Maroc

Covid-19. Oubliés, les malades du cancer ?

S’il y a un fait sur lequel tous les spécialistes de la santé s’accordent, c’est la vulnérabilité des personnes souffrant du cancer face au coronavirus. Les défenses immunitaires de cette catégorie de malades sont extrêmement faibles quand il s’agit de faire face au Covid-19, d’ou la nécessité de les mettre à l’abri de toute possibilité de contamination du virus.

L’Association marocaine d’oncologie thoracique (AMOT) veut faire de cette cause une priorité en proposant une série de recommandations pour la prise en charge des personnes atteintes du cancer du poumon, notamment durant la présente pandémie.


Les membres du bureau de l’AMOT ont axé leurs recommandations autour de trois points essentiels, à savoir la prévention de la contamination, la hiérarchisation des soins et l’organisation de la prise en charge thérapeutique des patients par les différents centres et services d’oncologie. Ainsi, pour éviter la contamination des patients, l’AMOT recommande une vigilance accrue à travers la prise de température et la recherche de symptômes respiratoires et digestifs de manière régulière, que ce soit pour les patients ou pour le personnel soignant et administratif. Les mesures de distanciation, de port de masque obligatoire et d’hygiène des mains accrue sont aussi à respecter.

Aussi l’Association recommande-t-elle de personnaliser et d’adapter les traitements afin de minimiser la fréquence de visite des centres hospitaliers ou cabinets par les patients, tout en indiquant les traitements les plus efficaces. Ces recommandations, partagées avec près de 400 cancérologues, devront permettre aux patients de poursuivre les traitements optimaux en évitant au maximum le risque de contamination au Covid-19.

Il faut noter qu’au Maroc, le traitement du cancer du poumon a connu des avancées thérapeutiques majeures, particulièrement avec l’avènement de l’immunothérapie et des thérapies ciblées, dans la mesure où elles permettent d’offrir une meilleure qualité de vie au patient, d’allonger son espérance de vie avec peu d’effets secondaires.

«Le cancer du poumon est aujourd’hui un problème de santé publique, étant le premier cancer en termes de fréquence et de mortalité chez l’homme au Maroc. En s’attaquant aux voies respiratoires, le Covid-19 constitue un risque majeur pour les patients atteints d’un cancer du poumon», a souligné Dr Nawfel Mellas, président de l’AMOT.

Et le professeur d’oncologie médicale à la Faculté de médecine et de pharmacie de Fès, par ailleurs chef du service d’oncologie médicale du CHU Hassan II de la même ville, d’ajouter qu’«Il nous a donc paru primordial de nous aligner sur les médecins traitants et de produire ces recommandations qui serviront de référentiel national pour une prise en charge optimale des malades atteints du cancer du poumon».

Fondée par des cancérologues marocains experts en oncologie thoracique, l’association participe activement à la lutte contre le cancer du poumon, en étroite collaboration avec les autres acteurs nationaux, en assurant un enseignement et une formation médicale continue à tous les cancérologues et à d’autres professionnels de la santé. Elle mène également des essais cliniques nationaux et participe à des essais cliniques internationaux ainsi qu’à l’élaboration de référentiels nationaux et la facilitation de la communication sur les traitements innovants. Enfin, elle participe à une réflexion nationale sur l’accessibilité des soins en oncologie thoracique.

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