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Accidents de la circulation : les assureurs constatent une grosse baisse des sinistres

Les routes ont été quasiment désertes lors de l’état d’urgence sanitaire, décrété en mars dernier. Ce qui a réduit considérablement le nombre d’accidents de la circulation durant ces cinq mois de l’année. Cette baisse de la sinistralité qui devrait engendrer une grande économie pour les assureurs.

L’état d’urgence sanitaire et le confinement décrétés par les autorités en mars dernier, pour lutter contre la propagation de l’épidémie liée au coronavirus, a eu pour conséquence une importante réduction du nombre des accidents automobiles. Les déplacements étaient, en effet, très limités durant cette période entraînant ainsi une diminution des risques routiers.


Selon l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA), le bilan, au titre des cinq premiers mois de l’année 2020, fait état d’une baisse de 30,79% des accidents corporels (28.394 accidents), dont 802 accidents mortels en repli de 29,28%. Ils engendrent 873 décès (-32,74%), 2.073 blessés graves (-36,89%) et 36.864 blessés légers (-32,85%). Rien que sur le mois de mai, les réductions sont encore plus marquées. Les accidents de circulation ont fait 135 morts en mai, soit une diminution de 43,98%, alors que les accidents mortels ont totalisé 128, soit une dépréciation de 40,19%, par rapport au même mois de l’année précédente.

«La comparaison du bilan provisoire de la période allant du 20 mars au 31 mai 2020, avec les données provisoires de la même période de l’année 2019, dénote des baisses spectaculaires avec une diminution de 68,69% des nombres des accidents corporels», remarque la NARSA.

Au terme de près de quatre mois de confinement, la baisse des accidents s’est traduite par une nette baisse de la sinistralité automobile, très problématique il y encore quelques mois pour le secteur des assurances. Les compagnies d’assurances sont considérées comme celles qui ont le plus profité de la Covid-19. Pour l’heure, la profession estime qu’il est encore trop tôt pour évaluer l’impact de la Covid-19 sur la gestion des sinistres. Il n’est pas certain que tous les opérateurs en sortent indemnes.

«On pense à tort que nous sommes les grands gagnants de cette crise…mais elle peut aussi nous coûter cher d’ici la fin d’année», remarque un assureur. Il ajoute que «la baisse des déclarations de sinistres n’engendre pas forcément et immédiatement une baisse des dépenses», commente un assureur, relevant l’existence d’un stock de sinistres -déclarés avant la crise- qui est encore à résorber. Ce n’est qu’à la fin d’année que les compagnies pourraient faire les comptes.

De plus, le déconfinement pourrait provoquer une reprise des trajets automobiles, engendrant des sinistres en forte hausse sur les mois à venir. Pour certains assureurs, cette injonction de rester chez soi a été également synonyme d’une baisse sensible de l’activité en matière de souscription. Le secteur a été témoin d’une baisse consécutive de son chiffre d’affaires sur les cinq premiers mois de l’année. Un repli qui a été contenu au cours du mois de mai, coïncidant avec les premières étapes de déconfinement.

Selon les dernières statistiques mensuelles, publiées par l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS), les primes, émises en mai par les compagnies d’assurances et de réassurance (hors réassureurs exclusifs), ont reculé de 4,7% sur un an à 3,49 MMDH, contre un repli de 8,6% en février, 13% en mars et 12,1% en avril. Une régression qui n’a épargné aucune branche de la profession. La baisse a été relevée aussi bien au niveau de la branche Vie et Capitalisation (Épargne, Assurances en cas de décès, Contrats à capital variable…) que l’activité Non–vie (assurances automobiles, maladie maternité, accidents du travail…). Cette dernière a été la plus affectée au cours du mois de mai. Les primes émises pour ce segment se sont réduites de 8,3% en mai pour se limiter à 1,65 MMDH. Cette branche a été notamment impactée par la contre-performance de l’assurance automobile, dont les primes ont rétrogradé de 9,7%, à 814,3 MDH.

Aida Lo
Les Inspirations ÉCO






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