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L’agriculture urbaine entre en jeu

Un projet pilote à Agadir, Beni Mellal, Fès et Meknès pour montrer l’importance d’introduire une agriculture ciblée et moins hydrivore au sein même des villes En matière de création d’emplois ou d’atténuation des effets de l’urbanisation sur l’environnement, ce type d’agriculture est le plus indiqué.


Avec le stress hydrique que connaît le Maroc, toutes les idées sont les bienvenues pour garantir un approvisionnement constant en produits agricoles. La problématique de l’eau s’est posée avec acuité dans des régions connues pour leur vocation agricole comme celle du Souss. À Zagora, la culture des pastèques a provoqué une situation inédite de stress hydrique. Les nappes phréatiques ont été tellement sollicitées par une agriculture hydrivore qu’il est aujourd’hui plus qu’urgent de passer à d’autres modèles d’exploitation de la terre, qui apprécie à sa juste valeur les ressources en eau. S’ajoute à cela, la composante aménagement du territoire qui doit désormais prendre en compte ce facteur hydrique qui taraude désormais les pouvoirs publics. C’est la raison pour laquelle l’on réfléchit aujourd’hui en termes d’agriculture urbaine.

D’abord pour soutenir les efforts de préservation des ressources hydriques et ensuite pour un développement urbain harmonieux sans rupture avec son environnement rural. Quatre villes ont été alors choisies pour servir d’expérience pilote, en l’occurrence Agadir, Beni Mellal, Fès et Meknès. Ce n’est pas un choix fortuit où ces villes sont ou bien à vocation purement agricole ou disposent d’un arrière-pays propice au développement d’une agriculture ciblée. C’est un constat corroboré par les chiffres. Le recensement général de 2014 a révélé que la population urbaine et périurbaines représente 65% des Marocains. Le recours à l’agriculture urbaine constitue aussi une tendance mondiale encouragée par la FAO. En effet, l’agriculture urbaine et périurbaine est déjà utilisée par 700 millions de citadins, soit une personne sur quatre dans le monde.

Au Maroc, le département de l’Urbanisme y accorde un intérêt particulier. Il met en avant l’agriculture urbaine comme un nouvel outil d’intervention dans l’espace et de planification. Outre sa capacité à assurer la sécurité alimentaire, d’améliorer le PIB agricole et d’augmenter la croissance des villes, l’agriculture urbaine permet de concevoir de nouvelles manières d’occuper les territoires et de pallier aux déséquilibres entre les villes et les campagnes. Dans cette perspective, des mesures incitatives devront intervenir pour encourager l’investissement dans ce type d’agriculture. Car, il en va de la résilience des villes face aux défis de la croissance démographique, mais aussi au changement climatique qui commence à intervenir directement dans les mouvements des hommes. Ce type d’agriculture permet aussi de réduire l’impact environnemental dû à l’urbanisation en valorisant la biodiversité, les sols, les milieux naturels et en offrant la nature en ville. En matière d’emploi, l’agriculture urbaine présente le double avantage de la proximité des centres urbains et de la distribution.

Il y a aussi du foncier à perte de vue autour des villes, qui est inexploité et semble attendre d’éventuelles extensions urbaines alors qu’il serait mieux rentabilisé s’il était utilisé par une agriculture moderne. 

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