Maroc

«La région doit diversifer ses vocations»

Rachid Aouine : Directeur du Centre régional d’investissement

Pour Rachid Aouine, directeur du Centre régional d’investissement, Fès-Meknès présente un potentiel économique multisectoriel en termes d’investissement, basé sur plusieurs secteurs porteurs.  Entretien.

Quels sont les secteurs qui présentent un grand potentiel pour l’investissement dans la région ?
La région du Centre, Fès-Meknès, a d’abord une vocation agricole. C’est la première région exportatrice de câpres et d’huile d’olive, et c’est Meknès qui est le porte-drapeau de cette industrie agroalimentaire, grâce à la richesse de l’agriculture sur le plateau du Saiss et dans la zone de Meknès en particulier, qui a pu se développer considérablement. Aujourd’hui, il y a une stratégie étatique de développement de ce secteur à travers l’aménagement de la zone de l’Agropolis qui constitue un vecteur de développement de la région et qui offre des lots de terrain aménagés, prêts à héberger des industries agroalimentaires. D’autres secteurs émergent; je pense notamment au câblage automobile et ferroviaire via l’implantation de multinationales, et d’autres sont en cours d’installation. Je pense également aux secteurs traditionnels tels que l’industrie du cuir, du textile et de l’artisanat, basés sur le savoir-faire d’une main-d’œuvre qualifiée. Ce potentiel humain se matérialise par la plus grande concentration estudiantine du royaume dans différentes disciplines. Aujourd’hui, près de 144.000 personnes étudient dans les universités publiques de Fès et de Meknès; ajoutons à ceux-ci les étudiants de l’Université Al Akhawayn d’Ifrane et l’Université euroméditerranéenne de Fès, en plus des organismes à vocation de formation professionnelle. À cela s’ajoute l’industrie touristique culturelle, écologique et thermale. En effet, le secteur touristique est aussi à encourager, à travers la mise en œuvre de projets en phase avec les attentes des touristes compte tenu du patrimoine des villes de Fès et de Meknès, de l’arrière-pays et de villes comme Ifrane, Taza ou encore Taounate ou Missour, offrant des opportunités d’investissements dans le tourisme rural et de nature. Une intégration de l’artisanat dans les circuits touristiques est une piste à développer.


Quels sont les projets structurants qui donneront à la région un nouvel élan, et qui aideront à attirer les investissements ?
Plusieurs projets structurants ont en effet été lancés dans la région, et c’est leur concrétisation qui donnera à la région une dynamique économique. À titre d’exemple, on peut citer le projet d’Unité d’aménagement touristique Oued Fès, inscrit dans la cadre du Plan de développement touristique Vision 2020. Les travaux d’aménagement du site sont achevés. Un golf de 18 trous est d’ores et déjà opérationnel, et un appel à manifestation d’intérêt international a été lancé pour la cession à titre gracieux de deux lots hôteliers pour la construction d’hôtels 3, 4 ou 5 étoiles faisant partie intégrante du projet Oued Fès Golf City. Ce projet est de nature à augmenter la capacité d’accueil des touristes au cœur de la ville de Fès. Il y a aussi les zones logistiques prévues par l’Agence marocaine de développement des zones logistiques. Les localités qui hébergeront ces zones ont déjà été identifiées. Il s’agit de la commune de Ras El Ma sur une superficie de 90 ha, de la commune de Sidi Khiyar sur une superficie de 70 ha, de Meknès avec 255 ha et de Taza avec 36 ha. Le contrat est en cours de finalisation. L’offre foncière présentée dans le cadre d’Agropolis à Meknès par la société MedZ a également permis l’installation de nombreux projets dans l’agroalimentaire et de projets importants dans l’industrie du câblage automobile tels que les multinationales Yazaki et Delphi.  

Quid des zones industrielles ?
La politique étatique d’aménagement des zones d’activité industrielle a fait ses preuves, en termes d’incitation à la création de richesse. S’agissant de notre région, Il y a des zones industrielles qui sont déjà entièrement commercialisées telles que la zone industrielle de Mejjat, la zone de Sidi Slimane Moul Kifane à Meknès et la zone industrielle de Aïn Chkef à Fès; en revanche, des zones industrielles où les opportunités d’installation existent encore, à l’instar de la ZI Miftah Al Kheir à Ras El Ma, dont le taux de commercialisation dépasse les 80%, et la zone Agropolis de Meknès, qui s’étale sur 140 ha en première tranche, et dont le taux de commercialisation est de 40%. À cela s’ajoute le projet de zone industrielle de Aïn Cheggag, prévu sur 82 ha, avec 50 ha dédiés au district cuir et 32 ha aux activités généralistes. L’apurement du foncier a été réalisé, et l’étude de positionnement et de montage technico-financier de l’espace industriel est achevée. Cet espace d’accueil des investisseurs permettra de proposer, in fine, une nouvelle offre foncière aux investisseurs. La nouvelle Charte d’investissement, présentée devant le roi lors d’une conférence de presse lors des Assises de l’investissement à Casablanca le 4 juillet 2016, prévoit une zone franche dans la région Fès-Meknès pour assurer une meilleure compétitivité et permettre l’installation de grands groupes industriels.

Comment comptez-vous améliorer le climat des affaires dans la région pour attirer plus d’investissements ?
Le CRI de Fès-Meknès, à l’instar des autres CRI du royaume, a des missions de premier plan concernant trois volets: le guichet d’aide à la création d’entreprises, le guichet d’appui aux investisseurs et enfin la coopération et la promotion des territoires avec les acteurs institutionnels pour la promotion des potentialités de la région. Sur l’axe d’aide à la création d’entreprises, le CRI a accompli un certain nombre d’avancées via des mesures de simplification des procédures, tel que préconisé par le plan gouvernemental, pour raccourcir le délai de création d’entreprises. Sur le volet de l’investissement, les procédures ont été bien définies dans le cadre de la certification ISO 9001-version 2008, et le processus d’approbation des projets ne peut que s’améliorer par une meilleure coordination avec les services extérieurs de l’État dans l’acte déconcentré d’investissement. Sur le volet promotion du territoire, le CRI de Fès-Meknès a mis en place des outils, notamment des supports visuels numériques et papier. Une monographie régionale a été éditée présentant les préfectures et provinces ainsi que les potentialités socio-économiques de la région Fès-Meknès. Le CRI est en train de mettre en ligne un nouveau site internet en 3 langues en adoptant une nouvelle identité visuelle qui permettra l’accès à toutes les formalités en ligne avec une banque de projets (fiches projets) par secteur d’activité. Enfin, un guide de l’investisseur a également été édité afin d’accompagner au mieux les investisseurs et porteurs de projets structurants dans toutes les étapes de leurs démarches, et ainsi de faciliter leur implantation et leur développement. Il est à noter également que le CRI assure le secrétariat du Comité régional du climat des affaires, au sein duquel des actions concrètes pouvant améliorer le climat des affaires ont déjà été recensées et donneront lieu, irréversiblement, à une amélioration du climat des affaires au niveau régional.

Comment se portent les créations d’entreprise au niveau de Fès-Meknès ?
En dépit de la conjoncture économique, le nombre de création d’entreprises continue de croître. En effet, le nombre de créations d’entreprises traité par le guichet unique au premier semestre 2016 s’élève à 2.077 contre 1.925 durant la même période de 2015, soit une progression de 8%. Les secteurs du commerce et des services représentent, chacun, 33%, suivis du secteur du BTP avec une part de 14%. Le guichet de Meknès-El Hajeb arrive en tête avec 43% des créations d’entreprises, suivi du guichet de Fès et de Missour avec 41%, et enfin l’antenne de Taza avec 16%. Ces créations d’entreprises ont également un impact important en termes de création d’emplois.

Quels sont les secteurs qui attirent le plus d’investissements au niveau de la région ?
Durant le premier semestre 2016, 164 dossiers d’investissement ont été instruits dont 112 ont reçu un avis favorable de la Commission régionale d’investissement pour un volume de 1,8245 MMDH. Le nombre d’emplois devant être générés par ces projets d’investissement est de 4.145. En termes de valeur, les secteurs de l’habitat et de l’enseignement ont enregistré une nette prédominance avec une part cumulée de 53% du total des investissements prévus. Les projets industriels arrivent en 3e position, notamment dans le cadre des projets agréés dans la zone industrielle de Miftah El Kheir, suivis de l’agroalimentaire, avec des projets approuvés principalement dans la zone Agropolis de Meknès.






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