Culture

Aziz Saadallah : l’homme de théâtre à l’humour littéraire s’en est allé

Aziz Saadallah a tiré sa révérence, mardi matin. Acteur, auteur, metteur en scène et producteur, l’homme de théâtre laisse derrière lui un bel héritage à la nouvelle génération marocaine. Retour sur la carrière d’un acteur à l’humour sophistiqué.

Figure populaire, homme de télévision et humoriste littéraire, Aziz Saadallah est décédé, mardi matin. Sa famille l’a annoncé sur les réseaux sociaux. Celui qui avait décidé avec son épouse, dont il était inséparable à la vie comme à la scène, d’immigrer au Canada, s’était un peu éloigné des feux des projecteurs. Avec l’annonce de sa mort, artistes et public saluent une carrière aussi authentique qu’incarnée.


Icône populaire
Acteur, auteur, metteur en scène et producteur de plusieurs pièces de théâtre, séries, émissions et téléfilms au Maroc, il était surtout un visage connu à travers plusieurs rôles dans des films qu’il produit et réalise souvent lui-même comme Scénario, Badis (1990), Les Casablancais (1999) ou encore Number one (2008). Il fonde le syndicat national des professionnels du théâtre marocain, puisqu’il a commencé sur les planches avec Tayeb Seddiki. Formé au Conservatoire d’art dramatique à Casablanca entre 1968 – 1971, Il se spécialise dans la mise en scène théâtrale à l’Université de Vincennes à Paris où il devient membre de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD). Son engagement dans son art a toujours été sans faille. À son retour au Maroc , il intègre la troupe du Théâtre municipal de Casablanca avant de devenir comédien, auteur et metteur en scène pour la troupe Théâtre de poche. Son sens de la rigueur et du travail le pousse à fonder la troupe professionnelle Théâtre 80 où il enchaîne les projets avec son épouse Khadija Assad, déjà surnommé par la presse «Le couple mythique du théâtre». La troupe Théâtre 80 a produit huit longues pièces, une dizaine de courtes pièces et a effectué des dizaines de tournées nationales et internationales. Du Moyen-Orient, en France, en passant par la Belgique, la Hollande, l’Allemagne, l’Angleterre, la Suède, le Danemark, la Norvège, le Canada et USA, l’acteur sillonne le monde, ambassadeur de la créativité marocaine. Fin humouriste, sa carrière prend un tournant intéressant à la télévision dans les années 80/90. Il est acteur et auteur de plusieurs scénarios de téléfilms, des feuilletons d’émissions humoristique et de séries diffusés sur RTM. En tout 18 téléfilms, cinq feuilletons, six séries, un sitcom de 96 épisodes et animation de plus d’une trentaine de soirées humoristiques. Après Hia ou Houa, c’est la série culte Lalla Fatima qui bercera plusieurs générations. Artiste complet, il avait raflé le prix de la meilleure interprétation à la première édition du Festival national de Tanger en 1982 avec Le facteur de Hakim Noury. On se souviendra de sa dernière œuvre Le Toubib d’El Jahdi, une production marocco-canadienne. L’annonce de son décès suscite de vives réactions de la part des artistes qui ont beaucoup appris avec lui et de la part d’un public fidèle qu’il a su bercé pendant des années…

Jihane Bougrine / Les Inspirations Éco






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