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Culture
Adam Naas. Auteur , compositeur, interprète, musicien

C’était un dimanche à la scène Village Samsung du festival Jazzablanca, tenu du 2 au 7 juillet. Le public est dispersé, tantôt assis sur des coussins géants, tantôt à l’affût d’un verre ou d’un hot-dog. Mais au premier son d’une voix difficile à cerner et aux premières notes de «Golden Drop», le public est attiré comme un aimant vers Adam Naas. «When the Sun Goes Down», murmure t-il, comme s’il essayait de parler directement aux cœurs et aux âmes et de faire de ce concert un des plus marquants de cette 14e édition.

L’inclassable classique
Adam Naas est un artiste inclassable. Sa sensibilité à fleur de peau et sa voix à la frontière du fragile et de la force insoupçonnée rappellent Asaf Avidan et Prince, avec des airs de Michael Jackson à ses débuts. Son côté mystérieux n’est pas sans rappeler un certain Thom Yorke et son âme est celle de Sam Cooke. «Je n’ai jamais travaillé ma voix. Prince, je l’ai découvert tard. Je connaissais les classiques! Qui ne connaît pas Purple Rain ou Kiss, pour ne citer que ces morceaux? Ce n’est que plus tard qu’avec mon producteur, on a redécouvert cet univers Rock/Hip Hop sensuel. Je suis ravi de cette comparaison!». Des comparaisons qui ne servent rien et qu’on finit par oublier, tant le mélange donne un univers unique. Une certitude: Adam Naas ne ressemble à personne. «Dans ma vie, j’ai toujours été confronté à ce clash de musique. J’ai eu Internet à la maison à 13 -14 ans, c’est le moment où tu te développes, où tu développes ton identité. Au moins une partie en tout. Et elle s’est beaucoup faite à travers la musique. J’ai toujours eu beaucoup de musique dans mes oreilles, j’écoute de la musique tout le temps, partout, depuis mes 13 ans», confie celui qui chante avec ses tripes à chaque fois sans se soucier de plaire (ou pas). Avec son short, ses chaussettes remontées et sa casquette qu’il ajuste pour faire plus « stylé », le musicien est d’un naturel rare. «Je pense que tout s’est un peu emmêlé dans mon esprit. J’ai, en quelque sorte, voulu rendre service à ce cocktail musical. Mon identité, mon caractère, moi, c’est tout ça, tout ce mélange. Je préfère ne pas y penser. Si je commence à penser, je me pose des limites. Et je n’ai pas voulu en avoir». C’est sûrement pour cela que son répertoire est sans limite. Si l’on passe par une Pop 80s aux relents futuristes à un Rock alternatif d’une autre planète, on a aussi des chansons Soul/Rnb assumées d’antan, surtout quand il sort de son répertoire une chanson comme «No Love Without Risk». Le tout avec des mots qui touchent, entre l’amour et la mort, des textes très introspectifs. «J’ai toujours écrit. J’avais toujours des petits carnets. La première chanson que j’ai écrite, je devais avoir 12 ans. J’étais en 5e. Je l’ai composée pour ma meilleure amie», confie l’auteur de «Please Come Back to Me» ou «Fading Away». «Je l’ai écrite pour ma première amoureuse! C’est un peu ça, les premières chansons d’amour! Des premières amours. On s’est un peu brisés tous les deux et on se reconstruit ensemble».

L’introverti libéré
Sur scène, il ne bouge presque pas puisque son charisme s’occupe du reste. Tel un ovni de la musique, il propose des textes et une musique qui émanent de l’âme. «Pour un introverti, c’est un peu le meilleur moyen de se raconter à travers des chansons. Quand tu es confronté à une espèce de fracture et que tu ne sais pas comment te comporter socialement, tu peux t’autoriser à faire des choses non conventionnelles», continue le créateur d’«Eternity», chanson placée sous le signe de l’introspection qu’il avoue chanter à lui-même. «Mais je me rends compte que le public comprend aussi et c’est fascinant. Les gens comprennent aussi d’une certaine manière». Un public qui ne peut s’empêcher d’adhérer tellement l’univers est distinct et la musique est sincère. Des paroles en anglais pour ce Parisien autodidacte, né en 1992 et révélé en 2016. Des chansons qui semblent déjà parties pour devenir universelles. «Il y a toujours eu de l’anglais autour de moi. Ma mère écoutait les reines du jazz et du blues, et cela a été une évidence d’écrire en anglais. Je ne sais pas pourquoi. Je n’écoutais que de la musique en anglais, et c’est comme ça que j’ai appris à transformer les sons de ma bouche et à chanter», précise le musicien accompli à la carrière qui deviendra sûrement internationale. Mais il n’oublie pas sa langue maternelle pour laquelle il a un immense respect. «J’ai écrit quelques chansons en français, et c’est très triste. Je n’ai pas envie d’être triste! J’aimerais bien écrire en français pour les autres, je crois. L’envie n’est pas encore là, mais si elle vient un jour, je serai le premier à foncer tête baissée!». Talent à suivre.q

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