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Crise: Les Conseils régionaux du tourisme se tournent vers la tutelle

Le Groupement de présidents des Conseils régionaux du tourisme (CRT) vient d’adresser une lettre sous forme de plan de relance à Nadia Fettah Alaoui, ministre du Tourisme, du transport et de l’artisanat. En plus de mesures fiscales et financières, les professionnels ont proposé des mesures pour la promotion, la commercialisation et la communication.

Après la Confédération nationale du tourisme (CNT), le Groupement des présidents des Conseils régionaux du tourisme (CRT) revient à la charge pour atténuer les effets du Covid-19 sur le tourisme. Les 12 CRT du royaume viennent d’adresser une lettre sous forme de plan de relance à Nadia Fettah Alaoui, ministre du Tourisme, du transport et de l’artisanat. Pour ce groupement, la pandémie a douloureusement affecté le secteur touristique mais c’est aussi une opportunité pour redonner de la force au secteur qui n’a jamais bénéficié d’un programme de développement ou de mesures fiscales soutenant les entreprises ou même de subventions partielles. «Bien au contraire, c’est le secteur qui subit la plus grande pression fiscale avec une multitude de taxes locales et nationales», affirme la lettre. Pour les professionnels, le salut du secteur passe à court et à moyen termes par des mesures fiscales et financières, à commencer par l’exonération des taxes locales et des charges sociales et patronales CNSS, d’IR en plus de l’exonération de l’IS pour une durée de 12 mois. De surcroît, le groupement de présidents propose aussi la suppression de toutes les charges du secteur touristique en général y compris celles de la restauration et surtout de supprimer les différentes taxes communales et les loyers à payer pendant cette période de pandémie et de fermeture des sociétés pour la même période.


Une exonération pour une durée de 12 mois
Concernant la TVA, il s’agit de l’annulation du paiement de la taxe TPT pour une durée de 12 mois, l’activation de son remboursement (TVA) pour ceux qui détiennent une créance et de revoir la fiscalité du secteur (baisser la TVA de 3 points pour les hôtels et restaurants, de 4 points pour les transporteurs touristiques et de 5 points les agences de voyages). À cela s’ajoutent la réduction de la taxe de débit de boisson à 4% au lieu de 6% ainsi que le report des échéances bancaires non échues et l’annulation des agios y afférents. Parmi les propositions se trouvent également la révision de la participation de l’État dans les salaires des cadres moyens à hauteur de 70% du salaire jusqu’à la reprise normale de l’activité et l’ouverture d’une ligne de crédit bancaire qui soit égale à 20% du chiffre d’affaires de l’entreprise avec un différé d’un an de 2% du taux d’intérêt cautionné par l’État, qui doit prendre en considération le résultat fiscal de chaque entreprise lors des trois dernières années pour limiter l’accès à ce crédit aux nécessiteux et particulièrement les PME. En outre, le groupement a sollicité la révision à la baisse du taux d’intérêt bancaire et du leasing à 2% cautionné par l’État avec un différé d’une année. De l’avis des présidents des CRT, le tourisme au Maroc n’a jamais bénéficié d’un plan de réforme à l’instar des autres secteurs : l’agriculture, le commerce, la pêche et l’industrie…Et actuellement, la faiblesse et la sous-capitalisation des entreprises touristiques et hôtelières se sont profondément aggravées du fait de la pandémie du Covid-19 qui a induit une trésorerie déficitaire, une incapacité de faire face aux urgences de mise à niveau des produits et une difficulté à honorer les redevances fiscales, la masse salariale et l’absence totale d’un budget de commercialisation et de marketing.

Allègement de la pression fiscale…
Pour les actions à long terme, les professionnels ont appelé, entre autres, à considérer le tourisme comme un secteur prioritaire à travers l’allègement et la simplification de la pression fiscale, les taxes locales, la facilitation de l’accès aux crédits bancaires en plus de l’accélération de l’investissement dans l’hôtellerie ainsi que la création de grands groupes marocains dans le tourisme et la mise en place d’un plan d’investissement dans le secteur du transport aérien. S’agissant de la promotion et de la commercialisation, le Groupement des présidents des CRT du Maroc ont suggéré aussi pour le marché national de lancer une campagne médiatique sur les différentes chaînes pour mettre en avant l’importance du tourisme national comme base de développement du tourisme dans le futur. Parmi ces actions à court et moyen termes, il y a la sensibilisation des Marocains résidents à l’étranger pour faire en sorte qu’ils consomment leurs vacances au Maroc et l’incitation des hôteliers à appliquer des tarifs très compétitifs accessibles aux nationaux par des réductions importantes. Parallèlement, les transporteurs publics (aériens, ferroviaires et terrestres) doivent appliquer des tarifs intéressants pour la clientèle marocaine pendant l’été 2020, particulièrement les mois de septembre, octobre, novembre et décembre et proposer la découverte de l’arrière-pays composé des provinces du Maroc. «Les entreprises touristiques hôtelières sont priées d’assurer d’excellentes prestations en faveur des clients marocains en termes d’accueil, d’hygiène, de qualité de service et de nourriture avec un programme d’animation adapté…car l’été 2020 sera très décisif pour le tourisme national».

Vacances : changement des calendriers scolaires
Les professionnels ont proposé aussi la restructuration du travail des agences de voyages en grossistes et en détaillants et de changer les calendriers scolaires des vacances et les programmer sur toute l’année en répartissant les territoires du Maroc par régions pour combler les basses saisons et assurer un équilibre des recettes touristiques sur toute l’année et surtout pour éviter la concentration pendant la saison estivale de juillet et d’août. «Le tourisme national ne doit pas servir à remplir le vide du tourisme international», ajoute la lettre qui propose aussi de faire connaître l’arrière-pays aux nationaux, d’organiser des éductours et des invitations pour les journalistes et médias. En ce qui concerne le marché international, il s’agit de reprendre contact avec les TO et leur assurer la subvention du co-marketing pour sécuriser les espaces via des brochures et autres. À cela s’ajoutent la sécurisation des fréquences aériennes par des accords avec les compagnies low cost, l’achat, la location ou l’affrètement de vols charters via les compagnies internationales charters sans impliquer les TO dans le risque aérien. La même lettre a exigé aussi d’accompagner les TO par le lancement de grandes campagnes marketing et promotionnelles auprès du marché international, de soutenir les efforts de ceux qui veulent reprendre leurs activités sur le Maroc avec le lancement d’une campagne promotionnelle en été qui concernera aussi bien le reste de l’année 2020 que l’hiver 2021. Le Groupement des présidents des CRT a appelé à la formulation d’instructions claires concernant les mesures sanitaires à mettre en place dans les hôtels, les restaurants, les aéroports, les transports touristiques et les taxis…avec la production de brochures qui mettent en valeur l’efficacité des plans de mesures préventives déclenchées par le Maroc à l’encontre du Covid-19 et la production de manuels des mesures sanitaires adressés au personnel. D’autres mesures ont été préconisées, entre autres le renforcement du secteur par la création d’un Institut public de langues étrangères et le développement des Tours opérateurs marocains pour concurrencer les plateformes online étrangères ainsi que la mise à niveau des écoles hôtelières et des instituts de formations hôtelières existants…Par ailleurs, les CRT ont demandé aussi de se doter de l’autonomie morale et financière pour mener leurs missions.

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