Maroc

Erwan Davoux : au nom d’une «droite douce»

Le candidat des Républicains (LR), Erwan Davoux, a présenté ce matin à Casablanca son programme et commenté l’élection devant un parterre de journalistes. Erwan Davoux, d’abord gaulliste, chiraquien puis juppéiste a levé le voile sur son programme.


Le candidat républicain connaît l’Afrique du Nord comme sa poche. Et pour cause, ca natif de Tunisie en 1972, a aussi grandi dans ce pays du Maghreb où réside encore une partie de sa famille. Diplômé de Sciences Po, il s’est spécialisé dans le monde arabe en étudiant à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), ce qui lui permet d’être chargé de mission «monde arabe» à la présidence en 2010-2011. Son approche de la région est donc à la fois professionnelle et personnelle. Entre de nombreuses autres idées pour améliorer la vie des Français au Maroc, Erwan Davoux met l’accent sur l’enseignement français dans la 9e circonscription, dont la charge financière reste lourde pour les familles. Lui même issu de ce système dans lequel il a fait ces études jusqu’au bac, il compte réformer le système des bourses pour les expatriés, qui ne bénéficient pas toujours d’aides de la part de leurs entreprises, et permettre aux classes moyennes non éligibles aux bourses d’obtenir des avantages.
Son autre promesse électorale qui consiste à revoir les politiques fiscales est aussi dans son projet car les expatriés sont soumis à des impôts sur le patrimoine dans leur nouveau pays de résidence. En effet, ils sont soumis au cliché qui attribue leur choix d’expatriation à de l’évasion fiscale et souffrent souvent d’une double imposition. Aussi, Erwan Davoux veut simplifier l’administration en rendant possible un bon nombre de formalités sur internet. Finalement et c’est là sa mesure phare, le candidat de droite estime juste de développer l’esprit d’entreprise pour attirer de nouveaux profils de Français de l’étranger. La création d’un «Fond d’investissement expatrié» serait l’occasion de dynamiser la région, d’attirer de la diversité et de nouveaux marchés.

Macron ? Oui et non

Erwan Davoux est conscient d’évoluer dans le contexte d’une France qui veut se débarrasser de ses vieux partis clivants et qui l’a fortement montré durant l’élection présidentielle. Les Français expatriés ont voté à 7% pour Benoit Hamon (PS) et à 26% pour François Fillon (LR), loin des anciens scores qui menaient systématiquement les deux partis au deuxième tour avant 2017. «La campagne a été polluée par les affaires juridiques du candidat François Fillon, il n’empêche que l’émergence du parti ni de gauche, ni de droite d’Emmanuel Macron a créé une forte division au sein des partis traditionnels», explique la candidat. Issu de la droite gaulliste qu’il juge «douce», en opposition à celle, «dure», de François Fillon ou Nicolas Sarkozy, Erwan Davoux s’est déjà illustré dans des prises de positions particulières. Notamment, l’exemple du projet de loi de déchéance de nationalité qui concernait les binationaux rendus coupables de crimes très graves. Le candidat de droite s’est trouvé fermement opposé au projet de loi, alors qu’une majorité de la mouvance républicaine le soutenait. Aussi, Erwan Davoux espère que le président obtiendra une majorité relative, ce qui lui permettrait de gouverner sans avoir l’ascendant sur le pouvoir législatif. «Personnellement, je peux avoir des points d’accord avec Emmanuel Macron, sans rallier sa cause toutefois. Avant tout passeront les intérêts des Français de la 9e circonscription», martèle-t-il.

La ruée vers la 9e circonscription

La 9e circonscription semble susciter un grand intérêt cette année puisque 27 candidats se présentent dans cette région de l’Afrique pleine d’enjeux car très proche de la France. Cependant selon Erwan Davoux, tous les candidats ne sont pas légitimes. Il compare notamment son ancrage local avec celui de son principal adversaire, le candidat PS Didier Le Bret, qui n’a jamais vécu plus de deux ans dans la région. Il y a une procédure judiciaire aussi en cours entre les deux adversaires politiques, au sujet de propos tenus par Erwan Davoux, considérés comme diffamatoires pour son opposant. De plus, il targue son adversaire de s’intéresser à la circonscription sans prendre aucun risque, puisque celle-ci est déjà à gauche, représentée durant les 5 dernière années par Pouria Amirshahi, député PS. Par ailleurs, le candidat républicain a aussi tenu à s’exprimer sur les candidatures de M’jid El Guerrab et Leila Aïchi, qui selon lui compromettent le mouvement REM. Tout en rappelant qu’il entretient des rapports très cordiaux avec le marcheur M’jid El Guerrab, absent des listes du parti, il souligne le fait qu’il est surtout porté par le mouvement «En Marche !» de Casablanca, mais n’obtient pas de réelle légitimité de la part des mouvances REM des autres comités de la circonscription. En somme, Erwan Davoux traduit sa candidature par une volonté d’améliorer les relations France-Afrique, un domaine qui lui tient particulièrement à cœur de par son attachement personnel avec la région. Enfin, il explique que sa campagne est un réel défi dans une circonscription où la droite n’a habituellement pas tant de succès que ça.

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