Opinions

Covid-19: Faire front et jouer franc-jeu !


Abdeslam Seddiki
économiste et ex-ministre  de l’Emploi et des affaires  sociales 

Les informations au sujet de l’évolution de la pandémie du Covid-19 se développent et inondent l’ensemble des média. C’est à la fois une bonne et une mauvaise chose. Une bonne chose dans la mesure où elle traduit la mobilisation populaire et l’intérêt des citoyens par rapport à ce virus très dangereux et contre lequel nous n’avons, à ce jour, aucun remède. Une mauvaise chose dans la mesure où les lecteurs, à l’affût de tout ce qui porte sur ce sujet, finissant en dernière instance par n’y rien comprendre et se retrouveront plus déboussolés qu’avant. D’autant plus que plusieurs personnes s’érigent en experts et se mettent à donner des conseils en abusant de la liberté d’expression et des possibilités que leur offre les réseaux sociaux. On lit, ici et là moult, commentaires non seulement sur la maladie elle-même, mais aussi des spéculations stupides et infondées sur l’avenir de l’humanité et l’après coronavirus. Chacun donnera libre cours à ses fantasmes. Ne parlons pas de ceux qui y voient une «punition divine» envers les mécréants et un monde en dépravation !


Les bienfaits d’un État fort
Devant cette inflation de commentaires qui n’apportent aucune valeur ajoutée au problème auquel nous sommes confrontés, ne vaudrait-il pas mieux de rester lucide et de garder les pieds sur terre. Et que chacun d’entre-nous fasse ce qu’il sait faire et ce qu’il doit faire. À côté de ces élucubrations, on voit heureusement des choses sérieuses se produire au quotidien et des réalisations concrètes sur le terrain. D’abord, les hommes et femmes aux blouses blanches qui sont sur le terrain avec abnégation afin de prendre en charge les personnes contaminées et tout cela dans des conditions qui ne sont pas souvent idéales. Ensuite, les autorités, à tous les niveaux, travaillent sans relâche pour veiller à la continuité des services publics, assurer l’approvisionnement de la population en biens de première nécessité et contrôler le respect du confinement par tous, annoncer des mesures en faveur de l’entreprise et de la sauvegarde des emplois…. Force est de relever que le Maroc gère d’une manière optimale la situation. On ne peut que s’en réjouir. Cela ne relève pas du hasard. Mais c’est grâce à un commandement opérationnel et judicieux à la hauteur de l’ampleur de la crise. C’est justement dans des moments difficiles que l’on réalise l’importance d’un État fort et des instituions crédibles. En tant que citoyens, nous devrions continuer à faire confiance à ceux qui ont la charge de gérer la présente crise. En période de guerre, l’unité de commandement s’impose. Les jours et les semaines qui suivent sont déterminantes pour mener le bateau dans lequel nous sommes tous embarqués à bon port. Nous n’avons d’autre choix, si nous voulons éviter le naufrage, que de respecter scrupuleusement les règles de conduite et les consignes annoncées par le commandant de bord.

Faisons preuve de civisme !
On ne doit compter, dans cette épreuve, que sur nous-mêmes. C’est là une des particularités de ce virus. Face à cette épidémie mondiale, son traitement est «confiné» dans un espace national. Ce qui est un paradoxe de taille. Partout, c’est le «chacun pour soi» qui domine, et «coronavirus pour tous» ! À peine si les instituts de recherche qui travaillent sur le vaccin procèdent-ils à l’échange d’informations. Au contraire, on assiste à une course effrénée entre les grandes puissances pour avoir la prééminence de la découverte d’un traitement de ce virus. «Hélas, le nationalisme occupe les palais du pouvoir, à commencer par celui de Washington, et chaque pays s’enferme dans son coin. Médicalement, c’est discutable, heureusement que l’OMS fait la coordination des recherches. Économiquement, c’est irresponsable», commente un éminent éditorialiste. Espérons une sortie, de cette crise, par le haut pour qu’enfin les peurs, les angoisses et les émotions que nous aurons tous ressentis à un moment ou à un autre se transformeront en progrès sur la voie d’un mieux-être et d’un mieux-vivre. Pour l’heure, restons unis et solidaires.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Voir Aussi
Fermer
Bouton retour en haut de la page
Fermer