoine culturel, de l’inclusion du genre et de la création d’emplois pour les jeunes, entre autres. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne? «Nous avons le temps de préparer notre dossier. Ensemble, nous pouvons décrocher ce fonds. Cela sera un nouveau pas dans la coopération maroco-espagnole», conclut Mouati. 

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