Maroc

Grève des étudiants en médecine. Comment sauver l’année ?

Sauver l’année universitaire est tributaire du report de la date des examens et du lancement des initiatives de médiation pour combler le défi cit avéré en communication sur ce dossier. Le gouvernement lance la balle de l’ajournement de la date des examens dans le camp des universités et des professeurs.

Face au bras de fer musclé des étudiants en médecine, le gouvernement espère que les initiatives de médiation portées par des groupes parlementaires donneront leurs fruits. Il faut dire que la gestion de ce dossier s’est avérée on ne peut plus compliquée pour l’Exécutif. Les deux ministres de tutelle, qui ont tenu mercredi un point de presse sur ce sujet, estiment que c’est une «crise d’interlocuteurs » et ont même laissé entendre, sans le formuler expressément, qu’il s’agissait de manipulation. Ils déplorent le manque de communication sur ce dossier. Comme nous l’avons annoncé dans notre précédente édition, la communication est en effet le maillon faible dans la gestion de ce dossier. Il a été constaté que les engagements gouvernementaux ne parvenaient pas comme il se doit aux étudiants. «Le message n’est pas passé ni aux étudiants ni à leurs parents», a tenu à préciser Saaïd Amzazi, le ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.


Sur les 16 points figurant sur le cahier revendicatif, 14 ont été satisfaits, selon le gouvernement. Il reste deux points qui constituent la pomme de discorde et sur lesquels le gouvernement n’entend pas faire marche arrière. En tête fi gure l’ouverture du concours de résidanat aux lauréats du secteur privé qui est rejeté catégoriquement par les étudiants grévistes ayant battu le pavé ce jeudi à Rabat. Amzazi souligne qu’il est impossible de fermer la porte de la spécialité aux médecins sous prétexte qu’ils ont étudié dans le secteur privé : «ce ne sont plus des étudiants mais des médecins ». Néanmoins, les modalités de concours seront révisées en réduisant «l’épreuve de titres» en vue de sauvegarder les acquis des étudiants du secteur public.

De quoi s’agit-il exactement ?
Le concours de résidanat comporte des épreuves d’admissibilité et des épreuves d’admission définitive. Chaque épreuve est notée de 0 à 20. Les épreuves d’admissibilité comprennent une épreuve de titres et quatre compositions écrites. La note de l’épreuve de titres correspond à la moyenne arithmétique des notes obtenues aux examens des cinq années d’études pour les études en médecine. Les étudiants des universités publiques s’inquiètent de leur élimination à cause «des notes gonfl ées» dans le secteur privé.

Pour Amzazi, la question sera réglée en comptabilisant uniquement la note de 10 pour l’épreuve de titres pour les étudiants du privé. Aussi, ce sont les épreuves écrites qui départageront réellement les candidats. De plus, «la question n’est pas urgente et ne sera posée que d’ici deux ans». Le deuxième point a trait à l’ajout de la sixième année pour la médecine dentaire qui sera entièrement dédiée à la formation pratique. Pour le gouvernement, c’est une exigence pédagogique pour se conformer aux normes internationales. Les étudiants pointent du doigt le manque d’espaces de formation adéquats alors que le gouvernement s’engage à réunir toutes les conditions nécessaires pour leur permettre de perfectionner leurs compétences. Encore une fois, ce point ne se posera que d’ici deux ans. Le gouvernement parviendra-t-il à convaincre les jeunes grévistes de se rasseoir sur les bancs de l’université ? Rien n’est moins sûr face à la crise de confiance avérée et exprimée par les étudiants grévistes qui ne croient pas le gouvernement sur parole et demandent la signature d’un accord écrit.

En outre, les conditions actuelles fixées pour passer les examens le 10 juin ne permettent pas d’apaiser les esprits échauffés. Est-il possible de reporter la date des examens pour permettre aux étudiants de bien se préparer et sauver l’année universitaire ? Répondant à cette question des Inspirations ÉCO, Amzazi estime que ce point est entre les mains des universités et des professeurs mais tout reste possible à condition d’avoir des interlocuteurs dotés d’un pouvoir décisionnel. Par ailleurs, sur quelle base les examens seront-ils organisés alors que les cours ont été boycottés pendant plus de deux mois ? Encore une fois, Amzazi lance la balle dans le camp des professeurs qui sont «les seuls habilités à choisir les parties qui seront posées dans les épreuves». Un appel des professeurs en médecine est lancé pour ajourner la date des examens.

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