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Dans un Casablanca sans pitié, des travailleurs précaires sont obligés de vivre dans la rue. Reportage parmi ceux qui gagnent plus de 20 DH/jour et qui ne peuvent s'offrir un toit.

Dans le grand silence des ruelles du quartier Habous à Casablanca, trois voitures s’arrêtent; la lumière des phares brisent la quiétude nocturne du Mechouar. Ces visiteurs troublent le refuge de quelques sans domicile fixe (SDF), qui squattent le long les remparts des Habous. L’équipe de l’association SAMU Social Casablanca est la première à les approcher. Hicham Belmadani, travailleur social, leur apporte des repas. Les travailleurs sociaux de l’Entraide nationale (EN), présents en nombre pour cette sortie, attendent le feu vert du SAMU social pour rejoindre les SDF afin de leur apporter des couvertures. Pour cet hiver, l’EN se mobilise avec le SAMU social pour répondre à la hausse des signalements des personnes vivant dans la rue. «Nous recevons 84 signalements par semaine. Vu nos moyens, nous ne répondons qu’aux cas d’urgence», regrette Belmadani, du SAMU social.

Revenus précaires
«Je suis de la région de Béni Mellal, je vis de petites bricoles mais je n’ai pas de quoi me payer un loyer», nous raconte Hamid. Ce jeune homme ne souhaite pas bénéficier de l’hébergement au Centre social de Tit Mellil. «C’est loin de tout, et je n’ai pas les moyens de payer le transport entre le centre et Casa», justifie-t-il pour décliner l’offre de l’EN. Nous continuons notre voyage au bout de cette nuit. Dans le centre de Casablanca, nous rencontrons un autre groupe de SDF, plus âgé cette fois-ci. Ces personnes dorment déjà. Ils ont construit un squat en carton et avec de vieilles couvertures pour se prémunir du froid. Les équipes du SAMU et de l’EN les réveillent et leur offrent un repas chaud. Un plat bienvenu que ces personnes dans le grand besoin avalent, avant de retrouver leur lit de fortune. À Casablanca, on ne meurt pas de faim mais on risque souvent de passer la nuit le ventre vide. Ici, les polémiques stériles sur la pauvreté monétaire n’a plus de sens: même à 50 DH/jour, ces personnes connaissent l’extrême dénuement. «Je viens de Larache. J’ai une femmes et deux enfants et je leur envoie 500 DH par semaine. Je prends tout type de travail, je n’ai pas le choix», raconte un autre salarié précaire qui se dit mieux «loti» en matière de salaire.   Comme pour l’ensemble des SDF rencontrés, il refuse l’hébergement au Centre de Tit Melil. Dr Wafaa Bahous est directrice du SAMU Social, elle décrypte le phénomène de ces travailleurs SDF: «Il s’agit de personnes venant d’autres villes mais qui n’ont pas de quoi payer leur loyer et vivent ainsi dans la rue», observe-t-elle. Et d’ajouter: «Dans certains cas, nous assistons ces personnes pour louer des chambres, c’est notre manière de les soutenir». Ces SDF, ce n’est ni le froid, ni la faim qui les inquiètent; leur grande crainte, c'est celle des rafles du Service d’assistance sociale, rattaché au Centre de Tit Melil. «Ne nous prenez pas en photos, sinon ils viendront nous jeter à Tit Melil», implore Fadel. Contrairement à la nuit dans les rues du Maârif et d’Anfa, où les enfants sont plus nombreux, les ruelles de Derb Soltane connaissent surtout la présence des adultes, avec ou sans travail. Ahmed vient d’arriver de Fès. L’homme est perdu dans le dédale casablancais. Il se dit atteint d'une maladie psychiatrique. Au moment où l’équipe du SAMU Social l’aborde, ses nerfs lâchent. De chaudes larmes ruissellent sur le visage de ce couturier sans travail. Il se sent seul dans ce Casablanca sans merci.

Projet de vie contre assistanat
Face à la déstresse psychologique des personnes vivant dans la rue, le SAMU Social a renforcé son équipe par une psychologue. «J’assure surtout le suivi des enfants en situation de rue. Ce travail est très important pour mettre en confiance ces personnes, pouvoir construire leur projet de vie et les sortir de la rue», explique Zineb Boubia, psychologue au SAMU Social. Cette démarche de travail social est aujourd’hui sapée par une approche charitable, selon la direction du SAMU social. «Depuis trois ans, la mobilisation sur les réseaux sociaux a créé un élan de solidarité avec des campagnes de dons au profit des SDF. Ces actes de bonne foi s’avèrent contre-productifs car ils inculquent une culture de l’assistanat», s’inquiète Dr Bahous.  «Distribuer des aliments ou des vêtements, c’est une manière d'approcher ces personnes pour les sortir de la rue. Procéder à des distributions de manière aléatoire ne rend pas service à ces personnes car cela leur ôte une deuxième fois leur dignité», concluent les équipes du SAMU social.


Hébergement d’urgence: les places manquent  

Le SAMU Social assure l’hébergement d’urgence de 32 mères célibataires et leurs bébés, de 17 enfants et de 20 personnes âgées. «Ces places ne représentent pas grand-chose par rapport à la demande. C’est pour cette raison que nous sommes obligés, certains soirs, de dépasser le quota que nous avons fixé», explique Hicham Belmadani du SAMU Social. Ce dernier regrette que «les procédures d’hébergement des personnes âgées dans les structures d’accueil existantes soient trop compliquées et peu flexibles». Pour le  centre de Tit Mellil, les SDF dénoncent unanimement contre les conditions de vie sur place et refusent de s’y rendre.

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