Now Reading
Assises de la culture. La garantie de l’État pour l’entrepreneuriat culturel

Assises de la culture. La garantie de l’État pour l’entrepreneuriat culturel

Le ministère des Finances est en train d’étudier la possibilité de les faire profiter des mécanismes d’aide à la TPME et de la garantie de la CCG. Quand Réda Chami fredonne «j’aurais voulu être un artiste» et appelle à des écosystèmes autour des métiers de l’art.

En France, la culture participe sept fois plus au PIB que le secteur de l’automobile et crée 2,5% des emplois. Au Nigeria, le cinéma est le deuxième secteur en termes de création d’emplois, avec pratiquement un million de postes. Alors que le Maroc tient ses premières Assises des industries culturelles et créatives, vendredi et samedi derniers à Rabat, ces exemples montrent qu’il est possible de faire de la culture un levier pour le développement. Mais à condition que la volonté politique et une stratégie idoine s’imbriquent suffisamment bien pour donner du résultat. C’est ce à quoi, le président du Conseil économique, social et environnemental a appelé : une stratégie nationale qui couronnerait ces premières assises. Ahmed Reda Chami qui a commencé son intervention sur une note artistique en fredonnant «j’aurais voulu être un artiste», a énuméré quatre piliers essentiels. Il s’agit, primo, de former les profils adéquats, insuffler l’esprit créatif dès l’école et la détection précoce des talents. Secundo, renforcer l’investissement dans la culture à travers un cadre légal et une fiscalité incitative.

À ce propos, le ministère des Finances est en train d’examiner la possibilité de rendre les entreprises culturelles éligibles aux mécanismes d’aide et de garantie à travers la Caisse centrale de garantie (CCG). Et ce, à l’image des autres TPME tout en les dotant à l’avenir d’une fiscalité adaptée. Tertio, la mise en place d’écosystèmes à l’instar des autres secteurs de l’industrie. Et enfin, la protection de la propriété intellectuelle. Dans le chapelet de propositions du CESE, qui a beaucoup travaillé sur la question, il a été recommandé la création d’une Cité des industries culturelles et créatives à travers le PPP.

En effet, le fond de l’histoire, c’est de jeter les ponts entre la culture et le privé, comme l’a si bien dit Habib El Malki. À l’image de Rada Chami, le président de la Chambre des députés n’a pas manqué d’inspiration à ce propos lorsqu’il a appelé les hommes d’affaires à saisir l’importance d’investir dans la culture. Il a, dans ce sens, mis l’accent sur le rôle que le mécénat peut jouer en tant que levier financier non négligeable pour créer une dynamique propice à la créativité et à l’épanouissement des artistes. «Il est temps de réfléchir sur une loi qui encadre le mécénat tout en mettant à jour l’arsenal juridique dans le secteur de manière globale», a-t-il ajouté.

Justement, le mécénat a été l’un des principaux facteurs de l’essor de l’art en Occident grâce notamment à de grandes familles comme les Médicis. Pour El Malki, la diplomatie culturelle dispose également d’une grande capacité à renforcer le dialogue et drainer les investissements directs étrangers. Dans certaines circonstances, où la langue des avantages comparatifs résonne moins, la culture, les arts populaires et culinaires entre en jeu. L’attractivité du pays en dépend à certains niveaux.

Lire aussi

Aujourd’hui, comme l’a expliqué Zouheir Chorfi, SG du ministère des Finances qui remplaçait le ministre qui n’a pas pu assister aux assises à l’image du chef du gouvernement, le budget de la culture est de 1,1 MMDH y compris les infrastructures, les centres culturels, l’appui à l’édition, au cinéma et au théâtre. Un budget que l’on ne peut qualifier ni d’important ni d’insuffisant, tant le secteur manque de vision quant à ses capacités et la valeur ajoutée qu’il serait à même d’apporter à l’économie et à la création d’emplois. L’on ne dispose pas encore d’outils pour mesurer la force de frappe économique de la culture et des arts au Maroc. Le marché de l’art est embryonnaire, dominé par quelques artistes qui se livrent une vraie guerre de tranchées et font de l’ombre aux jeunes. Une prise de conscience se fait pourtant sentir dans le monde des affaires grâce notamment à la récente création d’une Fédération des industries culturelles et créatives au sein de la CGEM. Pour sa présidente, Neila Tazi, la culture doit être au cœur du nouveau modèle de développement. «Aujourd’hui, les industries culturelles occupent au niveau mondial la cinquième place dans la liste des secteurs les plus porteurs économiquement», a-t-elle expliqué. Cela implique, selon Tazi, de ne plus considérer les dépenses et les investissements en faveur du développement culturel, comme des dépenses secondaires. Un changement de perspective s’avère désormais nécessaire. 


Hausse historique des ressources du FNAC

Dans son mot introductif, Mohamed El Aaraj, ministre de la Culture et de la communication, a énuméré les actions en faveur de l’action culturelle, notamment, à travers le soutien financier des associations qui a totalisé sur les deux dernières années 150 MDH. Fait marquant, le ministre a indiqué que les ressources du Fonds national de l’action culturelle (FNAC) ont réalisé un bond sans précédent passant de 14 MDH en 2016 à 110 MDH en 2019. En effet, ce fonds et d’autres encore suppléent à la faiblesse du budget alloué à la culture. Le ministre a également évoqué le projet de loi qui doit réorganiser le Centre cinématographique marocain et le décret de promotion de l’attractivité pour les investissements étrangers.

Voir les commentaires (0)

Leave a Reply

Your email address will not be published.

© 2020 LesEco.ma édités par HORIZON PRESS GROUP

Tous droits réservés