Éco-Business

LafargeHolcim. Un sentiment de “wait & see”

La prudence semble être toujours de mise sur le marché, et ce, malgré la reprise de la consommation nationale de ciment. Selon les professionnels de la place, le titre pourrait représenter une réelle opportunité d’investissement si la reprise est maintenue.


Le marché cimentier entame l’année sur une note positive. Les volumes écoulés au premier trimestre se sont appréciés de 7,83% cumulant à 3,56 millions de tonnes. Pourtant, les professionnels du secteur comme ceux du marché restent prudents surtout après une année 2018 diffi cile marquée par une contraction de 3,7% des ventes combinée à la hausse des cours du petcoke au niveau international impactant négativement les marges du secteur. Selon la dernière étude de CFG Bank, la situation devrait s’inverser dès cette année. La banque d’affaires s’attend à une reprise de la consommation nationale de ciment sur l’année, couplée à une amélioration des marges opérationnelles, grâce notamment à une baisse attendue des cours du petcoke. Les analystes avaient même prédit une croissance estimée à 2% en 2019. Pour eux et à partir de 2019, le secteur devrait entamer un cycle de légère croissance sous l’impulsion d’une amélioration graduelle de la croissance des activités non agricoles couplée à une politique budgétaire relativement moins restrictive pour le secteur du BTP, avec notamment un budget approuvé de plus de 42 MMDH.

La dynamique que devrait connaître le secteur devrait se maintenir, selon certains spécialistes suite à la poursuite des plusieurs programmes gouvernementaux, dont notamment celui qui concerne la lutte contre l’habitat insalubre et de promotion de l’habitat économique via son opérateur public Al Omrane ainsi qu’à travers des conventions avec le secteur privé. Cette reprise du secteur devrait permettre à LafargeHolcim Maroc, selon les analystes, d’afficher une croissance top-line annuelle moyenne de 1,8% sur la période 2018-2020. La baisse des cours du petcoke devrait, de leur côté, aider le cimentier à améliorer ses marges opérationnelles en 2019 pour afficher un TCAM bottom-line de 3,6% sur la période 2018-2020. La banque d’affaires estime ainsi que le marché valorise correctement le titre LafargeHolcim et recommande aux investisseurs de conserver la valeur avec un cours cible de 1.739 DH, induisant un EV/EBITDA 2019 de 11,3x.

À noter, que selon les analystes de CFG, LafargeHolcim Maroc a toujours la possibilité de verser un dividende exceptionnel en distribuant le restant de la prime de fusion s’élevant à 2,6 MMDH. De son côté, LafargeHolcim Maroc reste sur ses gardes. Dans sa dernière communication, le cimentier a annoncé ne pas anticiper d’évolution significative des conditions du marché en 2019. Le groupe se focalise, pour l’heure, sur la poursuite de sa stratégie d’investissement notamment avec la construction d’une nouvelle unité dans la région du Souss qui sera opérationnelle en 2020. Il faut dire que l’année dernière, la baisse du marché et la hausse du coût du petcoke ont impacté négativement le chiffre d’affaires du groupe. En effet, le petcoke a carrément fl ambé, avec un prix moyen en hausse de 83%. De son côté, la consommation de ciment en 2018, a suivi la même tendance baissière que les deux exercices précédents. Pis encore, elle avait atteint son plus bas niveau depuis 2007.


Fatma Charfi
Analyste chez Alpha Mena

Dans le sillage du secteur cimentier marocain, LafrageHolcim Maroc enregistre des pertes cumulées depuis le début de l’année atteignant les -12,8%. L’ensemble du secteur ciment couvert par Alpha Mena est toujours en difficulté, souffrant encore d’une demande atone sur les principaux marchés arabes, ce qui explique le désintérêt des investisseurs Mena envers ce secteur. Le ralentissement de la demande locale depuis des années a largement pesé sur les ventes de LafargeHolcim Maroc. Le leader marocain a vu ses revenus dégénérer de plus de 2,4%. Durant les trois dernières années, la croissance organique était négative pour les ventes du cimentier. Toutefois, nous estimons une légère amélioration de 2% cette année au vu des premiers signes de reprise de la demande attendue en 2019, quoique la marge d’EBITDA devrait atteindre son plus bas niveau, à 47,1%. La flambée du coût du petcoke a mis les marges du cimentier sous pression malgré sa bonne capacité à maîtriser les charges opérationnelles. Le Brent continue son trend haussier en affichant une performance YTD de 34,7%. Cette hausse sera inévitablement répercutée sur le prix du petcoke, qui représente environ 35% des achats consommés des cimentiers. LafargeHolcim Maroc n’est plus cher comme il l’a toujours été ! La chute du titre durant ces derniers mois a réussi à atténuer la prime historique de LafargeHolcim (une prime de 17,3% en VE/EBITDA durant la période 2016-2018 vs. une décote de 5,1% en 2019). En outre, le Conseil d’administration rémunère ses actionnaires avec un dividende stable de 66 DHY/action (soit un payout de 97,6%) et ce, malgré le repli de 18% du résultat net. Nous ne sommes pas encore à un point d’entrée, mais avec la concrétisation des premiers signes de reprise de la demande prévue en 2019, LafargeHolcim serait une opportunité d’investissement de qualité.

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