Culture

Confinement: douce nostalgie cinématographique avec Jane Campion

Première femme de l’histoire à recevoir une Palme d’or, qu’elle rafle pour «The Piano» en 1993, la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion raconte la femme comme personne. Ses films sont des portraits de femmes multidimensionnels et complexes. Le confinement est l’occasion de découvrir ou redécouvrir des œuvres débordantes d’humanité.

Un ange à ma table (1990)
La femme et les mots


C’est l’histoire d’une femme, issue du milieu ouvrier, qui se retrouve internée pendant sept ans. Elle doit sa libération à la notoriété que lui ont apporté ses récits. «Un ange à ma table» est l’adaptation des trois autobiographies rédigées en 1983, 1984 et 1985 par l’écrivaine néo-zélandaise Janet Frame. «L’analyse sincère que Janet Frame a faite de son enfance et de sa vie m’a poussée à réexaminer la mienne et je me suis rendue compte que plusieurs souvenirs douloureux et amusants, revisités à la lumière du courage et de l’honnêteté de Janet, ne m’ont pas semblé aussi laids et embarrassants», avait confié Jane Campion, admiratrice de longue date de l’auteure, qui a tant voulu adapter sur grand écran «To the Is-Land», «An Angel at my Table» et «The Envoy from Mirror City». Un film d’une rare humanité porté par un beau casting formé par Kerry Fox, Alexia Keogh, Karen Fergusson.

La leçon de piano (1993)
Passion silencieuse

Chef-d’œuvre qui met en scène deux grands acteurs, Holly Hunter et Harvey Keitel, la Leçon de piano a séduit Cannes et le monde en 1993, devenant un classique du cinéma. Ada, mère d’une fillette de neuf ans, s’apprête à partager la vie d’un inconnu, au fin fond du bush néo-zélandais. Son nouveau mari accepte de transporter toutes ses possessions, à l’exception de la plus précieuse: un piano, qui échoue chez un voisin illettré. Ne pouvant se résigner à cette perte, Ada accepte le marché que lui propose ce dernier: regagner le piano touche par touche en se soumettant à ses fantaisies. Intense et touchant, le film prend au cœur et au corps. Il est à voir et à revoir en cette période de confinement pour la beauté du geste, l’exécution subtile, la photographie incroyable, la musicalité de la mise en scène et surtout la complexité touchante de ses personnages.

Portrait de femme (1996)
La femme dans toute sa splendeur

Rarement un film ne sera allé aussi loin dans l’exploration de la complexité féminine. Sûrement le plus beau rôle que la réalisatrice ait offert à Nicole Kidman. Portrait de femme est une œuvre troublante et fascinante avec un John Malkovich magnétique. À la fin des années 1800, Isabel Archer, jeune Américaine en visite chez ses cousins anglais, choque son entourage par son esprit libre et aventureux. Son cousin Ralph, phtisique incurable, l’aime en secret. Elle part à Florence où une amie la jette dans les bras de son amant, Gilbert Osmond. Isabel l’épouse. Quelques années plus tard, elle découvre qu’elle a été manipulée. Elle affronte son mari et retourne auprès de Ralph, qui lui avoue son amour sur son lit de mort.

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