Culture

Cinéma marocain: deux reco’ pour le confinement

Pour mieux vivre le confinement, le Centre cinématographique marocain (CCM) a eu l’idée de mettre en ligne 25 films de réalisateurs nationaux jusqu’au 19 mai. Toutes les 48h, un nouveau film est à découvrir. Zoom sur deux œuvres…

L’Orchestre des aveugles
(28-29 avril)


Le film inspiré de Mouftakir

Il s’agit certainement du film le plus personnel du réalisateur marocain Mohamed Mouftakir. Le deuxième long métrage du réalisateur de Pégase et de l’Automne des pommiers avait séduit en 2015 avec cette histoire touchante de musiciens obligés de se faire passer pour des aveugles afin d’animer des soirées réservées aux femmes. Le tout, dans la tourmente des Années de plomb. Sous ses airs de film divertissant et musical, l’Orchestre des aveugles est un drame se jouant durant les Années de plomb au Maroc. Une famille colorée, une grande maison bien remplie où un orchestre populaire joue, semble être heureuse et épanouie. Houcine est chef d’orchestre et père comblé. Son fils doit réussir dans la vie, il fera tout pour. Younès Megri est touchant dans ce rôle taillé pour lui, et le petit Ilias El Jihani est la révélation de ce film. Mouna Fettou, sublime en épouse qui tient la maison, et Mohamed Bastaoui est époustouflant dans cette œuvre. Une galerie de personnages hauts en couleurs s’y croisent au rythme de la vie de l’orchestre et de ses danseuses traditionnelles, les cheikhates. Un régal de se plonger dans cet art ancestral, trop peu traité au cinéma. Mais cet orchestre a une particularité. Les musiciens, tous des hommes, sont parfois obligés de se faire passer pour des aveugles afin de jouer dans les fêtes réservées aux femmes dans des familles conservatrices marocaines. Cela donne lieu a des situations drôles. Mais cette ambiance joviale est rattrapée par la triste réalité. Si l’orchestre joue pour son nouveau roi et en est fier, l’un des frères de la famille, campé par le brillant Fehd Benchemsi, est un opposant au régime. Le tout, sans oublier les premiers émois du petit Mimou, à travers le regard duquel on se fait les témoins d’un difficile pan de notre histoire.

Zéro
(18-19 mai)

Quand Lakhmari scanne Casablanca la nuit

Deuxième volet de la trilogie composée de «Casa Negra» et «Burn Out», Zéro est un film sur Casablanca la nuit à travers un flic raté que l’on surnomme Zéro. Un film qui a marqué les esprits, porté par l’excellent Younès Bouab, le courageux Said Bey, le charismatique Mohamed Majd et la sophistiquée Sonia Okacha. Nour-Eddine Lakhmari, fasciné par la ville blanche, propose un portrait noir de Casablanca. Il avait déjà commencé dans «Casa Negra», premier volet de la trilogie. Dans «Zéro», la caméra suit de près Amine Bertale, 35 ans, policier surnommé Zéro par ses collègues pour sa lâcheté et son attitude je-m’en-foutiste. Il s’occupe d’un père malade, qui l’a humilié toute sa vie et pour qui il n’est pas assez bien. Des humiliations qu’il essuie partout, surtout dans le milieu professionnel où son supérieur hiérarchique le traîne dans la boue. Cela le pousse à jouer les anti-héros dans les rues et à collaborer avec une jeune femme de 20 ans, Mimi, pour arnaquer des hommes avides de jeunes prostituées. Zéro et Mimi arpentent ainsi les rues de Casablanca chaque nuit pour trouver de nouvelles victimes, jusqu’au jour où le policier malgré lui rencontre une mère désemparée par la disparition de sa fille. Refusant tout d’abord cette affaire par lâcheté, l’amour de Kenza, une femme médecin qui changera sa vie, lui donnera des ailes. Commencera alors sa croisade contre un univers dur et impitoyable, un monde aux valeurs perverties par l’attrait de l’argent et la fascination du pouvoir: l’univers de la prostitution des mineures.

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