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Dans notre dernière chronique consacrée à l’analyse du modèle de développement (cf:www.leseco.ma, édition du 7 juin 2018) à l’œuvre, nous avons conclu à l’épuisement de ce dernier et ceci à deux niveaux : au niveau externe, le modèle n’est pas parvenu à tenir face aux impératifs de la compétitivité et aux défis de la mondialisation; au niveau interne, il a élargi les fractures sociales, l’exclusion et les disparités territoriales au point de remettre sérieusement en cause la cohésion sociale.

Ce constat fait aujourd’hui l’unanimité et un appel solennel fut lancé par la plus Haute autorité du pays en vue d’adopter un nouveau modèle de développement. Il ne s’agit donc pas d’un simple réaménagement de l’actuel modèle et d’un «lifting» pour un nouveau look, mais plutôt de sa refonte totale en vue de mettre en œuvre un nouveau modèle qui soit en phase avec les exigences du moment et en parfaite symbiose avec les attentes des citoyens. C’est un exercice national auquel nous sommes tous appelés à participer chacun dans son domaine. Car, en la matière, il faut puiser dans notre intelligence collective et notre créativité intrinsèque tant il est vrai qu’il ne saurait y avoir de modèle «prêt à porter» ou de simples recettes de cuisine! L’expérience historique nous a suffisamment enseigné que ce sont les peuples qui ont su compter sur eux-mêmes qui s’en sont le mieux sortis. Ce qui n’exclue nullement que l’on puisse s’inspirer de telle ou telle expérience. Ce faisant, on doit changer à la fois de paradigme et de méthode. Il faut revenir aux fondements de l’économie politique : placer l’Homme au centre de l’acte économique en valorisant le travail et en récompensant l’effort fourni. Ce qui nous ramène tout droit vers la répartition des revenus et de la richesse du pays. L’idée bien répandue selon laquelle il faut produire la richesse d’abord avant de la répartir s’est avérée une simple vue d’esprit car dans la réalité, les choses se passent autrement : une fois la richesse produite, le plus souvent avec le sang et la sueur des travailleurs, elle est vite accaparée par les mêmes en recourant à divers subterfuges. Pourquoi alors ne pas inverser la séquence et songer à répartir ce qui existe ? Nous pensons, à la lumière du diagnostic réalisé précédemment et sans prétendre à l’exhaustivité, que le nouveau modèle de développement doit viser deux objectifs essentiels : assurer et préserver notre indépendance économique d’une part et améliorer le niveau de vie des populations d’autre part. Concernant notre indépendance économique, elle passerait nécessairement par le réexamen en profondeur de nos choix antérieurs en matière d‘ouverture sur le marché mondial. Sans plaider pour la «déconnexion» qui nous ramènerait à une forme d’autarcie débridée, rien ne nous empêche pour autant de passer au scanner les accords de libre-échange que nous avons signés avec différents pays et groupements régionaux, parfois sans avoir fait d’études préalables d’impact. La même démarche doit être poursuivie vis-à-vis des programmes sectoriels pour redéfinir leurs priorités et leurs objectifs. On doit surtout arrêter d’en faire l’apologie et de présenter des données qui manquent de précision et de rigueur. Seule une instance indépendante serait habilitée à en faire une évaluation objective. Par ailleurs, autre exigence de notre indépendance, le pays doit disposer d’un secteur public fort, géré démocratiquement et capable de tirer vers le haut notre économie en entrainant dans son sillage une partie du secteur privé dans le cadre du PPP. Cette indépendance passe également par notre indépendance énergétique. A cet égard, il convient de renforcer notre transition énergétique en développant davantage les énergies renouvelables qui sont par définition des énergies propres et d’avenir. Notre pays doit s’engager totalement dans la prospection des voies ouvertes par l’économie verte en tant que secteur d’avenir.

Le même intérêt devrait être accordé à l’économie sociale et solidaire qui recèle un potentiel considérable tant en matière de création de valeur ajoutée que d’emplois. L’autre objectif consiste à améliorer le niveau de vie de la population en donnant la priorité dans un premier temps aux populations démunies des campagnes et des périphéries urbaines pour leur assurer le minimum vital et un revenu qui préserve leur dignité. A terme, il faut mettre en œuvre une politique volontariste de partage et de redistribution du «gâteau national» afin de renforcer les moyens mis à la disposition de l’État et les revenus salariaux. Outre une nouvelle politique salariale à mettre en œuvre dans le cadre du dialogue social, le nouveau modèle de développement ne peut faire l’économie d’une véritable réforme fiscale basée sur l’équité et l’efficacité. C’est en mobilisant des ressources additionnelles via la fiscalité que l’État serait en mesure d’assurer des services sociaux de qualité dont notamment l’éducation, la santé et la généralisation de la couverture sociale. Enfin, il va sans dire que toute politique de développement nécessite un contexte politique favorable avec un réel État de droit et l’égalité effective des citoyens devant la loi. Il faut bannir, à jamais, les rapports de clientélisme, les pratiques rentières, les positions monopolistes et les passe droits de toutes sortes.

La constitution, qui a bénéficié d’une large adhésion populaire doit être appliquée à la lettre. Toute tergiversation dans sa mise en œuvre ne fera que susciter des interrogations et des frustrations. En s’orientant dans cette voie, celle du salut national et de la mobilisation des potentialités dont regorge notre pays, il n’est pas exclu de voir le «miracle marocain» se réaliser. Alors qu’est- ce qu’on attend pour passer à l’action ?

GCAM Monde rural

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