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Coopération énergétique : l’Espagne veut reprendre sa place auprès du Maroc

Teresa Ribera Rodriguez, vice-présidente du gouvernement espagnol et ministre de la Transition écologique et du défi démographique, a récemment proposé plusieurs pistes de relance de la coopération énergétique entre les deux pays.

L’Espagne veut, à nouveau, devenir le partenaire de choix du Maroc dans le domaine énergétique. Sentant qu’il est en train d’être dépassé par certains de ses voisins européens, comme le Portugal et surtout l’Allemagne qui a résolument pris la décision de faire du Maroc un de ses fournisseurs privilégiés d’hydrogène et de produits dérivés, la vice-présidente du gouvernement espagnol et ministre de la Transition écologique et du défi démographique, Teresa Ribera Rodriguez, a engagé l’offensive pour relancer la coopération énergétique entre les deux pays. Lors d’un entretien en visioconférence, tenu jeudi dernier, avec son homologue marocain Aziz Rabbah, ministre de l’Énergie, des mines et de l’environnement, elle a proposé une kyrielle de pistes pour activer cette relance. Pour commencer, elle a d’abord proposé d’activer la mise en œuvre du mémorandum d’entente pour l’établissement d’un partenariat stratégique dans le domaine de l’énergie entre les deux pays.


Redynamiser la gouvernance
Pour ce faire, le Comité de partenariat énergétique (CPE) institué par ce mémorandum tiendra sa première réunion dans les prochaines semaines. L’idée est de faire au moins pareil, sinon mieux que le Comité de pilotage institué dans le cadre du Partenariat énergétique maroco-allemand (PAREMA). Ensuite, Teresa Ribera Rodriguez et Aziz Rabbah ont discuté de pistes de coopération d’intérêt commun, telles que le gaz naturel, l’interconnexion électrique entre les deux pays, le partenariat dans le domaine de l’hydrogène ainsi que la concrétisation de la Déclaration conjointe de la feuille de route sur le commerce d’électricité à base d’énergies renouvelables, signée entre le Maroc, l’Espagne, le Portugal, la France et l’Allemagne, en marge de la COP22, tenue à Marrakech en novembre 2016. Concernant le gaz naturel, les deux parties ont réitéré leurs volontés communes de donner une nouvelle impulsion aux discussions relatives aux flux bidirectionnels du gaz naturel et relancer les études déjà entamées à ce sujet, en invitant ainsi les opérateurs des deux pays en charge de ce projet stratégique, à discuter des moyens susceptibles d’accélérer sa mise en œuvre. À propos de l’interconnexion électrique, les deux ministres ont convenu d’activer la mise en œuvre du mémorandum d’entente relatif au développement d’une troisième interconnexion électrique Maroc-Espagne. Ils ont aussi appelé à intensifier les activités du groupe de travail constitué de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et de «Red Electrica».

Investir le créneau de l’hydrogène
Quant à la coopération dans le domaine de l’hydrogène, un domaine nouveau où tous les pays européens cherchent actuellement à se positionner, les deux partenaires ont souligné l’importance de s’engager dans ce nouveau créneau. Ils ont notamment proposé que des contacts soient établis par les autorités marocaines compétentes avec leurs homologues espagnoles afin d’examiner toutes les possibilités de coopération offertes dans ce secteur. À noter que cette rencontre s’est déroulée en présence des directeurs de l’Office national des Hydrocarbures et des mines (ONHYM), Amina Benkhadra et de l’ONEE, Abderrahim El Hafidi. Elle fait partie d’une série de consultations entre les deux ministres, dont la dernière s’est tenue en juin dernier, pour donner un nouvel élan à la coopération stratégique existant entre le Maroc et l’Espagne, qui s’inscrit dans une vision d’intégration régionale plaçant les deux pays comme deux points de connexion entre l’Europe et l’Afrique.

Aziz Diouf / Les Inspirations Éco






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