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Adil Bennani : « Le pire est derrière nous » (Spécial auto 1/9)

Sur le marché national des véhicules neufs, impacté par la crise sanitaire liée à la Covid-19 et ranimé par d’importantes campagnes promotionnelles, comment évoluera sa demande d’ici la fin 2020 ? Le président de l’Aivam nous donne son point de vue.Entretien avec Adil Bennani, Président de l’Association des importateurs de véhicules automobiles montés. 

Comment se comporte le marché du neuf depuis la fin du confinement, peut-on s’attendre à un retour à la normale dès les semaines à venir ?
Le marché automobile a été l’un des secteurs qui a le plus souffert de l’arrêt de l’activité entraînée par le confinement instauré vers la fin mars. Ce mois-là s’était soldé par une baisse des ventes de l’ordre de 60%, tandis que sur la période d’avril et mai, les livraisons se sont tassées d’environ 85%. Donc autant vous dire que cette période a été dure pour bon nombre de distributeurs et leurs concessionnaires. Ce n’est qu’au début de juin que nous avons commencé à voir du trafic dans les showrooms, tendance qui s’est confirmée à partir du 11, date de la levée du confinement, ce qui nous a permis de réaliser un volume de ventes, disons, honorable, malgré une baisse d’environ 35% par rapport au même mois l’an dernier. La grande question, c’était le mois de juillet. Et là, bonne nouvelle, puisque l’on assiste à un bel engouement et à un vrai retour de la consommation. Si bien que juillet 2020 s’avère meilleur que celui de l’année dernière, ce qui confirme une véritable reprise. Reste à voir si nous sommes dans un effet rattrapage ou sommes-nous dans une dynamique de fond de la reprise structurelle de la consommation. Pour pouvoir le confirmer, nous allons devoir attendre le mois de septembre. Mais globalement, je pense que le pire est derrière nous et que nous assisterons à un deuxième semestre qui sera quasi-similaire à celui de l’année dernière et qui permettra de compenser les pertes sèches que nous avons enregistrées sur le premier semestre, qui lui, était en recul de 45% par rapport à l’année dernière.


Le report quasi-généralisé de la première échéance jusqu’en 2021 n’est pas risqué pour les concessionnaires ou les maisons de crédit ?
Aujourd’hui, les dispositifs promotionnels proposés en matière de financement peuvent varier de mode de construction. On peut assister à des formules où il n’y a pas d’avance, d’autres où il y a des taux de crédit bonifiés par les constructeurs. On peut assister aussi à des formules où l’on offre des frais de dossier, voire des mensualités. Et dans le lot de ce qui existe, il y a aussi le report d’échéance : c’est-à-dire que vous achetez votre voiture aujourd’hui, vous payez une avance plus ou moins importante, puis rien d’autres pendant 4, 5 ou 6 mois. C’est en fait un report des mensualités sur l’échéancier de remboursement. Cela a un coût, mais pas forcément un gros risque. Celui-ci est analysé en amont. Autrement dit, ce n’est pas parce qu’un client choisit un différé de paiement qu’il est plus ou moins risqué. La formule de financement reste à la discrétion du client par rapport à la situation de sa trésorerie : certains vont préférer payer et ne pas reporter, car ce report coûte de l’argent, puis d’autres au contraire préfèreront alléger leur trésorerie pendant le dernier trimestre de l’année, période qui connaît des dépenses d’autre nature. Ce que je peux vous dire, c’est que cette formule de report des mensualités de crédit, bien qu’elle soit proposée par l’ensemble des marques, n’est pas celle qui recueille le plus de suffrages parmi les offres qui existent. En fait, lorsqu’ils acquièrent leur véhicule à crédit, les gens préfèrent commencer à payer leurs mensualités dès le mois d’après.

Que répondez-vous aux clients qui croient que les prix des voitures neuves pourraient encore baisser ?
Ce que l’on pourrait dire aux clients, c’est qu’ils se pressent pour acquérir leur véhicule s’ils en avaient le projet d’en acheter un, car bientôt, les stocks seront encore tendus et notamment sur les modèles qui fonctionnent le mieux, parce que la reprise est bien là et c’est tant mieux pour tout le monde. Donc les prix actuels sont très intéressants, puisque l’on est dans une période estivale qui, historiquement, a toujours connu des campagnes de promotion. Certes, il n’y a rien d’exceptionnel par rapport aux années d’avant, même si l’on peut assister ici ou là à des «coups de fusil» sur certains modèles selon qu’il s’agisse d’une fin de série ou d’un renouvellement de modèle, comme cela se passe de la manière la plus courante dans un contexte tout à fait normal. Donc, pour ceux qui pensent que les prix actuels vont davantage baisser du fait du contexte lié à la crise sanitaire, la réponse est non.

Jalil Bennani / Les Inspirations Éco Auto






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