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Céréales. Fort rebond du transit portuaire, mais…

Pour compenser les résultats de la campagne agricole de cette année, le Maroc a ouvert les vannes de l’exportation des céréales, exonérant les opérateurs des droits de douanes liés à cette activité. Résultat, le trafic portuaire des céréales a connu un niveau exceptionnel, à la fois en termes de volumes traités et en nombre de navires céréaliers reçus par les ports gérés par l’Agence nationale des ports (ANP).

Ainsi, les ports spécialisés dans le traitement de ce trafic (Nador, Casablanca, Jorf Lasfar, Safi et Agadir) ont assuré le transit de 3,5 millions de tonnes, marquant un fort rebond de 38% en comparaison avec la même période de l’année écoulée, souligne l’ANP, précisant que activité a été marquée par une forte concentration aux ports de Casablanca et Jorf Lasfar, qui ont traité respectivement 54% et 22% du trafic global des céréales. Évidemment, la gestion de ces flux a nécessité une forte vigilance pour faire face à une situation de pointe exceptionnelle, note la même source.

«La mobilisation a été totale pour assurer un encadrement de proximité des opérations d’accueil et de traitement des navires de céréales», indique l’agence nationale dans un communiqué de presse.

Dans le détail, l’encadrement mis en œuvre par l’ANP pour assurer la continuité de l’approvisionnement du pays en céréales s’est matérialisé, entre autres, par l’adaptation des leviers de régulation en vigueur, notamment la décision n°30 relative au traitement des navires céréaliers sur les quais banalisés à compter du 21 mars dernier. Ladite décision a permis de répondre efficacement aux spécificités du moment d’une part, et d’acter une harmonisation et une généralisation des nouvelles règles aux autres ports assurant le transit du trafic des céréales d’autre part, dira-t-on.

L’une des décisions importantes prises par l’ANP pour améliorer les conditions de transit portuaire des céréales consiste en le renforcement de l’offre portuaire par l’ouverture, en plus des terminaux spécialisés, de quais banalisés au trafic des céréales. Ceci a permis de porter le nombre de quais pour le traitement des navires céréaliers à cinq voire à sept postes au port de Casablanca (au lieu des deux postes spécialisés des silos dédiés à ce trafic) et à deux postes dans les autres ports (au lieu d’un seul poste des silos).

Dysfonctionnements
Ce nombre n’est pas figé et reste adaptable quand cela est nécessaire, en fonction des conditions d’exploitation de chaque port et de la situation des navires, toutes catégories confondues, en attente au niveau de la rade. De plus, les services portuaires ont connu un saut qualitatif, puisque les cadences de manutention au port de Casablanca, à titre d’exemple, ont marqué un fort rebond de 23%, avec un rendement moyen de 10.000 tonnes/navire/jour, contre environ 8.100 tonnes/navire/jour durant la même période de l’année écoulée. Au niveau des terminaux spécialisés, ces cadences peuvent atteindre 13.000 tonnes/navire/jour, précise l’ANP.

Mais le processus de transit portuaire des céréales aurait pu enregistrer des performances plus importantes avec une mobilisation et une réactivité positives de l’ensemble des acteurs de la filière, selon l’ANP, qui regrette la non-conjugaison des efforts des différents acteurs, d’autant plus nécessaire que l’efficacité globale de la chaîne de transit dépend de la concordance des opérations de déchargement des navires, de la durée de stockage dans les silos et du rythme d’évacuation des cargaisons en dehors de l’enceinte portuaire.

Malheureusement, de nombreux dysfonctionnements liés principalement à l’accélération des rythmes d’évacuation des cargaisons ont engendré un ralentissement des opérations de déchargement, le prolongement des délais de séjour des navires à quai et, par voie de conséquence, de longues attentes de navires en rade. Leur prise en charge, conjuguée aux efforts déjà entrepris pour augmenter la capacité d’accueil et de stockage, permettra et d’améliorer le processus de transit portuaire des céréales, et de faire face au grand nombre d’arrivées attendues des navires céréaliers, affirme l’ANP.

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