Éco-Business

Art contemporain. Une bonne affaire ?

L’art contemporain marocain en est encore à ses débuts mais son marché est prometteur. C’est le principal enseignement de la 50e édition du cycle de conférences «Échanger pour mieux comprendre», organisée par la fondation Attijariwafa bank autour de la thématique «Art contemporain africain: quelles perspectives pour quels marchés?». Le marché brasse de plus en plus d’argent et d’adeptes avec un chiffre d’affaires compris entre 600 et 800 MDH par an, et compte quelque 20.000 artistes.


L’art marocain contemporain et africain en général est de plus en plus valorisé dans les foires et expositions européennes, notamment au Royaume-Uni. Il a connu un grand engouement ces dix dernières, fait de plus en plus l’objet d’événements et passionne davantage les critiques d’art, et par la même occasion les grands opérateurs économiques africains à l’image de la banque marocaine Attijariwafa bank.

«Nous nous sommes inscrits dans cette dynamique depuis que la banque a commencé à se développer en Afrique de l’Ouest et au Nord. La première exposition panafricaine organisée par la fondation Fondation Attijariwafa bank a eu lieu en 2009. Nous sommes un peu en avance par rapport à la tendance que connaît aujourd’hui le marché de l’art africain», a déclaré Ghitha Triki, responsable pôle art et culture de la fondation Attijariwafa bank, jeudi 13 juin à Casablanca, à l’occasion de la 50e édition du cycle de conférences «Échanger pour mieux comprendre», organisée par la fondation de la banque marocaine autour de la thématique: «Art contemporain africain: quelles perspectives pour quels marchés ?».

Mais pour le critique d’art et de cinéma Abdelhak Najib, qui était l’invité de la Fondation Attijariwafa bank, le marché de l’art marocain en est à ses débuts mais, déjà, il y a de grands acteurs qui font un bon travail. Selon le chroniqueur et animateur-télé, aujourd’hui, le marché brasse de plus en plus d’argent et d’adeptes avec un chiffre d’affaires compris entre 600 et 800 MDH par an, et compte quelque 20.000 artistes, mais tous ne sont pas des stars. Certains ont plus de visibilité que les autres, seule une centaine d’entre eux est de bonne facture. «Nous avons de plus en plus de maisons de ventes aux enchères et, en parallèle, le nombre de collectionneurs se multiplie. Dans la foulée, certains artistes sont en train de se faire un nom», se réjouit-il.

Pour la petite anecdote, il a y a des tableaux marocains qui se vendent aujourd’hui dans les 4, 5 MDH, d’après le critique d’art. Si l’écrivain et journaliste est convaincu d’un marché prometteur, il n’en demeure pas moins que les défi s auxquels font face les acteurs sont coriaces. Si, sur le plan réglementaire, les acquis sont importants avec la mise en place, notamment, d’un certain nombre de règles et de lois pour assainir le secteur, il reste encore beaucoup de réglages à faire concernant d’autres thématiques telles que l’expertise et l’authentification des oeuvres d’art, la lutte contre le faux dans le milieu de l’art marocain, parce que cela existe. «Je crois qu’avec le temps, toutes les mauvaises pratiques vont disparaître et que le bon restera de lui-même», affirme Najib.

L’étroitesse du marché pose également un énorme problème aux artistes. Il «faudra faire de sorte que l’art marocain ait plus de visibilité à l’extérieur, que les artistes puissent exporter leurs oeuvres», a-t-il souligné. «Plus on a de la visibilité à l’extérieur, plus on exporte vers des marchés plus grands et porteurs, mieux le marché local marocain se porte», a conclu le journaliste culturel.


Abdelhak Najib.
Critique d’art et de cinéma

Nous avons de plus en plus de maisons de ventes aux enchères, et en parallèle, le nombre de collectionneurs se multiplie. Dans la foulée, certains artistes sont en train de se faire un nom.

Ghitha Triki.
Responsable pôle art et culture de la Fondation Attijariwafa bank

Nous nous sommes inscrits dans cette dynamique depuis que la banque a commencé à se développer en Afrique de l’Ouest et au Nord. La première exposition panafricaine organisée par la Fondation Attijariwafa bank a eu lieu en 2009.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer