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Les Marocains d’Espagne se désintéressent de la vie politique au moment où le mouvement d’extrême droite entame une ascension fulgurante dans le pays. Même les partis adverses semblent impuissants face aux extrémistes.

Les Espagnols se rendront encore aux urnes, dimanche 10 novembre. C’est le quatrième rendez-vous électoral en quatre ans. Or, cet air de déjà-vu est marqué par la percée fulgurante de Vox, mouvement d’extrême droite, qui a fait quasiment fait «exploser» l’audimat lors du débat télévisé diffusé lundi dernier. C’est aussi la première fois que l’immigration des mineurs, majoritairement des Marocains est soulevée dans un débat national et Vox, l’ennemi déclaré des migrants, en fait ses choux gras.

Durant ce show politique, Santiago Abascal, le leader de la formation d’extrême droite a avancé que 70% des délits sont commis par des immigrants. La formation radicale associe, sans gêne, ce collectif à la délinquance, aux viols ou à la violence urbaine. L’agence EFE a certes démenti le lendemain cette sordide information à travers son nouveau service factcheck. Or, sur le plateau, aucun du reste des candidats des principaux partis présents n’a désavoué les divagations populistes du chef de file du mouvement nationaliste radicale.

À y voir de plus près, la lassitude électorale n’épargne ni foyers encore moins les quartiers généraux des partis! Cette lassitude se lisait d’ailleurs sur les visages des prétendants à la présidence du gouvernement espagnol. Cependant, le débat a mis en évidence comment Vox est devenu un acteur politique de plus et pas des moindres dans le champ politique espagnol. Omar L, un jeune cadre marocain dans une multinationale à Madrid, naturalisé espagnol depuis peu, doute encore de l’utilité de son vote ce dimanche. «Je suis conscient que c’est un privilège que je dois exercer, surtout au vu de la montée en flèche du discours radical et anti-immigration à cause de l’arrivée de Vox. Mais comme le prédisent les pronostics, le blocage politique ne sera plus surmonté». Si le jeune Marocain s’intéresse aux débats politiques et suit avec intérêt l’évolution de la course électorale, peu de Marocains jouissant de la nationalité espagnole y consacrent autant d’attention. Le professeur d’origine marocaine Hassan Belarbi et président d’une association œuvrant auprès de la communauté marocaine peine à cacher son désarroi face à l’indifférence de la communauté marocaine devant les enjeux électoraux en Espagne. «Nous avons l’impression que l’extrême droite s’installe confortablement et ce fait est assimilé avec un fatalisme déconcertant», se lamente l’enseignant universitaire.

De fait, Vox est le seul parti gagnant de cette impasse politique. Le mouvement dont une grande majorité des Espagnols ignoraient l’existence depuis à peine un an, jouit, à présent d’une voix au chapitre. À en croire les pronostics, la formation réalisera une forte progression électorale, dimanche prochain. L’on dit même que Vox sera propulsé troisième force politique en Espagne. Le pays européen que l’on croyait immunisé contre le virus populiste cède comme un château de sable. «Il est à relever que les partis classiques ont préféré le silence. Aucune confrontation pour remettre les pendules à l’heure lors d’un débat transmis en prime time et regardé par des millions de téléspectateurs», s’indigne Belarbi. Le professeur interprète ce silence comme une offense à l’adresse d’une communauté et peine à cacher sa déception, surtout vis-à-vis des formations qui prétendent défendre les valeurs humaines et le bien-vivre ensemble.  Belarbi regrette que les associations des avocats marocains affiliés aux barreaux espagnols ne se soient pas révoltés contre les déclarations  de Vox.  En l’espace d’un an, le parti gagne du terrain.

«Aujourd’hui que le cadre légal a vu le jour, la parole s’est libérée», explique le sociologue Rachid Queraoui, professeur de sociologie à l’université d’Estrémadure. 

«Les Marocains doivent comprendre qu’il est urgent de s’impliquer dans la vie politique et associative de leur pays d’accueil. Nous portons tous le Maroc dans nos cœurs or cela n’empêche pas d’agir afin que les lois et les politiques du pays où nous contribuons à tous les niveaux soient favorables à nous et à nos enfants», ajoute Belarbi. Celui-ci appelle les Marocains à la mobilisation, «avant qu’il soit trop tard», alerte-t-il.

Pour Rachid Queraoui, les Marocains d’Espagne pèchent par leur manque de conscience politique. «Ce sont les résidus de la vie au Maroc et la méfiance à l’égard des pratiques politiques au royaume où tout était joué à l’avance et les dés pipés». Or, il est urgent de se mobiliser car l’heure est grave et les droits et acquis sont menacés. «Que peut-on espérer d’un parti qui veut interdire des formations politiques espagnoles une fois au pouvoir», conclut-il.

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