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Covid-19: zones d’ombre autour de la pandémie

Covid-19: zones d’ombre autour de la pandémie

Pourquoi le nombre de morts est-il élevé malgré l’utilisation de la chloroquine ? Pourquoi les statistiques données ne sont pas ventilées par villes et par quartiers ? A-t-on suffisamment de dispositifs pour bien gérer la pandémie ? Plusieurs questions posées par les Marocains méritent des réponses…

Une simple lecture des chiffres sur le site (covidmaroc.ma) montre que les patients qui en sont guéris, au 1er avril à 14h00, sont au nombre de 26. Ce qui est «peu» en comparaison au nombre de cas confirmés, soit 638. Alors que les autorités sanitaires ont pris la décision souveraine d’utiliser la Chloroquine pour traiter les malades atteints du Covid-19, les résultats se font attendre alors que le nombre des morts est au nombre de 37. Nous n’avons pas de visibilité sur les cas traités par cette molécule et de ceux qui ont trouvé la voie de la guérison sans celle-ci. C’est pourtant crucial pour établir un bon diagnostic de la situation et surtout de l’efficacité de la chloroquine.

En Europe, les essais lancés il y a une semaine sur plus de 3.000 patients ont encore besoin de temps avant que leurs résultats ne soient livrés. Entre-temps, le très réputé professeur Didier Raoult, grand défenseur du traitement à base de chloroquine, est arrivé à des résultats très encourageants à Marseille. En Afrique, l’unique recours est à ce jour la chloroquine et ses dérivés comme l’hydroxychloroquine. Les pays africains ont l’habitude d’utiliser ce genre de médicaments pour soigner le paludisme sans pour autant souffrir des effets indésirables que certains ne cessent de brandir. Malgré les appels à la prudence lancés par l’OMS et la division de la communauté scientifique sur son efficacité, plusieurs pays du continent (dont le Maroc) considèrent qu’il s’agit d’une opportunité à ne pas négliger. Surtout face au manque de moyens. Le Maroc a, certes, choisi la voie de la sagesse en adoptant ce médicament mais la communication laisse à désirer quant à son effet, sa disponibilité ou encore le protocole utilisé. Toutefois, ce n’est pas la seule zone d’ombre en matière de gestion de la pandémie. Plusieurs questions émanant des internautes pointent vers l’absence de clarté quant aux traitements administrés et les conditions de confinement au sein des hôpitaux. Il n’y a pas, non plus, de visibilité sur les scénarios futurs et les solutions qu’il faut adopter. Toutes ces questions restent sans réponse alors que nous avons tenté d’approcher plusieurs responsables au sein du ministère de la Santé. Il y a aussi une demande très pressante de la part des internautes pour obtenir plus de détails sur la répartition géographique des malades. Jusqu’ici, les informations données sont ventilées par régions et non pas par villes ou par quartier. Même interrogation à propos des unités de dépistage rapide. Personne ne connaît à ce jour leur disponibilité ni encore si elles sont utilisées et où. Le dépistage se fait à l’Institut Pasteur de Casablanca, l’Institut national d’hygiène de Rabat et l’hôpital militaire de Rabat suivant le protocole du PCR (dépistage).

À noter que les Centres hospitaliers universitaires commencent aussi à effectuer de tels tests. Il s’agit du test standard, certes très fiable, mais aussi très lent puisqu’il faut attendre 24 heures pour connaître le résultat. Avec un maximum de 300 tests par jour, ces organismes risquent de se retrouver dépassés. Il faut savoir que c’est grâce au dépistage précoce, avant que le virus ne se propage, que des pays comme la Corée du Sud et l’Allemagne, ont pu avoir des résultats encourageants.

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Ce mercredi, le directeur de la Direction de l’épidémiologie au ministère de la Santé, Mohamed Lyoubi, a annoncé qu’un total de 100.000 tests de diagnostic rapide du coronavirus (Covid-19) sont actuellement en cours d’acquisition par le Maroc. Toutefois, a-t-il nuancé, ce volume ne peut être acquis en une seule fois, tout en signalant que le Maroc est en phase de diversification de ses techniques de laboratoire afin de couvrir le reste de la période de l’épidémie en termes de confirmation de diagnostics au laboratoire. Concernant le confinement, là aussi l’impact est loin d’être mesurable dans le court terme. Au niveau des hôpitaux, les conditions de l’isolement sanitaire ne sont pas standardisées ni d’ailleurs expliquées au grand public. On ne connaît pas le nombre de lits équipés de ventilateurs ni leur nombre par villes et par hôpital. Toutes ces questions et d’autres encore méritent des réponses pour alléger la psychose qui s’empare des Marocains.

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