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Botola Pro. Le limogeage des coachs, l’autre sport national

Botola Pro. Le limogeage des coachs, l’autre sport national

C’est devenu un marronnier du championnat marocain. Plusieurs coachs sont remerciés par leurs clubs respectifs en milieu de saison, et ce n’est pas les raisons qui manquent. Entre défaites consécutives et disqualification de la course pour un titre, les dirigeants arrivent toujours à trouver une raison pour licencier leurs entraîneurs.

Après le départ de l’ancien coach du FUS de Rabat, Oualid Regragui vers le club qatari de Duhail, le total des entraîneurs qui ont quitté le banc cette saison était de 16. Si ce départ a été sujet à consensus entre le club et son coach, cela n’a pas toujours été le cas des ruptures de contrats des coachs au Maroc. Certains entraîneurs préfèrent abandonner le navire en démissionnant, d’autres attendent d’être virés pour recevoir des indemnités ou attendent de bons résultats pour pouvoir se racheter.

Regragui, l’exception
La gestion administrative et sportive du FUS demeure un cas exceptionnel dans la Botola. Le club est parvenu à conserver son entraîneur durant près de cinq ans. La moyenne d’un coach sur le banc d’une équipe marocaine n’est que de six mois, selon les chiffres de Saf Maroc. Certes, les résultats plaident pour l’ancien arrière droit de l’équipe national (une Coupe du trône et le premier championnat de l’histoire du club), mais certains passages à vide de l’équipe ont été couverts par les dirigeants fusistes.

Cette entente entre le comité directeur du FUS et son entraîneur s’est exprimée, lors de la démission de Regragui. En effet, le club n’a pas voulu recevoir d’indemnité de rupture de contrat de la part de son ancien coach ni de son nouveau club. La loi, rappelons-le, oblige le coach et les clubs à payer l’intégralité du montant correspondant à la durée restante du contrat liant les deux parties. Mathématiquement, Regragui devait s’acquitter d’un montant de près de 2 millions DH pour être libre. Un montant refusé par le FUS, qui a préféré encourager son coach dans sa nouvelle aventure.

15 coachs, mille raisons
Cette relation entre le FUS et Regragui fait figure d’exception au sein des équipes de la Botola. Petits et grands clubs ne se privent pas de renvoyer en touche un coach au bout de quelques matchs à moins que celui-ci ne décide de partir de lui-même. C’est le cas, par exemple, de Hicham Demiî, l’ancien entraîneur de l’IRT de Tanger. Ce dernier a préféré jeter l’éponge en assurant que “l’ambiance au sein du club et du vestiaire et la relation tendue avec les supporters ne lui permettraient plus de réaliser de bons résultats”. Demiî a remplacé l’Algérien Nabil Nghiz, limogé en début de saison à cause des mauvais résultats du club. Depuis, Juan Pedro Benali a pris en main le destin de l’IRT et devrait continuer la saison avec le club tangérois.

Dans la même veine, Mohamed Fakhir a été le 14e entraîneur à être démis de ses fonctions cette saison. Et cette fois, ce sont les supporters qui sont parvenus à faire pression sur les dirigeants du HUSA. En effet, le Hassania d’Agadir a décidé de rompre unilatéralement son contrat avec le coach le plus titré au Maroc prétextant un cas de force majeure, en raison des protestations et des menaces pesant sur l’intégrité physique du coach. Fakhir n’a rien voulu entendre et a refusé tout accord à l’amiable, décidant de porter plainte auprès de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) pour recevoir l’intégralité du montant stipulé dans son contrat. Dans les milieux sportifs et médiatiques, le montant qui circulait avoisinait les 15 millions DH.

Limogé sans jouer le moindre match
Avant le début de l’actuelle saison de football, certains entraîneurs ont été licenciés même sans avoir officiellement pris leurs fonctions. Les responsables du Maghreb de Tétouan avaient licencié l’entraîneur Tariq Sektioui, tandis que Hicham Demiî a préféré quitter l’Olympique de Safi en raison de sa situation financière difficile.

La saison de licenciement des entraîneurs a commencé tôt après que la Renaissance de Berkane a renoncé à son entraîneur, Mounir Jaouani, en le remplaçant par Tarek  Sektioui. La RSB a été éliminée des seizièmes de finale de la Coupe du Trône contre la jeunesse d’Atlas Khenifra. Un club de deuxième division.

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La série de licenciements des entraîneurs s’est poursuivie après cela. Le Rapid Oued Zem s’est séparé de son entraîneur Hassan Benabicha et a engagé le Tunisien Mounir Chabil. Les deux clubs casablancais phares sont aussi dans la liste des formations où le turn over de coachs est élevé. Durant cette dernière année, le Raja de Casablanca a éjecté le Français Patrice Carteron et l’a remplacé par Jamal Salami et le WAC a aussi remercié son technicien serbe Zoran Manolovic et a nommé Sebastien Desabre à sa place. Les deux clubs ont justifié leurs décisions par les mauvais résultats de leurs premières équipes respectives.

Petits et grands clubs
L’OCK a suivi le chemin emprunté par les équipes susmentionnées. L’Olympic Khouribga s’est dispensé de Rachid Taoussi et l’a remplacé par le Tunisien Ahmed Elajlani. Outre l’IRT de Tanger, un autre club a vu passer trois coachs sur son banc de touche, au cours de cette saison. Il s’agit du Raja de Beni Mellal, qui a démarré la saison avec Mourad Falah avant de le remplacer par Aziz El-Amri, celui-là même qui décidera de claquer la porte en raison de l’ambiance au vestiaire. L’ancien wydadi Mohammed Madihi a ensuite pris les rênes de l’équipe, en principe jusqu’à la fin de saison.

Pour sa part, le nouveau promu Nahdat Zemmamra a limogé son entraîneur, Youssef Fartout, en raison des mauvaises prestations de l’équipe. Son remplaçant, Said Chiba est aussi sur la sellette pour les mêmes raisons. Badou Zaki, quant à lui, a préféré quitter le DHJ d’El Jadida pour rejoindre la direction technique nationale. L’Algérien, Abdelkader Amrani, a pris son relais.

En somme, seuls deux clubs ont maintenu leur entraîneur cette saison : l’AS FAR de Rabat et MCO d’Oujda. L’AS FAR fait confiance à son coach qui le lui rend bien. Le club rbati pratique un football plaisant malgré la faible moyenne d’âge de l’effectif et construit une équipe compétitive pour la prochaine saison tandis que les Oujdis ont trouvé la bonne pioche en la personne de l’Algérien, Abdelhak Benchikha. Le MCO d’Oujda pointe actuellement à la troisième place du classement de la Botola Pro.

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