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Économie

Une stratégie commerciale agressive qui affiche des taux de croissance inégalés et trace des perspectives prometteuses. Les pays francophones enregistrent les concentrations les plus importantes en termes de dépôts réalisés mais des perspectives s’ouvrent notamment au Nigéria et en Angola.

Le secteur bancaire marocain est à la conquête de l’Afrique et non seulement dans les pays historiquement partenaires. Depuis le retour du Maroc à l’Union africaine en janvier 2017, la diversification est le maître-mot pour ne pas rester cantonné à l’ouest et au centre du continent. Dans sa dernière édition de Policy Africa, la Direction des études et des prévisions financières, relevant du ministère des Finances, a braqué les projecteurs sur le positionnement des banques marocaines en Afrique durant la période 2009-2017. Ce qui ressort d’emblée, c’est l’existence de stratégies assez bien ciblée à destination des pays africains. Pour illustration, le secteur bancaire accapare la part du lion dans les IDE du royaume en Afrique avec 52 % et un investissement de 17,5 MMDH entre 2007 et 2017. Viennent loin derrière les télécoms (16,4%), l’industrie (12,3%) et les assurances (5,8%). C’est aussi une dynamique qui épouse une courbe ascendante des échanges interafricains. S’y ajoute le mobile money et la finance alternative qui trouvent une terre fertile en Afrique ouvrant de nouveaux horizons pour les banques marocaines dans le continent. Quant à la répartition géographique des banques du royaume en Afrique, elle couvre un large spectre bien qu’elle reste concentrée sur quelques pays comme l’Egypte (30,5%), la Côte d’Ivoire (19,4%) et le Sénégal (12%). Normal si l’on tient compte du poids économique de ces pays et leurs perspectives de croissance.

Une forte participation dans les grands chantiers
Si l’on va un peu dans le détail, la Banque centrale populaire a mobilisé 4,3 MMDH, à travers ses filiales sénégalaises, pour financer des projets d’infrastructures. Le groupe a signé 5 conventions avec la Côte d’Ivoire pour 2,5 MMDH et conclu deux accords de partenariat avec le ministère rwandais des Finances dans le secteur de la micro-finance et le financement de l’Africa Mutual Growth. La BMCE, à travers sa filiale Bank of Africa, a signé un accord de coopération avec la Banque ouest africaine de développement pour booster les actions de développement au sein des Etats membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Le groupe a par ailleurs entériné une une convention-cadre avec la Côte d’Ivoire pour l’accompagner dans ses initiatives pour atteindre les objectifs de son Programme national de développement 2012-2015. Quant à Attijariwafa Bank, le groupe a signé plusieurs accords portant notamment sur le soutien au fi- nancement du budget de l’État ivoirien et la mise en oeuvre de plusieurs projets de développement à caractère structurant. Citons aussi une convention avec les actionnaires de la Compagnie générale de banque (Cogebanque) du Rwanda, un mémorandum avec la banque nationale de l’Industrie de Madagascar et un deuxième avec la Banque nationale commerciale de Zambie.

La diversification des marchés
L’enquête de la DEPF fait ressortir un élément commun au trois groupes bancaires qui souligne leurs objectifs même si les modus operandi diffèrent. Plantons le décor. A fin 2017, les trois banques couvrent 25 pays africains avec une présence commune au Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Togo. Sur la période 2009-2017, les trois opérateurs bancaires ont consenti des efforts importants en matière de diversification géographique de leurs activités en Afrique. Plus en détail, la BMCE- BOA occupe le haut du podium en termes d’implantation géographique, couvrant 17 marchés africains, contre 11 en 2009. La BCP affiche une présence active dans 10 pays africains contre 2 seulement en 2009, réalisant ainsi la progression la plus importante. Concernant la présence d’AWB dans le continent, celle-ci couvre désormais 10 pays, contre 6 en 2009. Concernant le réseau des agences bancaires recensées en 2017, les trois banques totalisent 1.482 agences en Afrique. Cette fois-ci c’est AWB qui décroche la première place avec 643 agences, contre 299 en 2009. La BMCE-BOA a un réseau de 634 agences contre 247 en 2009. Pour sa part, la BCP a vu son réseau africain progresser significativement pour s’établir à 205 agences contre 4 agences uniquement en 2009. Ce qui en termes d’offensive commerciale est tout à fait spectaculaire. Quelle a été donc la stratégie d’implantation de ces trois banques ? l’enquête de la DEPF souligne qu’il s’agit de prises de participation dans le capital de banques locales ou celles disposant d’un réseau de filiales implantées dans plusieurs pays africains. L’on remarque à ce niveau la participation majoritaire de la BMCE-BOA dans le capital de Bank Of Africa (72,85%) qui est adossée à un réseau de filiales dans 16 pays africains. Le poids de la BOA dans le tour de table de chacune de ses filiales oscille entre 20,2% et 94,4%, avec une part moyenne pondérée par les capitaux des filiales de l’ordre de 69,7%. Elle dispose, également, de deux autres relais au Congo Brazzaville et au Mali. Il s’agit de La Congolaise de Banque (LCB Bank) et de la Banque de Développement du Mali (BDM), avec des parts du capital qui se situent respectivement à 37% et 32,38%. Le réseau d’agences de BMCE- BOA reste concentré au Mali (18%), à Madagascar (15%) et au Sénégal (9%). Concernant AWB, trois filiales se trouvent sous son contrôle avec des parts dépassant 90%. Il s’agit d’Attijaribank Egypt (100%), du Crédit Du Sénégal (95%) et du Crédit Du Congo (91%). Le groupe détient, en outre, 83 % de la Compagnie Bancaire de l’Afrique de l’Ouest (CBAO) implantée au Sénégal ainsi que 80% de Attijaribank Mauritanie. Il y a lieu de souligner que la Tunisie concentre, à elle seule, 33,3% des agences africaines adossées au groupe AWB, avec 185 agences portant l’enseigne ABT. La CBAO et le CDS totalisent 165 agences au Sénégal, soit une part de 29,7%. Le Mali occupe le troisième rang, en termes de densité du réseau de distribution, avec 79 agences arborant l’enseigne BIM, soit 14,2% du réseau total. La présence d’AWB en Côte d’Ivoire, au Congo, au Cameroun, au Gabon et en Mauritanie s’appuie sur des réseaux de distribution variant entre 3 et 41 agences et représentant entre 0,5% et 7,4% du réseau global du groupe en Afrique. Enfin, la Banque centrale populaire est présente dans le tour de table de la holding fi- nancière Atlantic Business International avec une part de 68,46%. Ce groupe financier totalise 179 points de distribution répartis entre les 8 pays de son implantation. En parallèle, la BCP détient deux participations majoritaires dans le capital de la Banque Populaire Maroco-Centrafricaine et la Banque Populaire Maroco-Guinéenne avec des parts de respectivement 75% et 77,3%.

188 MMDH de dépôts collectés
Par ailleurs, l’encours des dépôts collectés par les banques marocaines implantées en Afrique a atteint près de 188 MMDH en 2017 dont 48,6% réalisés par AWB. Elle est suivie de la BMCE-BOA et de la BCP avec respectivement 33,2% et 18,2%. Ces dépôts représentent 23,8% de l’encours global des dépôts auprès des banques marocaines. Ils ont connu une progression soutenue depuis 2009 à un rythme de 13,5% en moyenne annuelle. Ce qui renseigne sur l’importance des filiales africaines dans l’activité des trois groupes bancaires. Encore une fois, ces dépôts restent concentrés dans quatre pays à savoir le Sénégal (16,4%), la Côte d’Ivoire (12,2%), la Tunisie (11,7%) et l’Egypte (10%). Quid des crédits distribués dans les différents pays africains d’accueil ? Selon l’étude, l’encours des crédits octroyés s’est élevé à 159,6 MMDH en 2017, en progression de 13,5% par rapport à 2009. Ce qui représente presque 23% de l’encours global des crédits distribués par les banques marocaines. Presque la moitié de l’encours des crédits distribués en Afrique est l’oeuvre des filiales d’AWB. La BMCE-BOA et la BCP comptent respectivement pour 31,9% et 20,3% de cet encours. Quant aux perspectives d’avenir, le Nigéria, au vu de son poids démographique et économique, offre des opportunités immenses pour les banques marocaines. A condition de mettre en oeuvre une stratégie d’implantation appropriée, qui pourrait être axée sur des relais locaux. Idem pour l’Angola, qui dispose d’un énorme potentiel de croissance (7,9% en moyenne entre 2004 et 2017).


Ce que révèle le PNB des filiales africaines
L’évolution des produits nets bancaires (PNB) consolidé des banques marocaines en Afrique, s’est accru de 18% en moyenne annuelle depuis 2009 pour se chiffrer à 19,8 MMDH en 2017. Ce montant représente 38,6% du PNB global consolidé des banques marocaines. La BMCE-BOA et AWB affichent une forte dépendance eu égard à l’activité de leurs filiales africaines qui génèrent respectivement 43,8% et 39% de leurs PNB. C’est moindre pour la BCP, avec une part du PNB de ses filiales africaines de 20,2% du PNB consolidé du groupe. Concernant le PNB réalisé par les filiales africaines d’AWB en 2017, celui-ci est concentré pour l’essentiel sur sa nouvelle implantation égyptienne (24,5%), ses deux relais sénégalais CBAO et CDS (19,7%) et sa filiale historique tunisienne (15,7%). Pour ce qui est de la BCP, 64,5% de son PNB consolidé, à travers la holding ABI, est généré au niveau de quatre pays, à savoir la Côte d’Ivoire (25,3%), le Sénégal (15,7%), le Niger (13,6%) et le Burkina Faso (9,9%).

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