Société

La pièce de théâtre عازف الليل est-elle maladroitement raciste ?

La nouvelle pièce de théâtre  عازف الليل ne semble pas plaire à tout le monde. A peine sortie, les internautes ont exprimé leur mécontentement après avoir découvert qu’un des personnages figurant dans l’affiche de présentation, a été grimé en noir. Cette pratique est largement réprimandée par la communauté noire qui y voit un acte raciste et pas anodin. 

Pour mieux comprendre les intentions racistes cachées derrière cette pratique, il suffit de faire un retour dans l’Histoire. Le blackface apparaît au XIXe siècle aux Etats-Unis sous la forme de spectacles lors desquels des acteurs blancs se peignaient le visage en noir et tournaient en ridicule les personnages noirs, en plein climat ségrégationniste. En plus des caractéristiques physiques caricaturales ( la peau charbonneuse, les lèvres surdimensionnées et les yeux écarquillés..)  les personnages représentés étaient un important vecteur de clichés racistes : l’homme noir était représenté comme paresseux et stupide. « Ces spectacles visaient à donner la race en spectacle et s’adressaient d’ailleurs aux Blancs. Il s’agissait de faire rire aux dépens des Noirs », expliquait Eric Fassin, professeur de sociologie, à Slate. 


C’est le Comité Parité et Diversité de 2M qui s’est indigné de la publication de cette affiche, dans un message publié sur les réseaux sociaux: « Suite à la publication de l’affiche de la pièce de théâtre عازف الليل, mettant en scène un homme dont le visage est grimé en noir, le Comité Parité et Diversité de 2M exprime sa profonde indignation quant à l’utilisation de cette pratique raciste appelée le «BlackFace» » a-t-on pu lire.

 

 

 

Pour le moment, aucun mea culpa n’a été relayé pas la troupe de théâtre, le comédien en question ou les producteurs. Oui, réitère le sociologue Eric Fassin, le blackface est un acte dont l’héritage historique lourd ne doit pas être ignoré. Tourner ça en simple divertissement est offensant : « Être noir, ce n’est pas un travestissement, ce n’est pas pour rire ; c’est une condition, prise dans une histoire raciale, rappelle-t-il.

 

 

 

 

 

 






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