Maroc

Haouz. Qui a autorisé le projet d’un mémorial de l’holocauste ?

Un mémorial de l’holocauste construit à 21 km de la ville ocre a été démoli, faute d’autorisation. L’Intérieur nie avoir donné l’aval à Pixel Helper, ONG non gouvernementale allemande, à l’origine du projet.


L’information a été diffusée en boucle sur les réseaux sociaux. Un mémorial dédié aux victimes juives du régime nazi pendant la Seconde mondiale serait en construction dans la région de Marrakech, piloté par Pixel Helper, ONG non gouvernementale allemande. À noter qu’on ne trouve aucune trace de cette ONG sur le net. La construction d’un tel édifice n’a pas manqué de surprendre dans la mesure où le projet semble «illogique» au Maroc. Le royaume n’a rien à voir avec les crimes perpétrés contre les Juifs en Europe durant la guerre de 1939-1945.

Rappelons que le roi Mohammed V avait refusé d’appliquer les lois de Vichy à l’encontre des sujets marocains de confession juive. Aussi, il est certain que ce mémorial a été construit illégalement dans la commune d’Ait Faska, aux environs de Marrakech. Le projet, sous couvert d’une initiative d’une ONG allemande qui voulait construire un centre éducatif enseignant l’histoire de ce sombre épisode de l’histoire allemande sous le joug des nazis, a été arrêté au moment opportun par les autorités marocaines, qui ont ordonné la démolition des constructions qui ont été faites sur le territoire de cette commune située dans la région d’Al Haouz.

Dans une déclaration exclusive à Horizon Tv, une source au sein de la wilaya de la Région Marrakech-Safi a assuré que le «ministère n’a donné aucune autorisation pour la construction du mémorial, de même que les autorités compétentes n’ont ordonné aucune mesure relative à la construction d’aucun service dans la zone d’Ait Faska qui dépend territorialement de la province d’El Haouz».

Un autre responsable au sein du ministère de l’Intérieur a indiqué pour sa part qu’«après que les autorités de la province ont déclaré n’avoir donné aucune autorisation, la démolition du mémoriel a été effectuée par les services compétents».

Les informations disponibles du côté des commanditaires de cet acte n’éclairent pas les conditions dans lesquelles les opérations de construction ont été entamées, de même qu’elles n’indiquent rien sur les actions qui ont été effectuées auparavant auprès des autorités compétentes avant de procéder à la mise en place de cette infrastructure. L’essentiel à retenir est que le projet englobant un musée et plusieurs équipements et installations dédiées à des représentations culturelles et historiques a été construit de manière illégale «à l’insu» des autorités. Si cette affaire reflète d’abord le malaise toujours éprouvé par les autorités locales à contrôler les constructions anarchiques, la symbolique de la construction de ce mémorial durant cette étape du conflit israélo-palestinien est pour le moins provocatrice, essentiellement pour rappeler la souffrance des populations juives d’Europe durant le siècle passé, au moment où des millions de Palestiniens subissent quotidiennement les agressions de l’armée israélienne. Hormis cet aspect qui découle du soutien indéfectible du Maroc à la cause palestinienne, la démolition devrait également rappeler aux autorités compétentes leur devoir de vigilance pour la lutte contre les constructions illicites, qui est partagée entre plusieurs intervenants, avec tout ce que cela engendre comme enchevêtrement des compétences et par conséquent de la difficulté de tracer les responsabilités en la matière.

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