Éco-Business

Confinement et hausse des prix: une double peine pour les citoyens

Rien ne semble pouvoir arrêter la montée en flèche des prix de certains produits alimentaires comme les fruits et légumes ainsi que les légumineuses. Si les vendeurs lient cette situation à la rareté de certains aliments sur les marchés, les consommateurs, eux, pointent du doigt l’absence de mesures répressives contre les contrevenants.

Ainsi, à Casablanca, comme dans d’autres villes, le pouvoir d’achat des ménages continue de s’effriter en raison des fluctuations des prix qui restent souvent difficilement contrôlables en raison de la forte demande se traduisant par une rupture des stocks même dans les grandes surfaces comme c’est notamment le cas pour les légumineuses, les pâtes, et la farine (blé tendre et blé dur). Le principal fait marquant reste sans aucun doute la problématique du stockage des produits qui concerne aussi les consommateurs. L’exemple fourni par les perturbations enregistrées pour l’approvisionnement en bonbonnes de gaz et les consignes qui ont été données de ne vendre qu’une seule unité pour un seul consommateur ont permis d’atténuer les perturbations engendrées par l’achat de plusieurs bonbonnes par un seul ménage.


Les solutions envisageables ?
Les circonstances exceptionnelles que vit le pays ne signifient nullement que l’État devra rester les bras croisés devant cette situation qui porte un coup fatal au pouvoir d’achat des ménages durant cette période marquée par les préparatifs des ménages pour le mois sacré du ramadan. Le gouvernement ne veut pas perdre de vue durant cette période cet enjeu de taille qu’est la protection des consommateurs. La commission englobant l’ensemble des départements ministériels et présidée par l’Intérieur est passée à la vitesse maximale en matière de mobilisation des administrations territoriales pour le contrôle des prix ainsi que pour l’accélération du processus de la réception des plaintes relatives au non respect des droits élémentaires des consommateurs. Le gouvernement devra aussi assumer pleinement son devoir en matière de contrôle des prix à un mois de l’avènement du mois sacré pour faire face aux éventuels cas de fraude ou de monopole.

De leur côté, les consommateurs sont dans l’obligation de dénoncer les abus, le monopole et la commercialisation de produits alimentaires impropres à la consommation via le numéro de téléphone national 5757 dédié à la réception des réclamations et observations des consommateurs par le ministère de l’Intérieur ou les autres numéros de téléphone mis en service durant cette période.

En tête de listes des options offertes actuellement aux consommateurs se trouve la mise en service des guichets des consommateurs dans les différentes régions ainsi que le portail «www.khidmat-almostahlik.ma» qui est opérationnel pour recevoir et traiter toute plainte en lien avec l’approvisionnement des marchés et la qualité des produits mis en vente et leurs prix de vente.

Les enquêteurs au niveau des régions effectuent, pour leur part, des enquêtes quotidiennes au niveau du marché local ainsi que des sondages auprès des producteurs et des importateurs des produits transformés les plus consommés, essentiellement le sucre, le thé, le lait, l’huile alimentaire et le beurre pour s’assurer de l’abondance de ces produits et de leurs prix. Il est à noter que la liste des produits les plus surveillés englobe les dattes, les boissons et des jus, le lait et les produits laitiers, les viandes et les poissons, la farine et dérivés ainsi que d’autres denrées alimentaires parmi les plus consommées au cours du mois sacré.

La veille assurée
En plus du gouvernement, le tissu associatif ainsi que le Conseil de la concurrence seront étroitement liés aux mesures destinées à assurer une veille efficace. Durant cette étape, toute hausse artificielle des prix tombe sous le coup de la loi sur la concurrence, notamment envers les opérateurs et les agents du circuit économique qui tentent de profiter de l’effet psychologique de l’épidémie sur le comportement des consommateurs. En ligne de mire se trouvent tous les agissements qui faussent les normes de l’offre et de la demande ainsi que les pratiques illicites qui peuvent résulter du circuit informel et porter atteinte au pouvoir d’achat des ménages durant cette période. L’abus peut également consister en un refus de vente ou dans certains cas de ventes discriminatoires qui imposent aux consommateurs des conditions commerciales injustifiées. Enfin, la lutte contre le stockage clandestin devra, quant à elle, tenir compte des exigences imposées par le souci de protéger les commerçants qui n’ont recours à aucun procédé illégal pour provoquer la hausse des prix et restent jusqu’à présent en parfaite conformité avec la loi et les us du commerce. 


Le dispositif de la sécurité sanitaire

Le dispositif de vigilance porte sur le contrôle des mentions imposées dans les emballages des produits commercialisés, essentiellement les conserves et les boissons conditionnés en plus des produits à base de céréales. En plus des produits qui concernent la restauration collective, la date limite de consommation devra être mentionnée pour les produits très périssables mais qui ne couvrent pas les produits emballés sur le lieu de vente à la demande du consommateur ou ceux préemballés en vue de leur vente immédiate à un consommateur final. Les mentions obligatoires d’étiquetage doivent aussi être imprimées directement sur leur emballage lorsqu’ils sont destinés à la vente aux consommateurs ou aux boulangeries. Les nouvelles mesures portent sur l’ensemble de la chaîne de valeur allant de la production au traitement en passant par l’emballage, le conditionnement, la distribution, la conservation et l’entreposage.

Tags

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer