Éco-Business

La Fédération de l’automobile au chevet d’un secteur paralysé

Une prime à la casse pour les véhicules de plus de 30 ans, un bonus écologique pour booster la voiture hybride et électrique, une simplification des transactions relatives aux véhicules d’occasion ou encore l’arrêt ou la surtaxation des importations des automobiles et pièces d’occasion… Voilà quelques mesures phares présentées par la CGEM au CVE pour relancer le secteur automobile au Maroc.

Fraîchement présenté au Conseil de veille économique (CVE), le Plan de relance économique préparé par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a bien pris en compte le secteur automobile dans ses différentes composantes telles qu’elles sont représentées par la Fédération de l’automobile, qui regroupe l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM) et l’Association marocaine de l’industrie automobile (AMICA). Les travaux de ces deux corporations ont d’abord permis de mieux jauger l’impact du Covid-19 sur le chiffre d’affaires et l’emploi dans ce secteur, dont on rappellera qu’il réalise 6% du PIB national et pèse surtout à hauteur de 60% dans le chiffre d’affaires à l’export.


Ainsi, l’enquête menée par la CGEM auprès des entreprises dudit secteur a révélé une baisse d’environ 50% du CA et de près de 60% de l’emploi. Un effondrement qui se traduit principalement par une activité industrielle à l’arrêt ou au ralenti et un plongeon de la demande en voitures neuves (-86% en avril selon les chiffres de l’AIVAM). D’où une série de propositions formulées par la CGEM visant à stimuler tant l’offre que la demande. Parmi elles, nous en avons listé une demi-douzaine faisant office de mesures phares. À commencer par une prime à la casse de 30.000 DH, destinée au renouvellement des voitures particulières et des utilitaires légers âgés de plus de 30 ans, soit un parc qui se chiffre à environ 500.000 véhicules. Autre revendication dans le même sillage, un bonus écologique allant jusqu’à 30.000 DH, assorti d’une TVA réduite à 10% et d’une exonération des frais d’immatriculation au profit des acheteurs de voitures peu polluantes hybrides, électriques ou même thermiques mais à faibles émissions de CO2. Toujours en vue de stimuler la demande, l’AIVAM appelle à la dématérialisation et à la simplification, en urgence, du processus de mutation et de revente de véhicules d’occasion (VO). Cela permettra aux concessionnaires de développer l’activité du VO, ce qui aidera à la structurer alors que chaque année, ce sont quelque 540.000 transactions qui échappent à toute fiscalité ! Le même document demande aussi d’«assurer en priorité la survie des entreprises existantes par un déblocage immédiat et inconditionnel du dispositif Damane Oxygène, préalable à toute démarche de relance».

Pour soutenir l’industrie automobile, l’intégration locale (des pièces de rechange) et l’export, il a été proposé, entre autres mesures, d’«interdire et structurer les importations de pièces de rechanges produites localement et renforcer le contrôle normatif au laboratoire». Via la Fédération de l’automobile, la CGEM demande également d’«arrêter les importations de véhicules d’occasion ou la surtaxation (50% au lieu de 25%)» et formule la même recommandation pour l’importation de pièces de rechange d’occasion. Enfin, «exonérer les charges de la CNSS et l’IR à partir de juin jusqu’à décembre 2020 pour le maintien de l’emploi (80%) et des contrats affectés sur le Maroc» semble aussi une mesure vitale pour venir en aide à un secteur encore florissant il y a quelques mois et désormais paralysé par le Covid-19. On verra si la feuille revendicative de la CGEM trouvera ou non un écho favorable auprès du CVE.

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