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Insertion professionnelle des migrants. Le “cas Maroc”

Insertion professionnelle des migrants. Le “cas Maroc”

L’insertion des migrants dans le tissu économique au Maroc se fait à petits pas. Sur les 50.000 étrangers régularités durant ces cinq dernières années, la moitié a un travail stable. 

En près de 5 ans de régularisation massive des migrants en situation administrative irrégulière, le Maroc a accordé, à ce jour, plus de 50.000 titres de séjour à des étrangers illégalement établis dans le royaume. La politique du royaume, pilotée par le roi Mohammed V, est jugée « humaniste et basée sur le respect des droits et de la dignité» des bénéficiaires et est saluée par de nombreux organismes internationaux de défense des immigrés. Seulement , près de 50% des étrangers ayant bénéficié d’une carte de séjour n’ont aucune activité professionnelle stable. Si, aujourd’hui, 26.000 d’entre eux ont un travail formel, donnée révélée par Mohammed Touzani, chef de projet à la Commission emploi et relations sociales au sein de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). C’était à l’occasion de la 11ème édition du Forum mondial sur la migration et le développement tenue le 6 décembre à Marrakech. Pour les défenseurs des droits des migrants, il apparaît clairement qu’un long chemin reste à parcourir pour le Maroc.

Et pour cause…
L’accès au marché du travail pour les migrants relève d’un véritable parcours du combattant. Une carte de séjour n’est pas toujours synonyme de contrat de travail, regrettent-ils. La préférence nationale -sauf dans très peu de cas- est de mise dans les entreprises marocaines. «L’insertion professionnelle des migrants dans le tissu économique marocain n’est pas encore une réalité. On en est encore au tout début», a estimé Fatima Zahra Fassali. D’après la secrétaire générale chargée de la communication à l’association Rim Espoir et développement, il va falloir encore du temps pour que ce souhait devienne réalité dans le royaume. «C’est une politique nouvelle; cela va donc prendre du temps avant que celle-ci ne soit bien ancrée dans les mœurs des employeurs, d’autant plus que la situation économique du pays ne permet pas aux entreprises de procéder à des recrutements», a-t-elle souligné. Sauf que pour de nombreux migrants à la recherche d’un travail, le temps est un luxe qu’ils ne peuvent s’offrir. Les conséquences de ce retard d’intégration sont visibles partout. En effet, nombreux sont les jeunes migrants qui vivent de la mendicité ou de petits boulots, gardant toujours l’espoir de tomber sur une offre intéressante.

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Beaucoup d’initiatives, mais….
Pourtant, les initiatives visant à accélérer la cadence de cette politique d’intégration sont nombreuses. La dernière en date est la signature d’une convention tripartite, au mois de mai dernier, entre la (CGEM), la Direction des affaires de la migration du ministère délégué chargé des MRE et des affaires de la migration (MCMREAM) et l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) pour faciliter l’insertion économique des réfugiés et des migrants au Maroc. Mais rien de concret, sinon peu de choses. En tout cas, du côté du patronat, dont le rôle est de mettre en place une plateforme de mise en valeur du potentiel et des compétences des réfugiés et des migrants vis-à-vis du secteur privé, on est toujours en phase de réflexion. «La CGEM est en train de réfléchir à la mise en place d’un observatoire des métiers et des branches qui va travailler sur le matching entre les migrants demandeurs d’emplois et les entreprises», a affirmé Touzani, ajoutant que des formations de courte durée seront prochainement lancées au profit des migrants. 


Des migrants qualifiés

D’après une étude du Haut-commissariat au plan (HCP) sur l’emploi au Maroc en 2017, le taux de chômage des migrants est de l’ordre de 18,1% au niveau national. Celui-ci affecte particulièrement les jeunes âgés de 15 à 29 ans (34,6%). Ces derniers sont plus touchés que les personnes âgées (1,7%). Or, 54,1% des immigrants ont un diplôme supérieur et 21,6% un diplôme de niveau moyen, tandis que 23,4% n’ont aucun diplôme, a précisé le HCP.

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