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Covid-19. Les 5 recommandations de l’ONU, du HCP et de la Banque mondiale

Le Haut-commissariat au Plan, le Système des Nations Unies au Maroc et la Banque mondiale ont rendu publique, ce lundi, une «note stratégique». Celle-ci doit permettre d’approfondir la compréhension de l’impact socio-économique de la pandémie au Maroc et d’accélérer la reprise économique au profit, notamment, des personnes les plus vulnérables.

L’évolution de la situation économique et sociale du Maroc inspire le Haut-commissariat au plan (HCP), le Système des Nations Unies au Maroc (SNU) et la Banque mondiale (BM). En se basant sur quatre enquêtes et des analyses réalisées par le HCP ainsi que des rapports sur les perspectives économiques au Maroc de la BM, le trio a rendu publique, lundi 17 août, une «note stratégique» de 14 pages, «outil de travail» devant permettre de proposer une réponse socio-économique immédiate, à moyen et long terme, à la Covid-19 «pour que personne ne soit laissé pour compte».


Une série de recommandations
Concrètement, il s’agit de cinq fortes recommandations à même de permettre au Maroc de répondre aux besoins des personnes vulnérables, de protéger les emplois et les moyens de subsistance et d’assurer une reprise progressive et durable de l’économie. Dans un premier temps, le HCP, le SNU et la BM proposent au royaume de mettre en place un nouveau modèle d’équilibre économique et de développement durable, aligné sur la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), en tirant les leçons de la crise actuelle et en ne laissant personne de côté. Cette recommandation implique notamment de soutenir l’analyse de l’impact de la crise sur les différents secteurs, l’appui à la planification de la réponse économique et sociale ainsi que la gestion des ressources. Pour la deuxième recommandation, il s’agit d’innover dans la collecte et l’analyse des données. À ce propos, le Système des Nations Unies propose d’accélérer la mise en place de méthodes innovantes pour collecter, analyser et tirer des informations utiles des données socio-économiques nationales afin d’accompagner au mieux la prise de décision de manière éthique, scientifique et contextualisée. En troisième lieu, il s’agit de voir la crise comme une opportunité de renforcer la régionalisation avancée et de valoriser le rôle de la société civile. «Cette recommandation, en cohérence avec l’axe 5 du cadre de réponse socio-économique du secrétaire général des Nations Unies, s’applique d’autant plus en temps de crise où les stratégies nationales de réponse sectorielle ne peuvent être mises en place sans une planification et une budgétisation régionale renforcée», soulignent le SNU et ses partenaires. Pour ce qui est de la quatrième recommandation, il est attendu du Maroc qu’il accorde une attention particulière à l’évolution de la pauvreté multidimensionnelle et à la planification d’une réponse inclusive, même s’il faudra attendre la collecte de données plus précises afin de formuler une analyse approfondie à ce sujet. «L’estimation de la Banque mondiale concernant le recul du PIB (- 4%) implique une hausse de la pauvreté dont la proportion exacte reste à estimer, mais qui sera de toute évidence sensible», dira-t-on. Dès lors, il est urgent de planifier une réponse adaptée aux segments de la population les plus durement touchés par la crise, et donc les plus susceptibles de basculer dans la pauvreté, notamment les salariés des PME, les travailleurs indépendants, les travailleurs agricoles et les journaliers. Enfin, le trio insiste sur la nécessité d’investir dans la continuité des services publics de santé, d’éducation et d’administration durant et après la crise, lesquels constituent «l’unique filet social pour certaines populations, les plus vulnérables». Déjà, expliquent les rédacteurs de la note, certains indicateurs montrent un impact de la crise sur l’accès aux services de base, notamment sur le plan sanitaire où 30% des ménages éligibles aux services de consultations prénatales et postnatales (33% en milieu rural) ont dû y renoncer, selon l’enquête réalisée par le HCP en avril 2020 concernant les effets de la crise sur les ménages.

Un Maroc résilient?
En plus de ces recommandations, la note présente les actions entreprises par le Maroc, rappelant qu’avec un total de 25.574 membres pour le personnel de santé, selon la carte sanitaire du ministère de la Santé – secteur privé inclus- le Maroc a pris des mesures rapides et efficaces pour augmenter le nombre de lits de soins intensifs, le faisant passer de 1.640 à 3.000. La stratégie du pays consistant à augmenter progressivement sa capacité à tester la population et à rechercher les contacts potentiels, mettre en œuvre des restrictions de voyage puis fermer ses frontières, exiger des citoyens de limiter leurs déplacements et porter un masque, puis entrer et rester en confinement, s’est avérée efficace pour limiter la propagation du virus, soulignent le SNU et ses partenaires. Et d’ajouter que le royaume, qui a enregistré son premier cas de Covid-19 le 2 mars 2020, a décrété l’état d’urgence sanitaire le 20 mars alors que le pays ne comptait qu’une dizaine de cas. Depuis, la pandémie a suivi une évolution tendancielle maîtrisée, avec un taux de croissance quotidien moyen de l’ordre de 5,5%, une faible prévalence de moins de 1% et un taux de létalité moyen de 4% pendant la période de confinement. Après trois mois d’un confinement strict, les indicateurs épidémiologiques ont favorisé un déconfinement progressif par zone à partir du 10 juin 2020.


Lutte contre la Covid-19 : le Maroc, figure de proue en Afrique

Le rôle et la place du Maroc en Afrique érigent le pays en exemple de réponse rapide et efficace à la pandémie dont certains éléments pourraient être adaptés aux différents contextes des pays africains. Il faut rappeler que sur instructions royales, le Maroc a apporté une aide médicale à 15 pays africains (Burkina Faso, Cameroun, Comores, Congo, Eswatini, Guinée, Guinée-Bissau, Malawi, Mauritanie, Niger, République démocratique du Congo, Sénégal, Tanzanie, Tchad et Zambie) à travers l’envoi de 8 millions de masques, 900.000 visières, 600.000 coiffes, 60.000 blouses, 30.000 litres de gel hydro-alcoolique, 75.000 boîtes de chloroquine et 15.000 boîtes d’azithromycine. Ces équipements de protection et d’aide médicale sont fabriqués au Maroc par des entreprises marocaines et sont conformes aux normes de l’OMS. Malheureusement, la tendance actuelle est beaucoup plus préoccupante, marquée par une hausse importante des cas de contamination, d’où, peut-être, la pertinence des recommandations du HCP, du SNU et de la BM.

KHADIM MBAYE / Les inspirations ECO






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