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France: qui est Eric Dupond-Moretti, nouveau ministre de la Justice ?

Le suspense aura duré toute la journée de ce lundi, avant que l’Elysée ne vienne mettre fin aux spéculations qui alimentaient les discussions des salons et les commentaires politiques dans les médias et sur les plateaux TV, en annonçant la composition du nouveau gouvernement dirigé par Jean Castex, fraîchement nommé par le Président Emmanuel Macron.

Mais le nom qui a véritablement crée la surprise aura été celui du célèbre avocat Eric Dupond-Moretti, qui a hérité du portefeuille de Garde des Sceaux, ministre de la Justice, dans la nouvelle équipe gouvernementale.


Rien n’avait filtré de la composition de la nouvelle équipe gouvernementale. Même ceux parmi les observateurs de la vie politique française, les éditorialistes des différents médias et les commentateurs politiques, bien informés en temps normal, ont été pris de court par cette nomination surprise.

Aussitôt son nom annoncé, les commentaires, diamétralement opposés ont commencé à fuser de toutes parts, sur les réseaux sociaux, les médias qui ont consacré des éditions spéciales au remaniement gouvernemental, ainsi que chez les hommes politiques de tous bords. D’aucuns encensaient le choix porté sur Eric Dupond-Moretti, quand d’autres évoquaient un mauvais casting.

Car l’homme ne laisse pas indifférent. Sa forte personnalité non plus. Âgé de 59 ans, Eric Dupond-Moretti s’est fait une réputation dans le monde de la justice, en obtenant plus de 140 acquittements devant les cours d’assises de France. Une prouesse qui lui a valu le surnom « d’Acquittator ».

Il est connu aussi pour avoir défendu de nombreuses personnalités controversées comme Abdelkader Merah, le frère du terroriste Mohamed Merah, le procès « le plus difficile de sa carrière », comme il le reconnait lui même et qui lui avait valu des menaces de mort, Bernard Tapie, Jérôme Kerviel, Jérôme Cahuzac ou plus récemment Patrick Balkany.

L’homme aime les procès difficiles. C’est là où il peut faire montre de sa verve et de son éloquence qui séduisent ses partisans mais dérangent ses adversaires qui dénoncent ses méthodes souvent musclées.

Pour Eric Dupond-Moretti, « plus les griefs sont graves et plus le rôle de l’avocat est indispensable. Renier le droit à la défense, c’est renier l’un des fondements de la démocratie : la justice ».

Né dans le Nord au début des années soixante, son père meurt quand il n’a que quatre ans et sa mère, immigrée italienne, est femme de ménage. En 1957, Son grand-père maternel est retrouvé mort dans des circonstances suspectes, mais aucune enquête ne sera ouverte. Un drame qui marquera profondément l’histoire familiale et le jeune Eric Dupond-Moretti.

Mû par un sentiment d’injustice, il décide de devenir avocat pénaliste et commence ses études de droit. En 1984, il fait son serment d’avocat à Douai (Hauts de France) et se démarque par son éloquence, qui deviendra sa marque et sa signature.

Les procès se suivent et se succèdent et Eric Dupond-Moretti, par sa persévérance, son intelligence et son charisme, se fait une place dans le monde très difficile du barreau où il s’affiche comme une grande gueule détestant le politiquement correct.

Avocat médiatique, il devient un habitué des plateaux de télévision où son sens de la formule détonne et ses piques qui dérangent sont reprises, commentées et disséquées en long et en large.

A la rentrée, il devait tenir une chronique d’humeur sur Europe 1 où il aurait donné libre cours à sa verve et à son franc-parler. Si la première qualité est requise chez un ministrable, la seconde, par contre, l’est beaucoup moins : un ministre étant tenu de peser chacun de ses mots et de cerner au mieux le politiquement correct.

Eric Dupond-Moretti change donc de casquette mais pas de robe. Ce ténor du barreau à la grande gueule devra se familiariser avec l’exercice de la politique dans un domaine qu’il maîtrise à la perfection : celui de la Justice. Mais il devra avant tout aplanir ses relations avec le monde de la magistrature qui sont pour le moins tendues, selon les observateurs. Une mission qui s’annonce délicate, alors que l’USM, principal syndicat de magistrat, a réagi à sa nomination en dénonçant « une déclaration de guerre à la magistrature ».

Mais l’homme habitué aux procès difficiles, saura aplanir les écueils qui pourraient se dresser su son chemin. Sa longue expérience, son humanisme et son intelligence lui seront d’une grande aide. Lui qui remporte toujours ses procès.

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