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Eau potable. Sebta veut couper le cordon hydrique avec le Maroc

Eau potable. Sebta veut couper le cordon hydrique avec le Maroc

L’entreprise municipale chargée du ravitaillement en eau de l’enclave lance une consultation pour mettre fin à l’approvisionnement à partir d’une source marocaine.

La prochaine tension entre le Maroc et Sebta sera-t-elle d’ordre «hydrique»? Le gouvernement sebti veut mettre fin à ses approvisionnements en eau potable à partir d’une source marocaine. La société municipale qui gère l’approvisionnement de l’enclave en eau potable a décidé de remettre sur la table le projet d’abandonner le ravitaillement en eau potable d’une source se trouvant dans la localité de Belyounech et dont l’Espagne revendique la souveraineté. De fait, l’arrivée de l’extrême droite sur la scène politique commence à se faire ressentir dans la gestion quotidienne des affaires à Sebta et apporte son lot de tensions. C’est en effet sous l’impulsion de la formation radicale Vox que l’organisme municipal a décidé de faire appel à un cabinet juridique pour réétudier la viabilité de cette proposition. Pour Vox, «Sebta ne doit et ne devrait, sous aucun prétexte, être dépendante du Maroc». La formation estime que l’enclave ne doit pas être à la merci du royaume, surtout «quand il s’agit d’une ressource aussi vitale que l’eau, qui nécessite un contrôle spécial comme les ressources hydriques», rapporte Europa Press.

Concrètement, l’enclave se ravitaille auprès de cette source depuis 1911. Pour pouvoir acheminer cette ressource, le gouvernement sebti s’acquittait de la somme de 160.000 euros en faveur de 50 propriétaires terriens, dont les propriétés sont traversées par le canal de ravitaillement. Et c’est là où le bât blesse… l’extrême droite. Celle-ci s’est insurgée contre la somme versée aux propriétaires des parcelles par lesquelles transite l’eau acheminée vers le préside.

«Nous voulons connaître la raison de ces paiements, faits avec des deniers publics, à des Marocains pour l’utilisation d’une source marocaine». De plus, Vox reproche aux gestionnaires de la ville de «payer des sommes faramineuses à des Marocains pour une eau dont la provenance est douteuse», a souligné la formation à l’agence Europa Press.

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Pourtant, cette source couvre jusqu’à 30% des besoins quotidiens de l’enclave en eau potable. Cela déplaît résolument à Vox, qui voudrait que les gestionnaires de la ville se concentrent sur le dessalement pour assurer les besoins de la population sebtie en eau potable. En réalité, le dossier n’est pas nouveau. Une étude juridique réalisée il y a deux ans a approuvé l’arrêt du ravitaillement auprès de cette source marocaine, mais rien n’a été fait. Toutefois, les recommandations de ce rapport mettent en garde contre l’abandon de la source et, surtout, les probables réclamations des bénéficiaires du droit de passage.

De même, le porte-parole de l’opposition à l’Assemblée locale a souligné la frivolité de l’idée d’abandonner une ressource aussi importante, dont le m3 est cinq fois moins cher que l’eau en provenance de l’unité de désalinisation. Le rapport souligne aussi que le Maroc pourrait récupérer cette source si elle était abandonnée. Il serait impossible, pour les autorités sebties, de revenir sur cette décision une fois celle-ci prise.

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