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Assurance agricole : Le marché est ouvert

L’assurance agricole fait l’actualité de par les prémices d’une saison agricole difficile, mais aussi par l’ouverture du marché aux assureurs privés en vue d’une meilleure maîtrise du risque et pour plus de réduction des coûts. Décryptage.

La semaine passée, Saham assurance signait une convention d’assurance agricole avec les ministères de l’Agriculture et celui des Finances, intitulée «Taamine Al Mahssoul» (assurance récolte). Le timing paraît osé, étant donné que la saison agricole est menacée de sécheresse, mais cette opération prélude surtout d’une ouverture au privé afin de brasser large sur les champs de couverture en assurance et de dépasser le cap de 1 million d’hectares actuellement objet de contrats d’assurance souscrits à valeur d’aujourd’hui par la MAMDA.


Élargissement de la couverture
En 2011, l’État avait signé une convention avec la MAMDA afin d’accompagner les agriculteurs en assurance agricole, avec possibilité d’ouverture sur d’autres opérateurs en coassurance, conformément à l’article 13 du cahier des charges préétabli. Cette couverture subventionnée partiellement par l’État porte essentiellement sur trois volets: L’acquisition d’équipements d’irrigation, l’achat de matériel roulant et la couverture contre les fléaux de la sécheresse. L’utilisateur a le choix de souscrire des polices d’assurance pour ces produits auprès des compagnies d’assurances et de faire jouer la concurrence afin d’avoir les meilleures conditions de prix et de prestation. La MAMDA, qui n’est pas un établissement public, mais une coopérative dont l’essentiel de son Conseil d’administration est composé d’agriculteurs, s’acquitte certes bien de sa mission, mais dans une année de sécheresse, elle pourrait être exposée à un risque élevé.

Division des risques
«La multiplicité des intervenants en coassurance est de nature à minimiser l’impact du risque final en cas de catastrophe naturelle», nous confie Fehd Bouab, directeur financier au ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime. «Cela est même recommandé, afin d’éviter un impact majeur, sur un assureur en cas d’exclusivité, notamment quand la saison agricole est menacée d’une sécheresse ravageuse», précise de son côté un expert assureur. Il faut rappeler que dans un tel scénario, l’assureur doit faire appel à des dizaines de milliers de demandes d’indemnisation, ce qui ne manquerait pas de constituer une menace sur les fondamentaux financiers d’un assureur exclusif. C’est pourquoi, l’ouverture à une multiplicité d’opérateurs protège le secteur de ce genre d’éventualités. Par ailleurs, il y a lieu de signaler que la multiplicité d’opérateurs en assurance permet à l’État de disposer de plus de marges de négociation et de réaliser des économies en faisant jouer pleinement la concurrence.

Système des subventions
Le principe de la subvention de l’État est assez simple. L’État subventionne l’agriculteur et non pas le vendeur de matériel ou de prestation. Mais afin de protéger l’agriculteur, le ministère de tutelle intervient en régulateur pour certains aspects. «Si l’achat d’un tracteur, par exemple, est un acte simple d’où la liberté pour l’agriculteur du choix de l’équipementier, l’acquisition d’un matériel d’irrigation, le recours à un laboratoire d’analyses ou encore la souscription d’une assurance couvrant les catastrophes naturelles, sont plus compliqués et requièrent un savoir-faire. À partir de là, le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime a instauré un système similaire à des agréments accordés aux prestataires qui répondent à un cahier des charges et signent avec le ministère de tutelle des conventions dans ce sens», nous explique Bouab. C’est dire que la concurrence est ouverte à tous les opérateurs de ces secteurs qui répondent aux prérequis précités.


 

Les positions des assureurs

«Au regard de la polémique infondée engendrée par la signature de cette convention, SAHAM Assurance décide de stopper l’application de la convention, en attendant l’adhésion à ce produit de l’ensemble des autres compagnies intéressées, suite à l’appel lancé par le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime». La compagnie a émis un communiuqé en fin de semaine dernière afin d’exprimer sa position autour de la plémique suscitée par cette convention signée le 20 janvier courant. Selon ce communiqué, «la première convention du genre a été signée en 2011 entre le Ministère de l’Economie et des Finances, le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime et la MAMDA. Elle stipulait clairement dans son Article 13, l’ouverture de cette convention aux autres assureurs». Et d’ajouter : «c’est donc bien une convention ouverte à tous. L’accès à ce secteur nécessite un accord préalable (sous forme de convention) des Ministères concernés, pour assurer la préservation des intérêts des agriculteurs». A cet égard, «SAHAM Assurance a pris l’initiative de proposer au ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime une convention similaire à celle signée avec la MAMDA mais intégrant plusieurs nouveaux avantages pour l’Etat, comme la baisse du coût de la réassurance de 40 Millions de dirhams par an et l’élargissement de la distribution de ce type de produit», a souligné la compagnie. De son côté, la Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance (FMSAR) a également diffusé un communiqué, hier dimanche, dans lequel elle indique réagir à la lettre qui lui a été adressée par le ministre de l’Agriculture invitant l’ensemble des sociétés d’assurances qui le souhaitent à signer une convention portant sur la couverture des risques agricoles similaire à celle signée avec SAHAM Assurance, et bien avant avec MAMDA. Cela étant, la FMSAR affirme que «d’autres acteurs vont manifester, dans les plus brefs délais, leur volonté de signer avec le ministère de l’Agriculture des conventions similaires».

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