Opinions

Destruction massive de la société

Les problématiques sociales ne manquent pas au Maroc. Elles concernent notre quotidien et nous renvoient à notre avenir. Sauf qu’au lieu d’ouvrir l’espace public à un vrai débat de fond, on détourne l’attention de l’opinion publique sur des questions marginales et souvent débiles. Les gâteaux du Parlement, la voyante de Salé, la farce faite à une «shikha»*, les aventures amoureuses d’un ministre, les faits divers en cascade, etc. Des sujets qui concernent une poignée de personnes, ou montés de toutes pièces, qui deviennent par la magie d’un effet viral le sujet de prédilection de tous les Marocains. Or, le pays a besoin d’une opposition d’idées et de propositions.

Tenez, par exemple, le nouveau modèle de développement, revendiqué par le souverain il y a un an et demi. Avez-vous vu des débats, des tables rondes et des conférences sur nos télévisions publiques, financées par le contribuable ? Il a fallu que le roi fixe un ultimatum de trois mois pour voir les premières réactions.


Au niveau de l’éducation, y a-t-il eu jamais un semblant de débat sur les raisons de l’échec des différents projets de réformes et le sort des milliards de dirhams évaporés ? Récemment le projet du service militaire a été entériné entraînant une vague d’interrogations de la part des citoyens et une multitude de contrevérités. Qui a pensé à recadrer ce débat et l’orienter vers la noblesse de la cause ? Qui a daigné expliquer aux Marocains que l’une des causes du chômage est l’orientation mal réfléchie depuis le collège ? Les questionnements peuvent fuser pour démontrer à quel point nos médias publics et leurs responsables en tête, ont failli à la mission qui est la leur. Tirer le niveau des débats vers le haut. Au lieu de cela, on laisse le peuple «savourer» la médiocrité et sombrer dans les marécages des réseaux sociaux, l’arme de destruction massive, par excellence, des sociétés. 

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