Maroc

Fonction publique. Place à la méritocratie !

Invité de l’émission Fi’samim d’Horizon TV, Mohamed Benabdelkader livre sa vision de la réforme de la fonction publique qui érige la compétence et la méritocratie en priorités. Il s’exprime aussi sur la crise des enseignants contractuels ainsi que sur l’avenir de son parti, l’USFP.

À l’heure où le Maroc s’apprête à réviser son modèle de développement, la réforme de la fonction publique s’impose. C’est la ferme conviction du ministre de la Réforme de l’administration et de la Fonction publique, Mohamed Benabdelkader, qui va présenter la semaine prochaine au conseil de gouvernement les détails de sa vision de réforme. Laquelle devra être approuvée pour passer à l’étape de la préparation des textes qui encadreront cette réforme sur le plan juridique. Jusque-là, on n’a pas encore tranché pour savoir s’il s’agira d’une nouvelle loi qui abrogera l’arsenal juridique actuel ou d’un code global de la fonction publique.


En tout cas, une chose est sûre, selon le responsable gouvernemental : le statut général de la fonction publique qui date de 1958 est obsolète et n’est plus réformable. En tête des priorités de la nouvelle vision de réforme figure la nécessité de passer d’un système basé uniquement sur la gestion des carrières à un nouveau système qui érige la compétence en une exigence fondamentale. Actuellement, la fonction publique est basée sur «la gestion du personnel au lieu d’être axée sur la gestion des ressources humaines» pour reprendre l’expression de Benabdelkader. Il estime que le système actuel de notation n’est pas objectif. La moyenne des notes accordées aux fonctionnaires dans les différents départements est à 90% entre 18 et 20. Une situation qui en dit long sur le fossé qui existe entre la réalité et le système actuel d’évaluation et de promotion. Il faudra désormais passer à une évaluation axée sur des critères objectifs. Cette approche commence déjà à susciter les inquiétudes des fonctionnaires et risque de se heurter à une résistance farouche de la part des partenaires sociaux. Benabdelkader se veut rassurant quant à la sauvegarde des acquis tout en soulignant par ailleurs qu’il est de la plus haute importance d’assurer l’équilibre entre les droits et les devoirs. Réussir le pari de l’évaluation nécessite des préalables.

Chaque profession devra en effet avoir une grille d’évaluation du rendement de ses fonctionnaires. Les critères d’évaluation doivent prendre en considération les spécificités de chaque métier. À cela s’ajoute la nécessité de rendre obligatoire la formation continue au sein de la fonction publique pour rehausser le niveau des compétences des ressources humaines et donner, par conséquent, un coup de fouet au rendement. Sur l’épineux dossier des enseignants membres des académies, Benabdelkader laisse entendre que la grogne actuelle qui se poursuit pour la quatrième semaine consécutive est injustifiée dans la mesure où l’État a renoncé au système de contractualisation et a procédé à la réforme de leur statut. Comment donc expliquer la prolongation de la grève ? Les protestations seraient liées à des considérations n’ayant rien à voir avec la situation des enseignants des AREF, se contente de souligner le responsable gouvernemental qui appelle les protestataires à prendre en considération l’intérêt des élèves. Le gouvernement, rappelons-le, a déjà pointé du doigt des manipulations d’ordre politique. Les syndicats qui ont perdu du terrain au cours des dernières années surfent aussi sur la vague pour renforcer leur position qui ne cesse de s’effriter à cause de la prolifération des coordinations.

Sur le plan politique, Mohamed Benabdelkader estime qu’il est difficile pour le gouvernement qui est composé de six partis politiques de parler de la même voix. Le plus important, d’après lui, c’est que le gouvernement parvienne à tenir ses réunions et à s’atteler à ses différentes tâches. S’agissant de l’USFP, Benabdelkader sera-t-il candidat au poste de secrétaire général au prochain congrès des socialistes ? Il estime à ce titre que le défi est de dépasser la question du candidat à la présidence du parti pour élaborer un nouveau projet. Les socialistes devront saisir l’occasion de la tenue de leur grand-messe pour procéder à une sérieuse autocritique afi n que l’USFP puisse retrouver son éclat d’antan.

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