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Crise du Covid-19. La pensée économique sous pression

Crise du Covid-19. La pensée économique sous pression


Dr. Jamal Diwany,
économiste, Président de la Commission économique et sociale centrale du Parti de l’Istiqlal

La pensée économique fait face à une rude épreuve. Sur fond de fragilités du libéralisme mondialisé, la crise sanitaire du nouveau coronavirus interpelle aussi les penseurs économiques quant à leurs capacités à apporter des solutions concrètes dans ce contexte de «pensée unique».

Le 11 mars 2020, l’épidémie de coronavirus est devenue une pandémie, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Décrété par la majorité des pays, l’état d’urgence sanitaire a imposé le confinement des populations. Cette situation a empêché les économies de tourner à plein régime. Comparé à d’autres crises sanitaires, la pandémie de Covid-19 a pratiquement perturbé toutes les branches d’activités. Une situation inédite si on la compare avec la pandémie de 1918, appelée communément la «grippe espagnole». C’est la raison pour laquelle cette crise a ouvert l’appétit des économistes quant au sort qui sera réservé à l’économie mondiale. Néanmoins, il serait un peu naïf de réduire la réflexion liée à l’actuelle crise à un simple exercice proposant des scénarios plus ou moins probables pour assouvir l’appétit des médias et du grand public. Autant dire que des économistes conjoncturistes (au service des groupements professionnels et des hommes d’État) continuent à produire une avalanche d’analyses économiques. Ils font appel à des modélisations statistiques pour aboutir à des recommandations concrètes et facilement assimilables. Toujours est-il, ces modélisations souffrent majoritairement d’une approche globale.

L’économie mondiale déjà en berne
Étant donné le caractère exceptionnel de cette crise, la sphère économique est actuellement divisée. Elle englobe les experts les plus prestigieux des cabinets spécialisés en conseil et stratégie, les agences de notation financière ou encore les économistes-professionnels des institutions de Bretton Woods. Preuve à l’appui, et à titre indicatif, cette divergence n’épargne pas les échanges commerciaux mondiaux et les indices financiers du premier trimestre 2020. Dans le détail, ces différents avis oscillent entre des prévisions de «ralentissement général de la croissance mondiale», soit une courbe en V, et une «récession plus ou moins durable puis reprise» ou courbe en U. À cela s’ajoutent une évolution en W au cas où la pandémie serait de retour, ou encore en L avec une chute puis stagnation. Certains prétendent même que nous sommes à l’aube d’un nouvel ordre économique mondial! C’est dire l’interpellation que font les crises à l’égard de la véracité de la pensée économique. Et à chaque fois, l’économiste est interrogé sur l’utilité de son savoir pour le bon fonctionnement économique de la société. Lors de l’inauguration d’un nouvel immeuble de la London School of Economics en novembre 2008, la reine d’Angleterre avait annoncé: «C’est affreux, si les choses étaient aussi graves, comment se fait-il que personne ne les ait vues venir?». C’est dire que la réponse à cette interrogation est à chercher du côté du pouvoir prédictif des théories économiques contemporaines.

Les décideurs pris au dépourvu !
Compte tenu du caractère imprévisible de ladite crise, les décideurs ont été pris au dépourvu. Et quelle qu’en soit sa durée, les prochaines répercussions et l’ampleur des dégâts constatés ont dépassé de loin l’imagination des romanciers et scénaristes de «guerres biologiques et chimiques». En réalité, les effets néfastes de cette pandémie commencent déjà à se faire sentir. Le confinement a entraîné l’auto-isolement de trois milliards de personnes dans le monde. Cette population risque de perdre ses emplois ainsi que ses salaires. De plus, le ralentissement des échanges commerciaux et la paralysie des voyages et des loisirs ont bouleversé aussi bien les grandes entreprises (aviation, hôtellerie et tour-opérateurs) que les petites et moyennes entreprises de commerces et de services (restauration, transport, artisanat, événementiel…). Sur le plan sanitaire, le fait de déplacer l’offre de soins et de la concentrer pour contrecarrer la propagation du virus a réduit les chances d’accès aux soins de santé, surtout pour les personnes atteintes de maladies chroniques ou graves. Quant aux activités de l’économie informelle qui échappent -jusque-là- à l’observation et aux calculs des agrégats macro-économiques, elles risquent aussi d’atteindre le point de non-retour. Les répercussions entraînées par cette crise sont complexes, et d’aucuns estiment que les décisions prises par les gouvernements obéissent à un arbitrage entre la «santé des citoyens» et la «santé de l’économie». C’est pourquoi la compréhension du processus de décision et les logiques d’action des gouvernements passent par l’appréhension de la nature mêmes des rapports multiformes régissant les individus, les organisations privées et les gouvernements des États.

Les limites du «modèle mondialisé»?
Face aux défis majeurs qu’imposent les «états d’urgence sanitaire», les pays ont rapidement commencé à mettre en place une batterie de mesures incitatives et correctives. Il s’agit d’une prise en charge totale ou partielle des salaires du secteur privé, du décalage des dettes des foyers et des entreprises, aides directes aux plus démunis et baisse des taux directeurs des Banques centrales… Devant la baisse constatée de la demande (laquelle éprouverait un coup de lapin au 3e trimestre 2020), conjuguée à la perturbation des chaînes d’approvisionnement, chaque Nation use de ses marges de manœuvre. Le but étant d’amortir le choc sanitaire et économique en l’absence de toute concertation ou solidarité (le cas échéant de l’Italie). Et décidément, les limites du «modèle mondialisé» sont atteintes. L’apparition du nouveau coronavirus a mis à nu les fragilités de la mondialisation. Après avoir fait triompher son culte autoritariste pour maîtriser la pandémie, la Chine fait preuve de compassion comme un Bon Samaritain envers le reste du monde. Les États-Unis, depuis le déclenchement de crise, ont géré cette crie d’une façon hasardeuse tandis que l’Europe traverse l’épreuve la plus dramatique depuis la naissance de l’Union européenne. Cette dernière est incapable de prendre des décisions communes vu que la supranationalité comme modèle de gouvernance a échoué face à la globalisation et la poussée nationaliste. Quant aux pays émergents, les pays exportateurs d’énergie fossile subiront les plus grosses pertes. Par effet domino, les autres pays à revenu faible et intermédiaire connaîtront aussi le même sort à des degrés différents.

Le modèle libéral remis en cause
Les recettes «semi-cuites» des grandes puissances mondiales n’ont pas tardé à venir. Le G20, en «front uni», a décidé d’injecter 5.000 milliards de dollars dans l’économie et la finance mondiales. Les membres du G20 ont appelé dans leur communiqué final à la «solidarité», à la «transparence» et à «la coopération avec les institutions internationales pour rétablir la confiance, préserver la stabilité financière et ranimer la croissance». Cerise sur le gâteau, les pays en voie de développement seront appuyés à travers les institutions internationales pour faire face aux chocs sanitaires, économiques et sociaux du Covid-19. L’ordre de ces chocs n’est peut-être pas fortuit! Les États et institutions se trouvent pris dans une série d’étaux. Entre-temps, les citoyens remettent en question l’essence de la mondialisation. De plus en plus, cette globalisation n’a plus le pouvoir de changer la vie de millions de personnes et de les sauver de leur misère. La maxime fameuse du «laisser faire, laisser passer» de V. Gournay, emblème du libéralisme, est visiblement remise en cause. La doctrine libérale qui a triomphé depuis deux siècles comme ligne de pensée universelle n’est manifestement plus une panacée aux dysfonctionnements récurrents de l’ordre économique international. Elle place les problèmes sociaux et politiques qu’elle fait naître au second degré.

Un regain d’intérêt pour la pensée économique?
Si l’économie se résume à la quête d’une meilleure allocation des ressources de la nature et du travail, son rôle est aussi d’expliquer les faits économiques et d’apporter des solutions concrètes. Or, la discipline économique appartient au champ des sciences sociales de par les phénomènes dont elle traite. On le sait depuis au moins deux siècles, ces phénomènes ne sont jamais dans les faits purement économiques. Leur niveau de complexité exige de tout analyste une réelle combinaison de clés prenant en compte la multidimensionnalité du phénomène en rapport avec la multiplicité des acteurs en jeu. Par une alternance des angles de vue, les chercheurs en sciences sociales, en l’occurrence les politologues, sociologues, anthropologues… pourraient analyser les impacts de cette pandémie planétaire du point de vue des évolutions affectant plus durablement l’organisation des sociétés et des États. Les juristes, quant à eux, trouveront matière à réflexion autour de la notion de force majeure, imprévision, exception d’inexécution. Pour leur part, les laboratoires de recherche scientifiques, dirigés par les physiciens, biologistes, informaticiens… sont visiblement divisés entre recherche technique suffisamment rentable et recherche pure sensée préparer l’avenir. Qu’en est-il de la pensée économique ?

La pensée économique finira-t-elle par se renouveler?
Le mouvement de la pensée économique a toujours fonctionné selon un modèle paradigmatique à la Kuhn. Autrement dit, avec la crise, une pensée économique renouvelée émerge et, pour le moins, s’impose de facto. Cette crise sera franchie par le dépassement des problèmes posés avec l’adoption d’un nouveau «cadre» de pensée. Il s’agira d’un nouveau paradigme et d’une nouvelle matrice de «vérité». Or, selon Lakatos «la vérité repose sur le pouvoir»! Ce dernier, avec ses deux facettes (militaire et diplomatique), continue de façonner la création et la distribution des richesses entre Nations. Les économistes se sont très tôt intéressés au lien entre richesse des Nations et échanges commerciaux. Au total, quatre doctrines économiques selon Aron (le mercantilisme, le libéralisme, l’économie nationale et le socialisme) s’opposent par rapport à l’interprétation qu’elles font du commerce, cœur battant de l’économie. De l’avis des mercantilistes, le commerce est guerre alors que selon les libéraux, il est paix, à la seule condition qu’il soit libre. Quant aux économistes nationaux, il sera pacifique quand tous les pays seront développés tandis que pour les marxistes, il est guerre sous le capitalisme, mais il sera paix avec le socialisme. Or, trente ans après la chute du mur de Berlin, le libéralisme triomphant continue à relever les défis liés aux inégalités sociales, spatiales et climatiques.

Le «Tout Marché» rend le débat stérile
En outre, la gouvernance stratégique de l’économie mondiale repose de plus en plus sur une multitude d’intervenants avec divers degrés d’influence: États, acteurs supra-étatiques tels que les organisations intergouvernementales universelles ou régionales, organisations non gouvernementales, firmes transnationales, centres de recherche «think tanks», agences de notation, organisations professionnelles ou syndicales et médias. Comment ces acteurs de la gouvernance mondiale réagissent-ils face à cette crise sans précédent? Le point de départ est que le «Tout Marché», devenu une «pensée unique», a rendu le débat autour du savoir économique quasiment stérile. Pour bien comprendre les enjeux du Marché globalisé et des États, un retour vers le passé s’impose aussi loin qu’on veut pousser l’analyse. Selon Honoré de Balzac, «Un long avenir demande un long passé».

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L’histoire nous rattrape !
En se référant à cette citation, un constat assez frappant est toutefois établi: la quasi-majorité des grandes figures qui ont marqué l’histoire de la pensée économique ont pour point commun de développer leurs théories en temps de crise ou de guerre. C’est au livre V de «La Richesse des Nations» qu’A. Smith fait référence à l’art de la guerre en exposant l’évolution des origines de financements et de l’entretien de l’effort de guerre à travers l’histoire. Il conclura par l’identification de cette frange «non marchande de l’économie» qui deviendra plus tard l’économie publique, qu’il estime nécessaire pour garantir l’organisation de l’économie marchande. Quant à Thomas Robert Malthus, il s’est nettement démarqué du courant de la pensée économique classique. Il a décrète sa loi selon laquelle la population s’accroît de façon géométrique alors que les ressources et produits de subsistance eux, s’accroissent de manière arithmétique. Pour lui, la solution réside dans la guerre, les famines et les épidémies! Elles permettent, selon cet économiste et démographe, de lutter directement contre le problème de la surpopulation par les pertes humaines induites et engendre en conséquence une destruction du capital, donc à terme l’augmentation de la demande effective, et par conséquent, le niveau des richesses. Son premier article est intitulé «La Crise». Cette notion, rappelons-le, ne date pas d’hier! «Le système protecteur est conservateur, tandis que le système du libre-échange est destructeur» avait affirmé K. Marx dans son discours sur la question du libre-échange prononcé le 7 janvier 1848 à l’Association démocratique de Bruxelles. Il a même ironisé en disant: «En un mot, le système de la liberté commerciale hâte la révolution sociale. C’est seulement dans ce sens révolutionnaire, Messieurs, que je vote en faveur du libre-échange». Les plus grands économistes du 20e siècle (J. Schumpeter, A. Marshall, J.M. Keynes, F.V Hayek, J.R Hicks, I. Fisher, P. Samuelson, M. Friedman, J.K Galbraith, J. Tobin…) ont tenté, à travers un renouveau de la pensée économique, d’apporter des éléments de réponse aux problèmes économiques survenus à l’issue des deux guerres mondiales ou des crises planétaires majeures (le krach boursier d’octobre 1929, déclencheur de la Grande Dépression des années 1930, et la crise du système monétaire international de 1973). Dans une perspective keynésienne, les dépenses publiques coûteuses et contre-productives, conjuguées au fardeau de la dette supportée par les pays en période de crise, s’avèrent être aussi efficaces comme mécanique de relance économique! Le débat central depuis Keynes autour de l’interventionnisme étatique est devenu non seulement une base d’analyse sous l’angle curatif, mais aussi sous celui de la prévention des crises futures.

L’économie de crise !
Le 21e siècle a connu sa première grande crise financière et économique mondiale à l’automne 2008. Les économistes contemporains constatent l’incapacité des outils d’analyse économique (à ne pas confondre avec les instruments de mesure) à rendre compte d’une réalité Marché qui gagne chaque jour en complexité. Dans ce sens, ils iront même jusqu’à rompre avec quelques postulats de base de l’économie politique. Les chercheurs J. Stiglitz et G. Akerlof (co-Prix Nobel d’Économie 2001) appliquent, dans leurs modèles économiques, les notions de «marché imparfait» et d’«asymétrie d’information», en nette rupture avec la doctrine en vigueur des économistes néoclassiques. Pour sa part, R. Shiller a mis en doute le dogme de la rationalité absolue de l’acteur en économie, le célèbre «homo economicus». Il a montré que les marchés financiers obéissent d’abord à des mécanismes psychologiques irrationnels comme le mimétisme, l’orgueil, la crédulité et tout simplement le mensonge… N. Roubini, l’économiste controversé qui avait prédit la crise de 2008, surnommé Dr. Doom (Catastrophe) à cause de ses prédictions -le moins qu’on puisse dire- pessimistes, publie avec S. Mihm en 2010 «L’économie de crise: une introduction à la finance du futur»!

Vers une sortie de crise… Un triple constat
Quels enseignements tirons-nous de ce bref détour historique retraçant chronologiquement l’évolution de la pensée économique? Partant du postulat que toute quête de savoir en économie est d’abord un questionnement sur le processus de la formation de toutes les grandeurs économiques (richesse, prix, revenus, monnaie, emploi, endettement, inflation..), le premier constat est que l’évolution de la pensée économique dépend des corpus théoriques et doctrines en compétition où les conceptions se renouvellent au fil du temps. La réponse fournie par D. Villey nous paraît éloquente à plusieurs égards: «Une doctrine ne meurt jamais, elle dort». Le deuxième constat est que, désormais, le développement d’une Nation est réduit à sa plus simple expression: «le taux de croissance». Les gouvernements retiennent leur souffle à chaque annonce de ce fameux indicateur de richesse, le PIB (produit intérieur brut). Sauf que le PIB ne traduit pas le bien-être de la population qui dépend largement de sa répartition et des coûts écologiques supportés. Le troisième constat est que, face aux crises, la relance économique à laquelle toute Nation aspire demeure tributaire de la dualité offre/demande. Les crises récurrentes des économies du monde du fait des guerres ou des crashs de la finance sont le fait de modifications imprévues des conditions de production (choc d’offre) ou du niveau de la consommation (choc de demande). Pour rétablir l’efficience des marchés et renouer avec la croissance, une stimulation de la demande venant de l’augmentation de la quantité de monnaie peut plus efficacement dynamiser l’activité économique (approche keynésienne). À l’opposé, Friedman montre que l’intervention publique par une politique monétaire finit à terme par déstabiliser l’économie. La solution est du côté de l’offre (baisse des impôts et des cotisations sociales, salaires soumis à la concurrence du marché, régulation minimum des marchés..). Curieusement, ces deux courants doctrinaux continuent à conditionner la pensée économique. Pour relancer l’économie et rétablir l’équilibre, deux leviers sont devenus inéluctables: la politique budgétaire ou/et politique monétaire. Les politiques réglementaires viendront en support. En somme, il s’agit bien d’un exercice d’optimisation du dosage de ces politiques économiques. Mais au-delà, de ces mesures qui paraissent inévitables à court terme, il en faut davantage pour remonter la pente. Une Grande dépression se profile à l’horizon proche, un moment propice aux remises en cause qui lèveront le voile sur ce découplage entre théorie économique et politique économique.

La troisième voie :
l’égalitarisme libéral ou l’économie du bien-être collectif !
Les économistes ont depuis toujours montré un certain désintérêt au principe d’égalité dans leur approche Marché, qu’ils considèrent comme relevant de la sphère morale et philosophique. Pour L. Walras la répartition ne relève pas de cette économie pure, de nature scientifique, mais d’une «économie sociale», de nature morale. Son successeur, V. Pareto, conforte cette position: la situation économique optimale est atteinte lorsqu’aucun échange ne peut plus permettre d’augmenter l’utilité d’une personne sans que celle des autres ne diminue. La répartition des revenus est une donnée, pas une question économique. J.M. Keynes constate que «dans le monde économique où nous vivons […], la répartition de la fortune et des revenus est arbitraire et manque d’équité». F. Hayek conteste le terme même de justice sociale: vouloir corriger la répartition des revenus issue du marché, c’est décharger l’État de sa fonction de guide. Cet écart par rapport à la pensée économique égalitaire va rapidement être réduit depuis qu’Amartya Sen a été «nobélisé» en 1998 pour ses travaux sur l’indicateur de développement humain, mis en œuvre par les Nations Unies. J. Rawls, l’un des précurseurs de la pensée égalitaire ayant emprunté plusieurs concepts aux économistes, considère comme société juste celle où le sort des plus pauvres sert de boussole et où l’on fait en sorte qu’il soit le meilleur possible. Ce n’est que par cette voie qui place l’«Économie au service de l’Homme» -et non le contraire- que nous pouvons tirer le meilleur parti des progrès réalisés jusque-là et préserver l’avenir des générations futures.

 

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