Culture

Cinéma: la vérité selon Truffaut

Son cinéma est une leçon d’humanité. Dans ses films, il ne s’agit jamais de faire la différence entre le bien et le mal mais de comprendre l’humain qui peut prétendre théoriser sur le sujet. Truffaut raconte l’amour, l’enfance, la femme, la psychologie de l’homme comme personne. Ses œuvres sont des énigmes où les mots ont tous un sens et où l’image a une direction. Zoom sur quatre films qui vieillissent tellement bien.

«Les 400 coups» (1959)
Quel chef-d’œuvre. Premier film de Truffaut qui se veut assez biographique, tout tourne autour d’un enfant perdu. Le réalisateur raconte la vie dans les yeux d’un adolescent qui n’a pas le droit à l’erreur, où chaque bêtise n’est pas permise et a bien des conséquences. Les «Quatre cents coups» est dédié à André Bazin. Ce dernier avait recueilli et aidé le jeune François Truffaut alors qu’il traversait une période très difficile. Il était considéré comme un père par le cinéaste. Très influent critique de cinéma de l’après-guerre, c’est lui qui a lancé la carrière du réalisateur aux Cahiers du cinéma. André Bazin décède en 1958, le premier jour du tournage des «Quatre cents coups» dont il n’aura jamais vu aucune image. Jean-Pierre Léaud fut recommandé à François Truffaut par un de ses amis. Le jeune adolescent était le fils d’un assistant-réalisateur. Comme Truffaut plus jeune, il traversait une enfance turbulente, ce qui les rapprocha tous les deux. Le cinéaste fut conquis par son côté «gouailleur» et l’engagea pour jouer le rôle principal de son premier film après plusieurs essais. C’est le début d’une longue collaboration entre l’acteur et le réalisateur.


«Jules et Jim» (1961)
Dans un tout autre registre, le réalisateur français raconte l’amour autrement. Un triangle amoureux formé par Jules, Jim et Catherine tentera de faire comprendre aux téléspectateurs que les sentiments ne sont pas toujours ou blanc ou noir. En 1955, François Truffaut est un critique de cinéma. Un jour, il tombe sur un roman intitulé «Jules et Jim». Immédiatement, il tombe sous le charme de ce récit qui, malgré son caractère scabreux, narre une histoire d’amour très pure. Il le mentionnera dans la revue Art, mettant en avant la modernité du livre. De fait, il établit une correspondance avec l’écrivain Henri-Pierre Roché, ému par les louanges du jeune journaliste. Ce n’est que quelques années plus tard que François Truffaut, fort du succès des «Quatre cents coups» décidera de porter à l’écran cette relation amoureuse triangulaire. Par la suite, il adaptera pour le grand écran un autre de ses romans, «Les deux Anglaises et le continent» en 1971. Le film qui fait connaître la magnifique chanson «Le tourbillon de la vie», met en scène une Jeanne Moreau parfaite en Catherine, femme forte et intense.

«La sirène du Mississipi» (1969)
Une des plus belles affiches du cinéma : Deneuve et Belmondo, qui dit mieux ? C’est l’ histoire d’un mariage arrangé entre un homme riche et une femme de toute beauté d’apparence sans histoires mais ce ne sont que les apparences. La sirène du Mississippi est l’unique film dans lequel Jean-Paul Belmondo tourne sous la direction de François Truffaut mais ce n’est pas la première fois que Belmondo travaille avec un réalisateur issu de la nouvelle vague. L’acteur s’est illustré dans deux films emblématiques du mouvement, «Pierrot le fou» (1959) et «À bout de souffle» (1965) de Jean-Luc Godard. Le scénario d’«À bout de souffle» est signé Godard et Truffaut. Le romancier William Irish, connu également sous le nom de Cornell Woolrich est régulièrement adapté au cinéma. Truffaut s’inspire de lui et raconte son histoire au cinéma avec beaucoup de grâce. Il dirige Deneuve qu’il retrouve en 1980 dans le «Dernier Metro».

«L’homme qui aimait les femmes» (1977)
Film satirique et dur tout en restant L’un des films les plus personnels de Truffaut où il se livre, peut-être, sur son amour pour les femmes. Un film brillant et fin où on ne juge pas, où l’on explique, l’on tente de faire comprendre. Dans la tête d’un homme. Avant de confier le rôle principal de «L’homme qui aimait les femmes» au comédien Charles Denner, François Truffaut l’a engagé pour des rôles secondaires dans «La mariée était en noir» en 1967 et «Une belle fille comme moi» en 1972. Un rôle sur mesure pour Denner qui porte ce film sur ses épaules. François Truffaut a écrit le rôle de Geneviève pour Brigitte Fossey. Dans un entretien accordé en 2012, l’actrice raconte que le cinéaste l’a appelé pour lui demander de lui permettre d’écrire un film pour elle. «On ne m’avait jamais dit une chose aussi belle. J’ai pensé que c’était une plaisanterie, j’ai cru qu’il n’allait pas me rappeler. Il voulait me donner le rôle d’une personne qui initie un livre et qui est capable d’influencer car il savait que ça m’était arrivé deux ou trois fois dans la vie», précise la comédien.

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