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Après la Chine, les usines européennes rouvrent progressivement

À cause du coronavirus, près d’un million et demi de véhicules n’ont pas été produits en Europe depuis la fermeture des usines vers mars dernier. Des sites en passe de reprendre petit à petit et d’un pays à l’autre, selon la situation sanitaire et en accord avec les autorités locales.

Il y a un peu plus d’un mois, la Chine «convalescente» avait annoncé le redémarrage de ses usines, notamment celles de l’industrie automobile. Il s’agissait en fait d’un effet d’annonce et de façade, puisque ces mêmes usines tournaient à vide, histoire de préserver l’image de l’Empire du milieu et tranquilliser le monde sur l’état de santé de ce géant de l’économie mondiale. Aujourd’hui, la reprise est non seulement effective, mais elle concerne désormais aussi les usines européennes. À commencer par la Tchéquie, où l’usine Hyundai de Nosovice qui produit la compacte i30 et le SUV Kona a été l’une des premières à rouvrir, lundi dernier (13 avril). En Hongrie, l’usine d’Audi basée à Györ (photo) et employant 13.000 personnes, a repris du service mardi dernier en accord avec la maison-mère Volkswagen.


Pour l’instant, seule une petite centaine d’employés a repris la production de moteurs sur ce site, la firme aux anneaux ayant indiqué que ce dernier allait «d’abord effectuer des travaux de maintenance et d’adaptation des postes de travail afin d’assurer la sécurité sanitaire des personnels». Quant aux autres constructeurs allemands, l’objectif ou tout au moins l’espoir est de reprendre l’activité avant la fin du mois d’avril, hormis BMW qui a officiellement annoncé avoir prolongé l’interdiction de production jusqu’au 30 (avril).

Ainsi, Daimler (Mercedes-Benz) et Volkswagen ont indiqué leur volonté de reprendre leur activité industrielle à partir du 20, qui sera principalement focalisée sur la production de groupes motopropulseurs et de pièces détachées. Objectif : constituer un stock de composants qui sera capital pour les usines d’assemblage de véhicules lorsqu’elles recommenceront à tourner à plein régime. En France, l’usine Toyota de Valenciennes qui, rappelons-le produit la Yaris, a prévu une réouverture le 21 du mois courant afin de répondre à une demande en attente, comme l’a indiqué le président de Toyota Motor Facturing France, Luciano Biondo, qui a adressé un courrier aux employés leur déclarant «Nous devons produire et livrer 35.000 Yaris de la génération actuelle. Elles ont été commandées par des clients qui attendent leur livraison dans les prochaines semaines».

Pour PSA, il est d’abord question de poursuivre les aménagements dans les différents sites afin de maximiser la prévention contre le coronavirus. C’est l’un des sujets principaux d’un accord signé mardi dernier entre le groupe et quatre organisations syndicales.

Le texte prévoit «un protocole de sécurité préalable à une reprise d’activité dans les usines, l’organisation des congés d’été en fonction des commandes et les modalités du maintien de la rémunération à 100% pour ceux en chômage partiel», indique PSA qui aurait pu initier une redémarrage progressive de son activité s’il n’avait pas essuyé la fronde des syndicats.

Quant aux usines de Renault (à Douai et Maubeuge), la priorité est à l’effort de guerre et donc à la production de visières de sécurité et d’embouts de respirateurs destinés aux hôpitaux. La firme au losange n’a pas formulé de date précise pour la reprise de sa production automobile dans l’Hexagone, laissant entendre que celle-ci se fera d’ici août prochain. Sa filiale roumaine, Dacia, pilier de l’économie locale espère une reprise d’activité dans l’usine de Mioveni vers le 21 avril qui est à l’arrêt depuis le 19 mars. «La production démarrera progressivement sur la base du volontariat et montera en puissance jusqu’au 4 mai, lorsque l’ensemble des 15.000 salariés retourneront au travail», a indiqué le constructeur roumain affilié au groupe Renault.

De son côté, Fiat qui avait prévu de reprendre ses activités de montage dans ses usines locales de Melfi, Mirafiori et Atessa a finalement préféré repousser au 4 mai le redémarrage de sa production en Italie, pays le plus touché du Vieux Continent. Et pour cause, le constructeur turinois s’est finalement conformé aux recommandations du gouvernement italien qui a prolongé les restrictions de déplacement jusqu’au dimanche 3 mai. En fait, ce redémarrage progressif de l’industrie automobile en Europe diffère d’un pays à l’autre et ne dépend pas des constructeurs, mais du feu vert des autorités qui veulent avant tout verrouiller la situation sanitaire et éviter un autre redémarrage : celui d’une vague de contamination. Selon les calculs de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), les fermetures des usines dues à la crise du coronavirus ont déjà entraîné une perte de production de 1.465.415 véhicules en Europe. Enfin, au-delà d’une reprise de l’activité industrielle à l’échelon européen ou même mondial, les constructeurs automobile ainsi que leurs réseaux de distributeurs et de concessionnaires devront surtout s’atteler à liquider leurs stocks et à rattraper l’activité après-vente perdue durant tous ces mois d’inactivité. Une mission de longue haleine.

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