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Et si Facebook n’avait pas perdu 17 minutes?

Et si Facebook n’avait pas perdu 17 minutes?

Dix-sept minutes, c’est la durée de la vidéo live du terroriste australien. En près d’un tiers de l’heure, le malfaiteur a agi en toute impunité, en direct, au su et au vu de tous. Si le jour de l’attentat, beaucoup parlent de bavure, étant donné le fait qu’il n’y avait ni policiers ni ambulances durant toute la durée du massacre, le vrai responsable de cette « bavure » n’est pas la police Néo-Zélandaise, mais bien Facebook. Outre le fait que le réseau social ait permis la diffusion de la vidéo, sans intervenir pour la supprimer tout au long de 17 minutes, le réseau social n’a également rien fait pour alerter les autorités en Nouvelle-Zélande sur ce qui se passait, le terroriste ayant annoncé son attaque bien avant sur internet.

Pourtant, on sait bien que les modérateurs de Facebook sont à l’affût du contenu violent et inapproprié. Nous avons tous été témoins, au moins une fois, d’une censure en juste quelques minutes après la diffusion d’un contenu allant à l’encontre des « standards de la communauté ». Ces 17 minutes de terreur auraient-elles pu être évitées si Facebook avait fait ce qu’il y avait à faire ? Nous avons imaginé un monde où le site bleu avait pris sa responsabilité.

Christchurch, il est plus de 13h (heure locale), le terroriste, en quête de notoriété -et dont nous tairons le nom- prépare son acte. Il a déjà publié son manifeste de 74 pages exposant son idéologie. Il dépose armes et bombes dans le coffre de sa voiture et démarre son Live depuis l’intérieur du véhicule.

L’équipe Facebook en charge de la Nouvelle-Zélande reçoit de nombreux signalements d’une vidéo suspecte. Marc, le modérateur, est sidéré. Une personne déclare en direct vouloir commettre un massacre. Il a commencé même son déplacement. Sa décision ne se fait pas attendre, il prévient les autorités de la ville. 

Il est 13h35 (locale), les services de police ont été prévenus par l’équipe Facebook Nouvelle-Zélande, et ont mis toutes leurs unités en état d’alerte. Les mosquées doivent être évacuées. Trop tard ! La prière va commencer dans quelques minutes; la police alerte toutes ses patrouilles d’un danger potentiel sur les mosquées.

Deux policiers patrouillent non loin de la mosquée Al-Noor. Nous les appellerons James et Oliver. Après avoir reçu l’alerte, ils décident de se diriger vers la mosquée.  Ils arrivent vers 13h39. Tout semble calme. Soudain,dans la ruelle adjacente à la mosquée, les deux officiers remarquent une voiture qui répond aux descriptions. Le chauffeur, vêtu d’un casque, se dirige vers le coffre.

Les policiers en Nouvelle-Zélande ne sont armés que de bâtons et de tazers, les armes à feu étant gardées dans une boîte fermée dans leur véhicule. Ils n’ont le droit de les utiliser qu’avec l’autorisation de la hiérarchie. 

Les policiers s’approchent du suspect: « Monsieur, je vous prie d’enlever votre casque et de nous laisser fouiller le véhicule », lui lance James. Mais le malfaiteur brandit une arme automatique et tire une rafale sur les policiers qui ont eu le réflexe de se réfugier derrière leur véhicule. « Suspect armé ! Suspect armé ! On demande l’autorisation d’usage des armes à feu et demande de renforts », lance Oliver à la radio. « Autorisation accordée !».

Si le terroriste a toujours accès à la mosquée. Deux policiers armés seront une vraie gêne pour son plan. Aussi, les tirs ont dû être déjà entendus à l’intérieur de la mosquée, annulant tout effet de surprise. Même pas deux minutes sont passées. S’en suit un échange de tirs entre le criminel et les policiers. « Il faut vite sécuriser la mosquée, les fidèles sont en danger, couvre-moi », lance James à son coéquipier.

Il se dirige donc vers la mosquée, où un Afghan âgé l’accueille : « Welcome brother ». 

«Retournez à l’intérieur, vous êtes en danger !», lui lance le policier. À l’intérieur de la mosquée, le policier essaie le plus calmement possible d’expliquer la situation aux fidèles qui y sont rassemblés et éviter tout mouvement de panique. Il les aide à se barricader à l’intérieur du bâtiment en attendant les renforts.

Près de sept minutes sont passées, le plan du terroriste est déjà tombé à l’eau, mais il doit désormais éviter de se faire prendre. Il abandonne sa voiture et s’enfuit à pieds. 

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Les renforts arrivent, et évacuent la mosquée. Onze minutes sont passées, le terroriste n’ira pas loin, toute la ville est en alerte. Il est déjà identifié.

Treize minutes après le premier coup de feu, il est identifié par d’autres policiers, ils lui somment de déposer son arme et de se rendre.

Il tire une rafale de désespoir et s’enfuit encore une fois, mais il est blessé à l’épaule.

17 minutes après le début des hostilités, il se rend à l’hôpital. Il accepte de se rendre, son opération est un échec.

Qui sait combien de morts ont été évitées parce que Facebook a jugé bon d’alerter les autorités. 17 minutes ne seraient peut-être même pas nécessaires, car la première minute aurait sans doute suffi pour l’interpeller. Si seulement…

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