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Agadir : La restauration ne digère pas la crise

Agadir : La restauration ne digère pas la crise

Le secteur de la restauration est touché par une baisse de fréquentation, ce qui a aggravé le phénomène de fermeture d’établissements, surtout dans la marina.

Le constat n’est pas nouveau : le mois de ramadan porte chaque année un coup dur à l’activité touristique dans la station balnéaire d’Agadir. Les activités complémentaires sont aussi impactées. C’est le cas de la restauration, qui souffre d’une baisse inhabituelle de consommation qui coïncide avec le mois de ramadan, ce qui a poussé plusieurs patrons à rénover leurs restaurants-cafés, voire à fermer durant cette période. Ceci dit, ce qui inquiète les professionnels, ce n’est pas tant la baisse de fréquentation durant ce mois, mais plutôt l’amplification du phénomène de fermeture du fait des conflits sociaux, de problèmes financiers, de l’inadéquation de l’offre ou encore de la mauvaise qualité de service. À cet égard, c’est à la marina d’Agadir, qui proposait un large choix d’établissements, que la crise des restaurants-cafés est la plus remarquable. Près de 8 restaurants-cafés -dont des franchises- ont récemment fermé leurs portes dans cette zone.

Le secteur touristique et balnéaire (STB) n’est pas épargné. «Parmi les 120 restaurants au niveau du secteur, 30 établissements souffrent de contraintes financières et ont des problèmes avec la CNSS et les impôts», explique Abdelkrim Zahir, président de l’Association des restaurateurs à caractère touristique à Agadir. Mais si l’activité souffre, ladite souffrance peut différer. À l’instar de l’hôtellerie, la restauration cache des disparités, évolue également à deux vitesses. Aujourd’hui, en l’absence d’un baromètre annuel expliquant les raisons de ces fermetures, les professionnels pointent du doigt la formule «All Inclusive» et le changement de profil de la clientèle étrangère, remplacée sur le podium des arrivées et nuitées par le marché national, qui dispose d’un faible pouvoir d’achat. Dans ce sens, il est important d’adapter l’offre de restauration à ce segment. «La situation ne s’est pas arrangée ces dernières années. Les recettes ont baissé à cause de la crise du tourisme, alors que les impôts ont été revus à la hausse et les charges sont restées fixes» ajoute Zahir.

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À cet égard, le nouvel arrêté fiscal et le cahier des charges, approuvés par le Conseil communal d’Agadir, ont compliqué la situation des restaurateurs, exploitant l’espace public communal, avec de nouvelles grilles tarifaires surtout pour les terrasses en front de mer. Selon les restaurateurs, ces espaces ne connaissent plus les niveaux de fréquentation d’antan, et la saison estivale ne peut, à elle seule, couvrir la baisse de consommation. De plus, le recul de fréquentation est aussi dû à la création de nouveaux pôles urbains, et à la multiplication des restaurants et cafés dans plusieurs quartiers résidentiels. D’autres facteurs entrent en jeu, notamment l’accumulation des problèmes structurels avec une régression des recettes. Résultat, les restaurateurs ne peuvent plus payer leurs redevances vis-à-vis de la CNSS ou du fisc, ce qui entraîne majoritairement des conflits sociaux, un turnover important dans le secteur et un impact négatif sur la qualité de services.

17 hôtels en redressement à Agadir  
La situation est sensiblement la même pour l’activité hôtelière. 17 dossiers d’établissements touristiques situés à Agadir ont déjà été déposés au greffe du tribunal de commerce. Certains d’entre eux, classés 2 ou 3 étoiles, sont en liquidation judiciaire, tandis que d’autres sont soit en redressement judiciaire, soit en phase de conciliation entre les parties prenantes, notamment les patrons de ces établissements, les employés et les fournisseurs, afin d’essayer de trouver un terrain d’entente pour sortir de ces difficultés. 

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