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La Jordanie poursuit des réformes économiques douloureuses dans un contexte régional instable. Reportage dans les rues d'Amman.

Le soleil se couche à Amman, les habitants se précipitent pour faire leurs dernières courses dans l’ancienne médina avant de rejoindre leurs domiciles dans les quartiers périphériques de la capitale jordanienne. Près de la grande mosquée Hussein Ibn Talal, l’activité économique est animée. En ce début du mois de mars, le marché des fruits et légumes ne désemplit pas. Les Ammaniens font la queue devant la célèbre pâtisserie «Habiba» pour goûter à la fameuse kenafa et autres délices du terroir. Cette vivacité économique en trompe l’œil du centre ville d’Amman cache la cherté de la vie dont souffrent les Jordaniens depuis une année, suite à des mesures prises par le gouvernement dans le cadre des recommandations du Fonds monétaire international (FMI).

Vie chère
«On s’adapte à la cherté de la vie», résume Ahmed, chauffeur de taxi à Amman.  Même son de cloche de Fares, marchand de fruits : «les gens font moins d’achats, gèrent leur budget en attendant que la crise passe». Une longue liste de produits et services ont connu une hausse de leur prix. À titre d’exemple, le prix du pain a connu une hausse vertigineuse de 100%, le transport 10%, le tabac 21,3%, l’énergie 4,9% et le logement 2,9%. À cela s’ajoute, la taxation de 164 produits alimentaires de 5 à 10% et d’autres produits qui étaient exonérés ont été imposés à 5%. Dans ce contexte économique difficile, les Ammaniens  se montrent prudents et patients. Prudents face à un contexte régional instable.  Cette situation régionale s’accompagne par un flux massif de réfugiés. Le pays de 9,5 millions d’habitants a reçu 1,6 million de réfugiés venant de Syrie.

Traitement de choc
C’est dans ce contexte difficile que le FMI a choisi d’agir pour prodiguer ces conseils au royaume hachémite. Lors de la dernière visite de l’équipe du FMI, l’institution reconnaît «l'environnement difficile auquel l'économie jordanienne est confrontée, notamment une croissance économique inférieure au potentiel, un taux de chômage élevé et des conditions sociales difficiles». La croissance était de 2,3% en 2017 et ne devrait pas dépasser les 2,8% en 2018. L’inflation était de 4,6% en 2017 et le déficit du budget était de 12,6% en 2016. La dette publique est de 96% du PIB. Le taux de chômage est de 18,2%. À cela  s’ajoute la hausse des produits alimentaires et pétroliers sur le marché international. Jihad Azour, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, prône «la réduction des subventions à l’énergie, qui sont très coûteuses. Parallèlement, le FMI déconseille fortement de réduire les subventions alimentaires, par exemple pour l’achat de pain». Pour faire face, le FMI recommande d’améliorer les recettes publiques. Les administrateurs du FMI se disent «encouragés par l'engagement pris par les autorités de continuer à supprimer les exemptions de la taxe générale sur les ventes et les droits de douane». C’est dans ce sens que le gouvernement a proposé de taxer le secteur agricole. Une proposition qui fait aujourd’hui l’objet d’une levée de boucliers de la part des fédérations agricoles qui tiennent un sit-in permanent devant le siège de ministère de l’Agriculture. Aujourd’hui, d’autres mobilisations sociales se multiplient dans plusieurs villes. Face au traitement de choc, les Jordaniens se montreront patients pour le moment. Mais jusqu’à quand ?

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