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Il faut respecter les priorités du pays

Il faut respecter les priorités du pays

La majorité gouvernementale a annoncé dans son communiqué, issu de la réunion du 29 juin, de «réserver une prochaine réunion de l’instance de la majorité à la présentation par ses composantes des propositions pour la préparation du projet de loi de finances 2019, propositions de nature à consacrer la justice sociale, le développement économique et à répondre aux aspirations des citoyennes et citoyens». Une telle initiative, si elle venait à se concrétiser, constituerait sans nul doute une première dans le processus d’élaboration du projet de loi de finances, rompant ainsi avec une pratique courante qui donne à l’administration des finances un quasi-monopole en la matière. La Primature vient de rendre public un document-bilan d’une trentaine de pages portant sur la première année de l’exécution du programme gouvernemental : avril 2017-avril 2018. Ce qui est une mesure positive en elle-même à inscrire à l’actif du gouvernement. Libre à tout un chacun de présenter sa grille de lecture de ce document, de le commenter, de le critiquer voire, et pourquoi pas, de le contester ! La pratique démocratique est ainsi faite où tout est permis sauf le recours au dénigrement et à l’anathème.

De toute façon, la matière existe pour enclencher un débat démocratique et sortir le pays de l’attentisme dans lequel il s’est installé depuis quelque temps. Aux différents protagonistes, et en premier lieu le Parlement, de saisir cette opportunité. Au chef du gouvernement de descendre sur le terrain pour défendre son bilan et se rendre plus visible auprès des citoyens afin de les ramener éventuellement à s’intéresser de nouveau au politique. Réconcilier le citoyen avec la politique est une tâche ardue. Cela nécessite clarté et persévérance. Les citoyens veulent du concret en lieu et place du discours mielleux emballé soit dans un optimisme démesuré, soit dans un populisme archaïque. Si ledit document contient des informations pertinentes et des indicateurs intéressants, il prêche néanmoins par un certain réductionnisme. Ainsi, parmi tous les «indices de confiance» exposés, pas un seul relatif à la confiance des ménages et des partenaires sociaux. Et pour cause !! Il faut rappeler que les attentes des citoyennes et citoyens sont immenses. Pour y répondre, ne serait-ce qu’en partie, il faut changer d’approche et de paradigme. Tant que le gouvernement reste prisonnier de la logique du passé, qui a montré ses limites de l’avis et de l’aveu de Tous, on ne voit pas par quel miracle il pourra y parvenir. Il faudrait absolument que le gouvernement se mette en phase avec le discours du roi du 13 octobre 2017 : «Aujourd’t de stabilité, et qui favorise une insertion réussie dans la vie familiale, sociale et professionnelle, que chaque citoyen appelle de ses vœux. Ils souhaitent aussi la généralisation de la couverture médicale et la facilitation de l’accès digne de tous à de bons services de santé. Aujourd’hui, les Marocains veulent que leurs enfants bénéficient d’un enseignement de qualité, qui ne se limite pas à développer des aptitudes de lecture et d’écriture, mais qui leur offre la garantie d’embrasser le monde du savoir et de la communication ; un enseignement de qualité qui leur permette d’accéder au marché du travail, et de s’y insérer aisément, et qui contribue à la promotion individuelle et collective. Et non un enseignement qui fonctionne comme une machine à fabriquer des légions de diplômés chômeurs. Les Marocains ont également besoin d’une justice équitable et efficace ; ils ont besoin d’une administration à leur service et au service de l’intérêt général, incitant à l’investissement, stimulant le processus de développement, loin de toute forme de clientélisme, de corruption et de prévarication» (Extraits du discours du roi). Les priorités du pays sont donc clairement définies, il appartient au gouvernement d’œuvrer à leur concrétisation à partir de la prochaine Loi de finances. Ce faisant, la confiance sera sûrement au rendez-vous …. (Al Bayane du mercredi 4 juillet 2018).   

Abdeslam Seddiki
Professeur­ universitaire et ancien ministre de l’Emploi et des affaires sociales.     

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