Culture

Djamel Tatah présente ses “œuvres silencieuses”

La galerie Poggi présente un solo show de l’artiste Djamel Tatah qui vient de rejoindre officiellement la galerie en septembre 2018. Suite à une première participation à 1:54 Londres, la galerie met en avant l’œuvre de l’artiste algérien les 23 et 24 février à Marrakech.


Après avoir privilégié un développement international orienté vers l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud à ses débuts, la galerie Poggi souhaite nouer des liens intellectuels et professionnels avec l’Afrique et le Moyen-Orient. S’il bénéficie d’une visibilité internationale importante, notamment au Maghreb où le musée d’art moderne et contemporain d’Alger lui a consacré une vaste exposition en 2013 ou par sa présence dans les collections du MACAAL, c’est paradoxalement la première fois qu’une exposition individuelle est dédiée à Djamel Tatah au Maroc. D’autant plus que ce pays est une source d’inspiration pour l’artiste. Un voyage à Casablanca il y a quelques années a profondément marqué le plasticien algérien. La figure de nombreux «marcheurs» (hommes, femmes, enfants) arpentant sans relâche les rues de la ville portuaire a eu un impact fort dans l’iconographie de l’artiste, qui a repris ces silhouettes dans certaines œuvres ici présentées. Une oeuvre hybride entre Occident et Orient, l’artiste est né à Saint-Chamond de parents berbères en 1959. Djamel Tatah n’est ni français ni algérien tout en étant profondément les deux : un artiste «contemporain» nourri de plusieurs cultures.

Un artiste multiculturel
«Ma peinture est silencieuse. Imposer le silence face au bruit du monde, c’est en quelque sorte adopter une position politique. Cela incite à prendre du recul et à observer attentivement notre rapport aux autres et à la société», confie l’artiste franco-algérien qui a étudié à l’École des beaux-arts de Saint-Étienne entre 1981 et 1986. Il enseigne ensuite à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris depuis 2008, vit et travaille en Provence. De multiples expositions personnelles lui ont été consacrées en France et à l’étranger, notamment au Centre d’art de Salamanque (Espagne 2002), au Musée Guangdong à Canton (Chine 2005), au Musée des beaux-arts de Nantes (France 2008), au Musée d’art moderne et contemporain de Nice (France 2009), à la Villa Médicis à Rome (Italie 2010), au Château de Chambord (France 2011), au Musée d’art moderne et contemporain d’Alger (Algérie 2013), à la Fondation Marguerite et Aymé Maeght et au Musée d’art moderne de Saint-Étienne (France 2014).

L’oeuvre de Djamel Tatah est par ailleurs présente dans d’importantes collections publiques et privées dont la Fondation d’Art Barjeel (Sharjah), le Bristish Museum (Londres), le Musée national d’art moderne Centre Pompidou (Paris), le Macaal (Marrakech), la Fondation Marguerite et Aymé Maeght (Saint-Paul). Si Tatah n’a jamais consenti à endosser le rôle de l’artiste immigré, ses racines maghrébines transparaissent toutefois indubitablement dans certains de ses travaux. Toute œuvre se construit invariablement à partir d’une série d’assimilations et de rejets. De survivances, de refoulements et de souvenirs épars. Celle de Djamel Tatah n’échappe pas à cette règle et doit bien entendu beaucoup à ses années de formation à Saint-Etienne. On notera d’emblée que Tatah a toujours refusé de s’inféoder à un dogme dominant, sachant intuitivement, comme le précise Edward Said. «Combien les réalités historiques et culturelles sont bizarrement métissées, comment elles participent d’une multiplicité d’expériences et de domaines souvent contradictoires, débordent les frontières nationales, défient la logique policière du dogmatisme simpliste et de la vocifération patriotique», explique Erik Verhagen, dans son texte «Hybride». Récemment, la Collection Lambert en Avignon lui a dédié une exposition monographique faisant dialoguer ses oeuvres avec celles de la prestigieuse collection minimaliste d’Yvon Lambert. Le musée Matisse de Nice lui consacrera une exposition individuelle à l’été 2020, dont le commissariat sera assuré par Éric de Chassey sur une invitation de Claudine Grammont. Marquant son entrée officielle parmi ses artistes, la galerie Poggi présentera une double exposition personnelle de Djamel Tatah à Paris en mai 2019 dans son espace principal situé au pied du Centre Pompidou et au Musée des arts et métiers. Ce 23 et 24 février, il revient à son pays de cœur pour une exposition exceptionnelle à Marrakech. 

Tags

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer