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Agriculture. L’Argentine en quête d’affaires au Maroc

Après la Tunisie, Jesús María Silveyra, le secrétaire adjoint des marchés agro-industriels auprès du ministère de l’Agriculture d’Argentine, est venu au Maroc où il a été reçu, tour à tour, par les autorités gouvernementales, la CGEM et la FNCL. 


L’Argentine cherche des débouchés au Maghreb pour ses produits agricoles et agro-industriels. Le pays, qui a déjà atteint l’autosuffisance alimentaire, veut à tout prix trouver de nouveaux marchés, de préférence hors des frontières du Mercosur, où liquider ses surplus de production dans ces deux domaines. C’est dans ce cadre que s’inscrit la tournée de prospection de Jesús María Silveyra, secrétaire adjoint des marchés agro-industriels auprès du ministère de l’Agriculture. Après la Tunisie, celui-ci est venu la semaine dernière au Maroc, où il a contacté tous les intervenants dans la chaîne d’importation de produits agricoles et agro-industriels, notamment : le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc) et la FNCL (Fédération nationale des céréales et légumineuses). Avec l’autorité gouvernementale, il a passé en revue les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Argentine. Tandis qu’au patronat et devant les négociants et importateurs de céréales, il a étalé la force de frappe de son pays dans l’export de céréales et produits dérivés, mais également dans l’agro-industrie.

Balance commerciale largement excédentaire pour l’Argentine
Au ministère de l’Agriculture, on lui a signifié qu’il ressort des échanges entre les deux pays une balance commerciale largement excédentaire en faveur de l’Argentine et «qu’il faudrait essayer de travailler pour la rééquilibrer dans le moyen terme» (1). Pour ce faire, le secrétaire général du ministère de l’Agriculture a proposé à Jesús María Silveyra de revoir ensemble l’accord signé par les deux pays en 2016 pour y apporter des amendements relatifs, d’une part, à l’échange d’informations dans le domaine agricole et agro-industriel en général et, d’autre part, aux listes des nouveaux produits que les deux pays veulent introduire dans leurs échanges. Du côté marocain, l’autorité gouvernementale pense déjà aux agrumes (orange et mandarine) comme nouveaux produits d’export vers le pays de Diègo Maradona. Tandis que du côté argentin, le secrétaire adjoint des marchés agro-industriels auprès du ministère de l’Agriculture s’est déclaré très satisfait de l’approche proposée par la partie marocaine. «Dès mon retour, nous allons travailler rapidement sur ces questions et aviser la partie marocaine qui est déjà un client qui nous achète du maïs, un peu de blé et de la viande pour son armée, mais ce n’est pas suffisant», a-t-il expliqué.

Un peu plus de blé et de produits agro-industriels
L’Argentine voudrait vendre plus de céréales et produits dérivés au Maroc, mais également des produits agro-industriels. En effet, après les États-Unis et la France, l’Argentine est le troisième fournisseur du Maroc en céréales et produits dérivés avec 1,32 million de tonnes importés durant la campagne 2017/2018. Le gros de l’offre argentine est notamment composé de soja. Or, l’Argentine aimerait que le Maroc, qui est le 11e plus gros importateur de blé au monde, lui fasse un peu plus de commandes dans cette filière où il est en surproduction depuis 6 ans. Entre la campagne 2012/2013 et celle de 2017/2018, l’offre de blé de ce pays est presque passée du simple au double, c’est-à-dire de 11,65 millions de tonnes à 20,22 millions. Pendant ce temps, la consommation locale n’a guère dépassé 6,5 millions de tonnes lors de la campagne précédente où les exportations de blé ont frôlé la barre des 12,30 millions de tonnes, ce qui fait que le pays s’est encore une fois retrouvé avec un stock final invendu de 1,42 million de tonnes dont il ne savait quoi faire.

«Certes, on est loin des stocks record des campagnes de 2014/2015 et 2013/2014 où les invendus se sont situés, respectivement, à 6,54 millions de tonnes et 4,05 millions de tonnes, mais le fait est que nous enregistrons des stocks aussi dans d’autres domaines», précise Jesús María Silveyra sur la bonne santé du secteur agricole argentin.

Par exemple, durant la campagne 2017/2018, l’offre argentine de soja a atteint 51,27 millions de tonnes, la demande 49,39 millions de tonnes et le stock final 7,88 millions de tonnes. Au patronat et à la rencontre avec les membres de la FNCL, qui désirent avoir plus régulièrement des statistiques sur l’offre exportable argentin, Jesús María Silveyra a montré que son pays veut vendre plus que des céréales et produits dérivés au Maroc. Avec un documentaire à l’appui, il a montré que son pays veut également acheminer sur le marché marocain des équipements agricoles, de la biotechnologie, de la génétique animale et végétale, des systèmes de gestion de l’eau pour l’irrigation, une solution de stockage (sacs de silo), etc…À signaler qu’en 2017, l’Argentine était classé premier exportateur mondial de farine de soja, jus de citron et haricots rouges ; 2e exportateur mondial d’haricots blancs, de yerba mate et de cacahuètes grillées ou préparées ; 3e exportateur mondial de miel, huile de tournesol brute, orge et ail et 4e exportateur mondial de farine de blé, plumes séchées, conserves d’olives et biodiesel. «Pour commencer, il faudrait que le Maroc baisse ses taxes douanières», a-t-il prévenu. 

(1)En 2017, les exportations argentines vers le Maroc ont atteint 509 millions de dollars, contre des importations du Maroc qui ont plafonné 7,93 millions de dollars.

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