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A Fès, les salariés du textile désertent les ateliers

Des risques sanitaires, voilà ce qu’ont mis en avant des dizaines de salariés dans le secteur de textile à Fès pour faire valoir leur droit de retrait. Ces employés ont refusé de prendre leur poste pour protester contre les conditions de travail et les risques liés à la propagation du nouveau Coronavirus. Plusieurs salariés nous ont expliqué qu’ils travaillent dans des conditions qui facilitent la propagation du virus entre les salariés.

En effet, en plus de l’absence de lingettes, de savon, de gel hydro-alcoolique, ni même de masques, les salariés reprochent l’absence des distances de sécurité entre les postes.


«Nous estimons qu’au vue des risques sanitaires actuels, il est aberrant de prendre des risques sur notre santé et sur celle de nos proches pour livrer des articles textiles», nous a expliqué une salariée au sein d’une entreprise de textile dans le quartier industriel de Sidi Brahim à Fès.

Face à cette situation, les patrons des sociétés ont donné la possibilité aux salariés de rester chez eux «sans qu’ils ne soit indemnisés». Même avec une pandémie, la plupart des salariés nous ont déclaré qu’ils continuent de travailler parce qu’ils n’ont pas le choix. «Si non plus rien à manger».

Pour protéger leurs salariés, d’autres sociétés d’export ont mis en place un encadrement sanitaire méticuleux. Ainsi pour limiter le nombre de personnes, certaines ont modifié les horaires de travail afin de réduire à 50% le personnel présent dans chaque équipe. Ce qui a provoqué un chômage partiel de 50% de l’effectif. Dans ce cadre une série de mesures d’hygiène sont appliquées comme l’instauration d’une distance de plus d’un mètre 50 entre chaque poste de travail.

Durant notre visite dans le quartier industriel Sidi Brahim, nous avons constaté que pas moins de cinq sociétés ont fermé leurs portes. Quant aux autres, ils continuent d’exercer leurs activités dans les conditions habituelles. Il est noter que jusqu’à fin 2019, la ville de Fès comptait une quarantaine d’unités industrielles qui emploient quelque 18.000 ouvriers. Quant au secteur informel, il reste marqué par l’expansion des ateliers clandestins qui emploient actuellement plus de 50.000 personnes. La plupart de ces unités sont installées dans les quartiers de Sahb El Ward, Bab Ftouh ou encore Ben Debbab.

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